Les Secrets du Razès
Prolongation au dimanche 16 juin pour soutenir le projet participatif de Philippe Brunel : 2 DVD de 52′ chacun sur « Les Secrets du Razès » ! Vous pouvez l’aider à atteindre son 2e objectif en le parrainant ! Son premier DVD s’intitulait « L’abbé le diable et les chercheurs » !
Interview de Philippe Brunel
Gazette de Rennes-le-Château : Votre premier documentaire « L’abbé, le diable et les chercheurs », un film en deux parties de 50 minutes chacune, diffusé sur Planète + pendant 3 ans (de 2020 à 2022) est disponible aujourd’hui sur votre chaîne Youtube. Vous vous apprêtez à en sortir un deuxième « Les secrets du Razès » : est-ce la suite du premier ?
Philippe BruneI : Il est difficile de répondre. « Les secrets du Razès » n’est pas la suite directe du premier documentaire, mais plutôt sa suite spirituelle. Pour être plus précis, je ne poursuis pas l’enquête sur le souterrain, car nous ne disposons pas d’éléments suffisants à l’heure actuelle pour réaliser une suite directe.
Après la réalisation de « L’abbé, le diable et les chercheurs », je ressentais une certaine frustration de ne pas avoir abordé les mystères entourant Rennes-les-bains et l’abbé Boudet. Cependant il était impossible d’inclure ce sujet dans le documentaire précédent qui se concentrait spécifiquement sur le « trésor » de l’abbé Saunière.

Il est important de noter que les chercheurs sont conscients que l’abbé Saunière ne détient pas un unique secret. La complexité réside dans le fait que chacun peut interpréter les faits à sa manière, en fonction de ses propres obsessions ou de son imaginaire. Ainsi, de nombreuses théories et pistes ont été avancées, créant des désaccords parmi les passionnés, parfois des frictions. De mon côté, j’ai continué à rencontrer des habitants de la région, des curieux et des chercheurs, et j’ai eu plus d’une centaine d’échanges sur divers sujets, sans porter de jugement sur les propos de chacun. Alors je suis sans doute rentré dans la peau d’un chercheur qui cherche parmi les chercheurs. Peut-être même suis-je devenu un chercheur malgré moi comme je le dis dans la fin de mon premier documentaire.
Il est vrai que l’excitation intellectuelle et sensorielle que l’on ressent lorsque l’on découvre quelque chose d’inédit par soi-même est particulièrement intense. C’est un sentiment très particulier qui a déjà traversé le cœur de chaque chercheur passionné par « l’affaire ». Cependant j’ai également vu le piège, la toile d’araignée qui nous menace tous, et j’ai eu beaucoup de difficulté à mettre des mots sur ce ressenti. Christian Doumergue que je connais bien, m’a indiqué un article dans Terre de Rhedae. Un écrit fascinant, signé Mariano Tomatis, sur le jeu infini dans l’affaire de Rennes-le-Château, et là, j’ai eu un déclic : « Le jeu infini de Rennes-le-Château », Mariano Tomatis, in Les cahiers de Terre de Rhedae n° 6 !
Gazette de Rennes-le-Château : Quel a été ce déclic ?
Philippe BruneI : Selon moi, l’affaire est si paradoxale qu’elle me semble à la fois une illusion et un véritable mystère historique, archéologique et trésoraire, entre autres. C’est comme si ces deux aspects coexistaient simultanément, ce qui est absolument surprenant. Par conséquent, il me fallait réaliser un documentaire qui reflète ce paradoxe car cette affaire est à la fois un véritable mystère et un jeu initiatique. Cependant, qui dit jeu, dit piège… car voilà le paradoxe de l’affaire : elle vous entraîne dans un périple extraordinaire à la limite du fantastique, mais elle nourrit également vos failles et vos qualités les plus nobles.
Gazette de Rennes-le-Château : Quelle autres sujets abordez-vous dans votre nouveau documentaire ?
