Le Fil d’Or – Paul Le Cour & le Hiéron du Val d’Or
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Le nouveau livre de Christian Doumergue « Le Fil d’Or – Paul Le Cour & le Hiéron du Val d’Or » aux Editions Equinoxis, 367 pages A4, 44 pages couleur, dont 17 de cartes commentées – 172 pages de fac-similés de lettres, met à disposition des curieux et chercheurs un exceptionnel fonds d’archives jusque-là « perdu » !
Ci-dessous l’nterview de Christian Doumergue sur le Hiéron du Val d’Or par Mike Aldebaran, journaliste à la Gazette de Rennes-le-Château
Ce livre ne sera pas disponible partout contrairement à ses autres ouvrages : lien de commande !
Pour ce travail d’édition de qualité, le prix nous parait raisonnable vu que nous avons déjà pu constater la qualité d’impression des 2 tomes consacrés à « L’affaire Gélis, L’intégralité de l’enquête ».
Gazette de Rennes-le-Château : Christian Doumergue, nous vous remercions de présenter votre dernier livre en exclusivité aux lecteurs de la Gazette de Rennes-le-Château ! Quels sont les documents inédits exceptionnels que vous mettez aujourd’hui à la disposition des chercheurs à travers votre nouvel ouvrage Le Fil d’Or, sous-titré : Paul Le Cour et le Hiéron du Val d’Or ?
Christian DOUMERGUE : Je vous en remercie et salue vos lecteurs. Concernant les documents, il s’agit de la correspondance « perdue » entre Paul Le Cour et Jeanne Lépine-Authelain, secrétaire du baron de Sarachaga et dernière représentante connue du Hiéron tel que celui-ci l’avait conçu ! C’est une correspondance mythique, dont quelques extraits à peine avaient été publiés dans la revue Atlantis. Nous ne savons pas où se trouvent les originaux de cette correspondance. En revanche, la Providence m’a permis d’accéder à une copie dactylographiée (réalisée en 1931) de ces lettres, du moins de la majeure partie d’entre elles. Paul Le Cour avait en effet eu le projet de publier cette correspondance. Il avait donc fait retranscrire ces lettres à la machine à écrire, et avait commencé à les « retoucher », coupant par exemple des passages qu’il ne jugeait pas utiles dans une publication. C’est ce qui explique le caractère fragmentaire, mais presque complet, des documents publiés. Par la suite, cette copie passa dans les mains de Jacques d’Arès qui envisagea de publier ces lettres à son tour, mais abandonna lui aussi cette idée. Il confia finalement l’ensemble à des personnes proches de lui. Celles-là même qui m’ont accordé l’extrême confiance de me donner accès à ces documents, à présent intégralement reproduits dans cet ouvrage.

Gazette de RlC : Dans quel contexte avez-vous ainsi eu accès à des liasses de documents relatifs à l’un des mouvements les plus énigmatiques de l’histoire ésotérico-religieuse récente : le Hiéron du Val d’Or du baron de Sarachaga ?
Christian DOUMERGUE : Depuis des années je travaille sur certaines thématiques comme le Hiéron du Val d’Or et Paul Le Cour, des sujets que j’ai évoqués dans plusieurs de mes publications. C’est un travail de longue haleine suivi par de nombreuses personnes. Or, parmi ces personnes, certaines, appréciant mon travail, ma pensée, et ma détermination, ont jugé opportun de me donner accès à ces archives privées et d’en faire une copie numérique.
Gazette de RlC : Sans ces documents, auriez-vous rédigé un tel livre ?
Christian DOUMERGUE : Bien évidemment que non ! Ce livre est différent de mes autres ouvrages. Il s’agit de la publication des documents retrouvés en question. Ce n’est donc pas un essai, une enquête. Mais la publication d’un exceptionnel fonds d’archives jusque-là « perdu ».