Philippe BruneI : Je pars du principe que, dans les mystères du Razès, de Rennes-le-Château, de Rennes-les-Bains et des communes qui les entourent, tout est envisageable et, lorsque des hypothèses, des témoignages convergent, je m’interroge : Pourquoi donc ? Peut-on l’expliquer ? Qu’est-ce que cela nous raconte ? Au fil des rencontres avec toutes ces personnes qui souhaitaient partager leurs témoignages, une thématique récurrente a émergé : l’hypothèse d’un temple souterrain ou d’une nécropole oubliée, cachée dans les profondeurs de l’Aude. Cette idée est basée sur l’interprétation de plusieurs textes anciens, ainsi que sur le riche passé historique de la région, marqué par la présence de ruines, de légendes et de différents peuples qui ont laissé des traces après leur passage.
Cette idée récurrente semble être étroitement liée à l’interprétation du livre « La Vraie langue celtique » de l’abbé Boudet par les chercheurs. Boudet était un érudit et un archéologue amateur qui est resté très discret. Aurait-il découvert des informations inédites et précieuses ? Il est difficile de le dire, mais il existerait un lieu de culte ancien où des centaines de haches votives auraient été découvertes. Curieusement, cet endroit a été oublié et personne ne sait où il se trouve aujourd’hui.
De plus, d’autres idées émergent, comme celle selon laquelle Rennes-les-Bains serait un lieu particulier, un lieu de guérison pour certains, une terre sacrée pour d’autres. C’est une thématique que j’explore à travers certaines rencontres dans le documentaire. Bien évidemment, j’ignore si c’est réellement le cas.
Gazette de Rennes-le-Château : Nous conseillons à nos lecteurs, l’étude du chercheur Jauclin sur le codage de l’abbé Boudet !
Dans la longue histoire des relations entre les chercheurs, on constate encore aujourd’hui que certains colportent, répètent, ressassent les mêmes « infos », les mêmes erreurs, les mêmes inepties…, style « café du commerce »… Dans votre DVD « Les Secrets du Razès« , une rencontre vous a marqué particulièrement, celle de Georges Kiess et, à travers lui, l’expérience de Claude Faroux ! Qui plus est, vous apportez des preuves de ce qui est répété depuis… 1999 !
Philippe BruneI : Chaque rencontre est unique et souvent marquante, mais je peux parler de celle avec Georges Kiess qui nous a malheureusement quittés en ce début d’année 2024. Durant l’été 2022, j’ai effectué une séquence de tournage avec Georges pour parler du chercheur Claude Faroux, qui parcourait les flancs du Cardou avec un compteur Geiger. Ce dernier avait filmé un hélicoptère noir, sans immatriculations, selon ses dires, à l’aide d’une caméra vidéo, vraisemblablement à la fin des années 90 ou au tout début des années 2000. L’hélicoptère volait autour du Cardou pour une raison inconnue, et Claude a montré cette vidéo à Georges Kiess sur une télévision. Georges a photographié sa télévision pour garder une trace de tout cela et nous avons essayé de retrouver ces images parmi les diapositives de Georges… avec succès.

Parmi les diapositives, il y avait également la photo d’un OVNI prise de nuit. On ne distingue pas grand-chose, mais c’est toujours fascinant de retrouver une photo de ce genre qui n’a jamais été rendue publique. Dans ces moments-là, on se sent au cœur de l’affaire, au cœur du mystère, du moins on a cette impression. Et c’est ce que j’essaye de faire dans ce documentaire, de retrouver cette vibration et de la partager. Mais ce que je garde de cette journée, c’est cette rencontre touchante avec un vieux monsieur curieux et espiègle qui, malgré son âge, continuait à suivre l’affaire avec entrain et n’hésitait pas à se glisser dans des endroits improbables pour explorer de vieilles ruines !
Gazette de Rennes-le-Château : Dès lors, votre reportage vidéo et photos accrédite les témoignages de plusieurs chercheurs très connus dont certains sont encore vivants, qui ont été menacés par un occupant du même hélicoptère au-dessus de Luc-sur-Aude ! C’est toujours passionnant de pouvoir recouper ses informations ! Pour en revenir plus prosaïquement à votre documentaire, quand sortira-t-il ?