Gazette de RlC : Pour mettre en appétit nos lecteurs, donnez-nous un exemple des perles collectées dans la correspondance échangée entre Paul Le Cour et Jeanne Lépine-Authelain, l’héritière spirituelle et dernière gardienne du Temple.
Christian DOUMERGUE : Il n’y a pas de perle à proprement parler. C’est la correspondance dans son ensemble qui est intéressante dans la mesure où elle nous renseigne très précisément sur le positionnement de Paul Le Cour face au Mystère du Hiéron. Comme je l’ai déjà signalé, seuls quelques courts extraits de ces missives avaient été publiés dans la revue Atlantis. Ils ne donnaient qu’un aperçu, qui plus est orienté, du regard porté par Paul Le Cour sur le Hiéron. Grâce à la publication de ces lettres, nous avons maintenant une vue sur l’ensemble de son cheminement auprès de Jeanne Lépine. Notamment sur ses doutes et ses interrogations, par exemple sur l’origine du Hiéron du Val d’Or.

La Gazette de RlC : La quatrième de couverture définit le mouvement du Hiéron du Val d’Or comme évoluant « aux confins du catholicisme, de l’Ordre du Temple et de la Tradition Primordiale » ! Serait-ce un mélange nébuleux et informel donc ou, plutôt, un « ordre » charpenté avec une substantifique moelle ?
Christian DOUMERGUE : Ce n’est pas un mélange nébuleux, non ! C’est un ordre structuré mais qui de l’extérieur peut sembler déconcertant ! Paul Le Cour lui-même n’a pas manqué d’être surpris, voire désemparé et critique, face à certains propos de son interlocutrice au sujet du Hiéron. C’est ce qu’il ressort d’une partie de sa correspondance, à l’occasion tendue, avec Jeanne Lépine. Néanmoins celle-ci a progressivement su lui faire entendre que quelque chose de Grand se cachait derrière le Hiéron… Quoi ? Le Cour ne le saura jamais. C’est une certitude à la lecture de ces lettres. Néanmoins il ressort des propos de Jeanne Lépine que le baron de Sarachaga était le cœur de ce Mystère. Après lui, le Hiéron ne sera plus le même. Avec lui, il avait un cœur mystérieux, une doctrine et un Savoir incontestablement très bien architecturés. Encore fallait-il être à l’intérieur du Temple pour percevoir cette unité… Ce n’est que de l’extérieur que c’est étonnant et « contradictoire ».
Gazette de RlC :
Vous écrivez : « […] quelque chose de Grand se cachait derrière le Hiéron » Quel est votre avis sur ce quelque chose ?
Christian DOUMERGUE : Paul Le Cour a envisagé qu’il s’agissait d’une résurgence templière. Mais cela reste un ressenti, une hypothèse de sa part, et il a pu lui-même remettre cette impression en doute au fil de ses recherches.
En ce qui me concerne, je n’ai pas de réponse à cette question. Nul n’en a d’ailleurs. Le Hiéron est une énigme ! La seule certitude, c’est que cette structure est atypique, et qu’elle possédait un enseignement extrêmement structuré et vaste. Le baron de Sarachaga est central dans cette affaire, mais je ne pense pas qu’on puisse la résumer à un seul homme. Il y a derrière tout cela, il me semble, l’ombre d’une fraternité sans nom… quelque chose qui s’est manifesté à ce moment-là sous cette forme pour délivrer un enseignement, produire certaines choses… Le Hiéron possédait un savoir que l’on ne peut pas rattacher aux structures religieuses connues au milieu desquelles il évoluait. Il est la partie émergée de quelque chose qui nous échappe… un authentique christianisme ésotérique.
Gazette de RlC : Trop souvent dans les recherches castelrennaises et périphériques, des documents sont publiés avec très peu d’explications, voire aucune… L’auteur révélant par là ou son manque de compétence ou sa volonté de vendre sans faire le travail… Nous supposons, vous connaissant, que ce ne sera pas le cas ici !