Philippe BruneI : Ce documentaire (deux fois 50 minutes environ) sera disponible cet été (en streaming sur Internet, en DVD et lors de quelques projections publiques). J’ai lancé un crowdfunding, un financement participatif autour de ce dernier pour permettre aux personnes qui le souhaitent de me soutenir afin d’effectuer les dernières étapes essentielles : faire un mixage audio professionnel, acquérir les droits musicaux, faire créer des animations graphiques avec le logiciel After Effects, créer la jaquette DVD et d’autres tâches techniques que je ne peux pas accomplir seul. Il s’agit aussi de préserver mon indépendance artistique pour ce genre d’aventure cinématographique et de ne pas subir une pression quelconque !
Gazette de Rennes-le-Château : Voici le lien pour participer à ce financement ! Pour avoir promu son premier DVD et pour ceux qui ne le connaissent pas, je puis assurer de sa compétence et de sa probité ! Qui dit crowdfunding dit contreparties… Que proposez-vous en échange ?
Philippe BruneI : En guise de remerciement, chaque personne qui contribue aura son nom dans le générique. Pour les amateurs de supports physiques, un DVD sera disponible pour conserver le documentaire sous forme de bel objet, comme je l’avais fait pour mon projet précédent. Si vous préférez le tout numérique, un accès en streaming au documentaire sera également proposé.
De plus, je propose un livre intitulé « Paroles de chercheurs ». Ce recueil d’entretiens, réalisé au cours des dix dernières années, offre l’opportunité de préserver par écrit les témoignages de certaines personnes qui, malheureusement, ne sont plus parmi nous aujourd’hui. J’inclus également d’autres entretiens qui, par manque de place dans le documentaire, ne peuvent y être intégralement présentés. D’ailleurs, je propose un extrait de ce recueil avec une anecdote peu connue entre Gérard de Sède et Henry Lincoln.
Gazette de Rennes-le-Château : Et le premier documentaire « L’abbé, le diable et les chercheurs », est-il disponible quelque part ?
Philippe BruneI : Il est possible de l’acheter sous forme de DVD : Il y a dans ce DVD une interview inédite de Gino Sandri. Il reste assez peu d’exemplaires et il ne sera probablement pas réédité.
Gazette de Rennes-le-Château : un autre extrait du DVD sur Marie-Madeleine et Rennes-le-Château est en ligne !
Extrait de « Paroles de chercheurs », entretien avec André Galaup.
Philippe Brunel : André, est-ce que vous avez une anecdote sur Gérard de Sède à nous raconter ?
André Galaup : L’anecdote, vous savez, c’est facile. Gérard de Sède est venu un jour manger ici. Et on était là, on était devant la cheminée, on discutait, il y avait Michelle d’un côté, lui et moi, on parlait…
Et puis il me dit : « André, tu as l’appareil photo, là ? ». J’ai dit : « Non, il est à l’agence ». « Bon…, il me dit, on va passer à l’agence ».
On est allés prendre l’appareil photo. On est montés à Rennes… Sur le chemin, il était calme. Il ne disait rien, mais je sentais qu’il ruminait quelque chose.
Au bout d’un moment, dans les derniers virages en montagne, il me dit : « Ecoute André, tu vas tenir ton appareil à la main, prêt à photographier. Et on va se trouver dans le chemin de ronde en bas, dans la petite salle, devant la cheminée de la petite salle. J’ai rendez-vous avec Henri Buthion. »
Je dis quelque chose, je ne savais pas qu’il y avait Pierre Pons et tout ça là-haut. Enfin, le père de Pierre Pons. Alors on arrive à Rennes, on s’en va là-bas, et tout d’un coup, arrive Lincoln qu’il avait certainement convoqué. Et puis des gars qui filmaient avec Lincoln, qui faisaient un film.
Et nous voilà dans cette petite salle en bas. Le ton monte, il parle, il dit comme ça qu’ils s’étaient vus à Paris. Et alors, tout d’un coup, Gérard de Sède lui dit comme ça : « Oui, tu m’as trompé, là, tu m’as trahi ! ».
Moi, j’étais là. Je n’écoutais pas trop ce qu’il disait, j’étais prêt avec l’appareil, mais je n’étais pas tranquille parce que je me disais qu’il allait falloir que je le mette quand devant mes yeux, l’appareil ? Je ne sais pas ? Et tout d’un coup, je ne sais pas, le ton est monté. Alors là, je me suis dit qu’il allait se passer quelque chose, j’ai compris qu’il y avait quelque chose parce que, là, Gérad de Sède s’est mis en colère et puis alors, c’était quand même une force de la nature. Pas sur la fin, parce qu’il était malade, mais là, croyez-moi, que c’était un Monsieur, il ne fallait pas qu’il vous en envoie un.
Et tout d’un coup, j’ai pris l’appareil au vol comme ça, je l’ai mis devant mes yeux, j’ai vu un poing partir ! Henri Lincoln a pris ça sur la figure, un œil. Je me suis dit ça y est, il va tomber l’œil. L’œil, un œil comme ça, un œil. (André fait un geste devant son visage.). Alors là, une bagarre pas poss…, enfin une bagarre, il n’y en a pas eu parce qu’alors, après, ça a été fini. Henry Lincoln est sorti, on lui a mis de l’eau. Il a continué de discuter avec un malabar qui était là, un Hollandais ou un Anglais, je ne sais pas qui c’était… Des producteurs de cinéma.
Mais là, ça a été une empoignade ! Quelque chose de soigné ! Je ne l’avais jamais vu comme ça d’ailleurs, Gérard. Et c’est là que j’ai vu qu’il n’était pas facile quand il était en colère. Il valait mieux ne pas être en colère contre lui.
Philippe Brunel : Qu’est-ce qu’il reprochait à Henry Lincoln ?
André Galaup : Je crois qu’ils s’étaient vu peu de temps avant à Paris. Il lui avait raconté des choses et Lincoln l’a foutu dans son bouquin. Et ça ne lui a pas plu. Je crois comprendre que c’est ça. Je n’ai jamais demandé à Henry… Et c’est là que j’avais titré un article de journal, « Rencontre au sommet à Rennes-le-Château ». Et on voit d’un côté, Henri Lincoln. Et quand je vois Henri Lincoln encore aujourd’hui, trente ans ou quarante ans après, il me dit : « Tu te souviens, André ? Du marron ? » Et oui, je m’en souviens, oui !

Participez au financement des 2 DVD de 50′ chacun « Les Secrets du Razès » !
Philippe Brunel présente la suite des Secrets du Razès lors du colloque de Terre de Rhedae à la salle wisigothe du château de Rennes-le-Château le 28 juin 2025.
Gazette de Rennes-le-Château : Pour compléter utilement tout cela, l’étude capitale de Jean Fourié « Rennes-le-Château – L’Histoire de Rennes-le-Château antérieure à 1789 » est indispensable. C’est un outil très utile pour comprendre l’histoire de Rennes-le-Château loin des élucubrations et incompétences…
Mise à jour 1er janvier 2026, 23 mai 2025, 30 mai 2024, Johan Netchacovitch ©
L’abbé le diable et les chercheurs DVD 1
Gazette de Rennes-le-Château : Bonjour Philippe Brunel, avant d’évoquer L’abbé, le diable et les chercheurs, peux-tu te présenter aux lecteurs de la Gazette de Rennes-le-Château ?
Philippe Brunel : Je suis réalisateur et caméraman de métier. Depuis environ 6 ans, je me suis intéressé à l’affaire de Rennes-le-château et je suis allé à la rencontre de la communauté des chercheurs de Rennes-le-château dans le but de réaliser une sorte de série documentaire.

La genèse du projet l’abbé le diable et les chercheurs
Gazette de Rennes-le-Château : Tu nous présentes un DVD intitulé « L’Abbé, le Diable & les Chercheurs ». Quelle fut la genèse de ton projet ? Quand a-t-elle débuté ?