Christian DOUMERGUE : Évidemment ! La correspondance entre Paul Le Cour et Jeanne Lépine est ici remise dans son contexte. J’ai donc rédigé plusieurs chapitres introductifs nous permettant de comprendre qui écrit à qui, pour quelles raisons, et quels sont les enjeux de cet échange. Le livre s’ouvre ainsi sur une biographie assez fouillée de Paul Le Cour avant Atlantis. C’est une période de sa vie que peu connaissent. On a retenu de lui Atlantis et l’Ere du Verseau, mais il a été autre chose avant. Et c’est durant cette période qu’il découvre le Hiéron… J’évoque ensuite de façon précise le Hiéron et sa doctrine, puis je présente la correspondance publiée. En outre, l’éditeur a réalisé un important travail pour offrir au lecteur un index très complet lui permettant de se retrouver facilement dans cette abondante correspondance. Cet index référence les noms de personnes, de lieux, de structures, les concepts, etc. Un outil de travail essentiel pour le lecteur. Car c’est avant tout ce qu’est ce livre : un corpus documentaire offert aux chercheuses et chercheurs qui pourront travailler et exploiter ces missives.
Précisons que l’ouvrage est enrichi de photographies très précises que j’ai pu faire des fresques du Hiéron, ainsi que de certains symboles présents sur la façade du bâtiment. Symboles pour le moins étonnants. J’y ai également inclus quelques documents complémentaires.

Gazette de RlC : À ce sujet, sans dévoiler trop le contenu, que pouvez-vous nous dire de la « série de cartes énigmatiques commentées relatives à un pan inconnu de l’Histoire de l’humanité telle que décrite dans les enseignements perdus du Hiéron » ?
Christian DOUMERGUE : Il s’agit d’une série de cartes géographiques en couleur tout à fait extraordinaires. Elles ont été conçues par le baron de Sarachaga lui-même pour les publications du Hiéron. Ces cartes sont ici publiées avec les explications qui leur sont associées par le baron. Elles évoquent l’Histoire cachée de l’humanité, et nous donnent un aperçu visuellement saisissant de la doctrine du Hiéron à ce sujet. On trouve notamment sur certaines de ces cartes la représentation de non pas une île Atlantide mais de plusieurs Atlantides ! Ces cartes sont des objets d’étude à elles seules et posent une question : d’où le baron de Sarachaga tenait-il cette Histoire secrète de l’Humanité ? À ce jour, je n’ai pas de réponse à cette question. On peut dresser une généalogie de certains aspects parfois surprenants de la doctrine du Hiéron, comme le postulat que le « christianisme » existait avant Jésus. Cela a été dit par d’autres avant. En revanche, impossible de trouver ailleurs une préfiguration des cartes dessinées par le baron de Sarachaga. Il tenait bien, pourtant, son Enseignement de quelque part ! Mais où se situe ce Centre mystérieux d’où vient son Savoir ?
La Gazette de RlC : Ce « fil d’or », pour reprendre le début du titre, pourrait bel et bien nous conduire à l’affaire de Rennes-le-Château ! Mais par quel(s) chemin(s) ?
Christian DOUMERGUE : Par le chemin qui m’a conduit à m’intéresser au Hiéron du Val d’Or, à savoir Pierre Plantard ! On trouvera d’ailleurs dans les dernières pages de mon livre un document inédit où Jacques d’Arès répond aux questions d’un membre d’Atlantis au sujet d’un des textes « apocryphes » de… Pierre Plantard !
Quant à cette formule, le « fil d’or », je l’emprunte à Paul Le Cour.

Gazette de Rennes-le-Château : La quatrième de couverture vous présente comme le « Balzac de l’ésotérisme » ! Qu’en pensez-vous ?
Christian DOUMERGUE : (Sourire) La quatrième de couverture a été comme de coutume rédigée par l’éditeur. Il s’agit d’une formule qu’il avait à cœur d’employer. Une façon de souligner ma prolixité littéraire. J’ai en effet un rythme de publication soutenu, écrivant parfois plusieurs ouvrages la même année. C’était un petit clin d’œil sympathique à ce rythme de travail.