Philippe Brunel : J’ai eu un un déclic en visionnant l’excellent film de Georges Combe (Du trésor au vertige), et j’ai eu envie de venir visiter la région. Juste pour voir. C’était la période de « Bugarach 2012 », les médias s’emballaient et finalement rien de vraiment concret : un flan médiatique. Pourtant, j’ai commencé à prendre conscience que le Razès était un lieu historique très riche et très intrigant. Le tout englobé par une sorte de couche fantastique. De drôles d’histoires dans un drôle de lieu… J’ai alors effectué un travail laborieux pour essayer de retrouver le fil rouge de l’élaboration mythologique de l’affaire de Rennes-le-château. Au cours de mes rencontres, certaines informations inédites sont venues jusqu’à moi. J’ai eu de la chance, j’étais au bon endroit, au bon moment pour réaliser « L’Abbé, le Diable & les Chercheurs ».

Un projet participatif
Gazette de Rennes-le-Château : Tu as été le premier dans cette histoire à lancer un projet participatif ! Qu’en retiens-tu ?
Philippe Brunel : Le projet participatif est l’occasion pour ceux qui le souhaitent de donner une impulsion à un projet auquel ils croient. Cette confiance est réconfortante dans les moments de difficultés qui surgissent forcément dans ce genre d’entreprise. Sans contributeurs, le film n’aurait jamais eu cette qualité finale. Je ne les remercierai jamais assez.
Il faut entendre que ce genre de projet ne va pas me rendre riche et me permettre de partir aux Bahamas ! Ce temps-là est révolu dans l’audiovisuel. En dehors de ce soutien des contributeurs, c’est un projet auto-financé (mais soutenu par LBF productions au niveau matériel), essentiellement bénévole pour certains postes. Si demain nous arrivons à revenir à un budget positif, ce sera une réussite. Aujourd’hui, nous sommes en déficit, mais à ce stade, c’est normal. Au-delà d’un solde positif, tout l’argent gagné servira à financer une suite ou plusieurs suites. Acheter le DVD, c’est nous soutenir comme l’ont fait les contributeurs.

Un DVD de plus ?
Gazette de Rennes-le-Château : Tu étais conscient que plusieurs DVD et films avaient déjà été consacrés aux mystères de Rennes-le-Château! Pourquoi en réaliser un autre et quelles sont les spécificités de ta démarche et de ton DVD ?
Philippe Brunel : « Encore un film sur l’affaire », diront les chercheurs…! A quoi bon ? » Pourtant, j’avais envie de faire ressentir au spectateur cette aventure et cette folie douce que vit le chercheur à travers sa quête de vérité. Aucun documentaire ne s’est jamais vraiment penché sur cette communauté atypique. En filigrane, je dis beaucoup de choses qui, me semble-t-il, sont rarement ou jamais abordées dans les films précédents. Faut-il trouver le trésor quitte à briser le rêve des chercheurs par exemple ? Quels sont les dangers de cette démarche de chercheur ? Il y a beaucoup à dire…

Gazette de Rennes-le-Château : Ce premier DVD d’une trilogie parle uniquement des mystères de Rennes-le-Château. Pourquoi ce choix ?
Philippe Brunel : Dès le début, j’ai souhaité concilier l’impossible : faire un film où n’importe quel néophyte pourrait comprendre la chronologie des faits, la complexité de l’affaire du curé et avoir un regard distancié, sans jugement mais éclairé sur cette communauté des chercheurs.
Et je souhaitais également réaliser un film qui intéresse les chercheurs, ceux qui connaissent l’histoire par coeur. Pour cela, je suis allé chercher des détails rarement racontés, des anecdotes inédites, je suis allé filmer les objets de Saunière, je suis allé voir les témoins les plus anciens.
Et en plus, il y a deux pistes inédites dans le documentaire qui ne manqueront pas de surprendre même les plus blasés.
Si initialement, je comptais parler de l’abbé Boudet et de Rennes-les-bains très vite, certaines prises de contact m’ont amené face à des évidences concernant le trésor de l’abbé. Je ne pouvais pas faire autrement que de traiter des découvertes récentes et inédites ! Dans la foulée, j’ai fait une rencontre et là ce fut le choc. Durant cet entretien privé, les pièces du puzzle se sont mis en place. Pour moi l’identité du trésor de l’abbé était évidente. La rencontre a été fortuite, presque le fruit du hasard. On n’a pas pu me tendre un piège avec des faux documents. Rien n’était prémédité, donc j’avais cette impression de toucher à une forme de vérité. Je raconte cet événement particulier dans le chapitre final du DVD.