Gazette de Rennes-le-Château : Nous vous remercions pour la clarté de vos réponses qui laisse augurer de l’intérêt de cet ouvrage pour tout honnête érudit !
Christian DOUMERGUE : Merci à vous ! J’en souhaite une excellente lecture à vos internautes !
Commander Le Fil d’Or, sous-titré : Paul Le Cour et le Hiéron du Val d’Or de Christian Doumergue !
26 juillet 2025, Johan Netchacovitch ©
Marie-Madeleine ou la quête de l’Âme vidéo de la conférence
Christian Doumergue a donné une conférence sur « Marie-Madeleine ou la quête de l’Âme » le 9 aout 2024 à Rennes-les-Bains lors de la 3e Fête des Ecrivains et des Chercheurs les 9 et 10 aout 2024 !
Lire la présentation par la maison d’édition et commander le livre !
Dernier livre en date de Christian Doumergue « Marie-Madeleine ou la quête de l’Âme », Editions Courrier du Livre, mars 2024, 256 pages, est un très bon crû !
Nous connaissons son sens critique, la qualité de ses recherches bibliographiques, son style fluide. Ces trois qualités se retrouvent dans cette enquête, cette quête, écrit-il, pour retrouver l’essence même de la sainte à travers de nombreux documents de son époque jusqu’au Moyen Age !
Nous mettrons en ligne l’interview de Christian Doumergue sur Marie-Madeleine. mais, avant, nous lisons le livre… Les 50 premières pages posent bien l’enquête de l’auteur, les chapitres s’enchainent aisément, une synthèse les clôt, et le début du chapitre suivant repend le propos. Cela facilite la lecture et la compréhension ! Il emporte ainsi l’adhésion de lecteur !

Interview : bientôt en ligne !
Conférence de Christian Doumergue sur « La France codée »
Christian Doumergue sera en conférence ce samedi 12 aout 2023 à 10h30 à la salle le Foyer – Espace Delmas à RENNES-LES-BAINS 11190 devant la mairie. Salle climatisée ! Sujet : « La France codée » !
Christian Doumergue propose une présentation de plusieurs de ses enquêtes à travers la France. Une occasion de découvrir différents sites énigmatiques : Rennes-le-Château, bien sûr, mais aussi la Chapelle du Graal de Trehorenteuc, le Château des Avenières en Haute-Savoie, ou encore l’énigme du Château de Dampierre-sur-Boutonne ! Parmi d’autres !
Interview de Christian Doumergue sur Le Secret Dévoilé au coeur du mystère de Rennes-le-Château
Yannick THOMASSINE : Bonjour Christian et merci à vous de répondre à ces quelques questions pour la Gazette de Rennes-le-Château. Vous sortez ce 20 juin une nouvelle version de votre ouvrage Le secret dévoilé. Pourquoi une réédition cette année ?
Christian DOUMERGUE : (Sourire) Difficile de vous répondre dans la mesure où ce n’est pas moi qui ai pris cette décision mais mon éditeur… Je vais donc répondre à sa place. La principale raison est l’arrivée d’une nouvelle collection poche aux éditions de l’Opportun. C’était une occasion de proposer une nouvelle sortie en librairies du Secret dévoilé qui continue à se vendre des années après sa première publication en 2013. Nous sommes pile 10 ans après, toutes les étoiles semblaient donc alignées pour lancer cette nouvelle version !
Yannick THOMASSINE : Dans plusieurs interviews ou conférences vous indiquiez travailler beaucoup moins sur le sujet « castelrennais » car fautes de nouveaux documents sur lesquels travailler. Cela veut-il dire que vous avez eu accès à de nouvelles sources ?