Est-ce une vérité absolue ? Je l’ignore, mais je laisserai le spectateur se faire son avis.

La suite à l’abbé le diable et les chercheurs ?
Gazette de Rennes-le-Château : Ce DVD « L’Abbé, le Diable & les Chercheurs » sera sans doute suivi de 2 autres ! Quels seront les sujets ?
Philippe Brunel : Selon moi, le vrai mystère concerne le Razès. Ces dix premiers chapitres qui constituent le 1er DVD étaient indispensables pour poser une base. La suite abordera la question de la possible « nécropole », ou tout autre nom qu’on lui donne, de Rennes-les-bains avec l’abbé Boudet bien sûr. J’ai déjà filmé un long entretien avec André Goudonnet qui nous exposera ses théories. Mais nous irons beaucoup plus sur le terrain dans cette suite. Car si le premier film est un documentaire tourné vers les archives, le suivant sera tourné vers les recherches de terrain.
De plus, j’aborderai aussi la chasse aux documents inédits avec Florence Cazebon et diverses excursions avec Patrick Flamant.

Quelles nouveautés ?
Gazette de Rennes-le-Château : Plusieurs nouveautés rendent ton projet incontournable et accréditent ta volonté de réalisation. Que souhaites-tu dévoiler dès à présent même si cela fera l’objet d’un autre article et de surprises que nous réservons aux chercheurs et aux lecteurs de la Gazette de Rennes-le-Château ?
Philippe Brunel : Je pense que le trésor de Saunière existe mais je pense aussi qu’il y a plusieurs trésors dans la région. Celui de Saunière n’est probablement pas le trésor phantasmagorique auquel on pense quand on aborde l’affaire. Il faut comprendre que plusieurs affaires se croisent. C’est là toute la complexité de l’enigme. Quoi qu’il en soit, j’ai eu accès à des photos de bijoux que je montre dans le documentaire. Des bijoux que possédait Marie Dénarnaud.
Un bonus à l’abbé le diable et les chercheurs!
Gazette de Rennes-le-Château : Un bonus, mais en fait beaucoup plus que cela, complète les 105 minutes du film ! De qui et de quoi s’agit-il ?
Philippe Brunel : En bonus, vous trouverez un entretien récent et inédit : je suis allé à la rencontre de Gino Sandri et il m’a accueilli avec une grande gentillesse. Je lui ai posé des questions sur certaines zones d’ombre comme l’aurait fait un chercheur. En quelle année Pierre Plantard est-il venu dans la région de Rennes ? Avec qui était-il en contact ? A-t-il rencontré Georges Monti ? Qui était Henri Lobineau ? Quelle étaient les intentions véritables de Pierre Plantard ? Avez-vous rencontré Roger Lhomoy, que vous a-t-il dit ? Et bien d’autres.
Quand j’ai réécouté l’interview pour l’intégrer dans le documentaire, rien n’était à jeter. Alors que faire ? J’ai donc décidé de mettre 90 % de l’interview en bonus pour ceux que ça intéresse. Gino Sandri ne donne pas toutes les réponses mais les informations données sont pointues avec moults détails très inédits. Une petit mine d’informations de 60 minutes qui ne manquera de surprendre.
Ce qui porte la totalité du DVD « L’Abbé, le Diable & les Chercheurs » à 2 H 45 de programme.

Gazette de Rennes-le-Château : Quand sera-t-il en vente à la Librairie des Chercheurs (ex-Atelier Empreinte) de Rennes-le-Château ?
Philippe Brunel : En août, peut-être avant avec de la chance. Nous avons eu beaucoup de problèmes techniques avec les sous-titres anglais et la sortie a été retardée. Mais ils sont en cours de fabrication, ça ne devrait plus trop tarder.
Gazette de Rennes-le-Château : Philippe, je te remercie pour ta disponibilité, ta passion et ton investissement déployés dans ce projet !
Philippe Brunel : Merci à vous, la Gazette est un trait d’union indispensable entre les chercheurs et l’actualité de l’affaire.
Mises à jour 12 aout 2019 et 19 février 2020, 06 juillet 2018, Johan Netchacovitch ©
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