Christian DOUMERGUE : C’est une réédition, donc ce n’est pas un nouveau livre ! Quand je dis que je travaille beaucoup moins sur le dossier castelrennais, c’est dans le sens que je n’ai pas assez de matière pour en faire un nouveau livre. Le sujet, lui, continue à m’intéresser de près ! Pour ce qui concerne cette nouvelle version du Secret dévoilé, 10 ans après la première édition, il est bien évident que de nouvelles informations et documents ont été mis au jour… Pas assez pour faire un nouveau livre, mais cela m’a permis de réaliser quelques ajouts. J’ai donc pu glisser quelques petites informations supplémentaires par rapport à la première version du livre… Car nous sommes loin d’avoir fait le tour de toute cette affaire, bien loin ! La question des nouveaux documents sur lesquels travailler reste cependant cruciale. Que ce soit sur la partie Saunière ou la partie Plantard de l’affaire de Rennes, il reste encore bien des « pièces du puzzle » à exhumer dont certaines révéleront des aspects encore méconnus de toute cette intrigue, ou permettront d’y voir plus clair au sujet de certains de ses épisodes. Mais dans un cas comme dans l’autre il est difficile d’accéder à de nouvelles sources, même si on connaît l’existence de certaines. Or elles sont indispensables, aujourd’hui, pour aller plus loin.
Yannick THOMASSINE : Le Secret dévoilé aborde des thèmes qui jusque-là n’avaient pas encore été traités par les autres chercheurs. Vous consacrez notamment un chapitre sur le village de Saint-Thibéry. Avez-vous pu approfondir vos recherches sur l’église et notamment ce fameux puits que vous décrivez dans votre livre ?
Christian DOUMERGUE : Effectivement ! Saint-Thibéry constitue un jalon essentiel de cette histoire mystérieuse, remontant aux premiers temps du christianisme, et qui ne semble pas sans lien avec certains aspects de l’ « affaire de Rennes ». Là, on a des preuves anciennes de traditions évoquant la construction d’une crypte au nom de Jésus dans le sud de la France sur les ordres de l’empereur Tibère lui-même. C’est-à-dire à l’époque même où arrivent en France, selon des traditions d’origine historique, des témoins de la vie de Jésus ! J’ai effectivement été le premier à parler de ces documents et de ce site.
Mais, depuis la publication du Secret dévoilé, je n’ai guère pu approfondir le sujet… S’agissant de fouilles dans une église, c’est compliqué. Les passionnés de l’affaire de Rennes en savent quelque chose ! (sourire)
Yannick THOMASSINE : On vous nomme souvent le spécialiste de Pierre Plantard. Quel œil et quel rapport peut-on avoir entre ce personnage et Rennes-le-Château aujourd’hui en 2023 ?
Christian DOUMERGUE : Effectivement ! Il faut dire que la figure de Pierre Plantard est centrale dans Le Secret dévoilé… ce qui a fait grincer des dents à certains. Mais qu’on le veuille ou non, Plantard est au centre de l’affaire de Rennes dans ces développements récents. C’est lui qui a donné son architecture à l’histoire racontée autour de l’affaire Saunière à partir de « L’Or de Rennes » de Gérard de Sède. Sans Plantard, cette histoire n’aurait jamais eu le caractère fascinant qu’elle a dès lors acquis. Ça, je crois que plus personne ne le conteste.
Ce qui fait davantage débat, c’est le point de vue que je soutiens dans Le Secret dévoilé : Plantard n’est pas un mythomane, mais a tissé le mythe de Rennes à la façon d’un initié, révélant un message, voire des messages, sous la forme d’une fable symbolique. Depuis la publication du Secret dévoilé, d’autres chercheurs ont adopté ce point de vue et n’ont fait que confirmer son bien-fondé. Plantard a « transmis » quelque chose. C’est incontestable. Je le démontre dans mon livre. Ce n’est pas une vue de l’esprit, un délire interprétatif ! Non : je démontre à travers mon analyse littéraire des écrits plantardiens qu’ils obéissent bien à un codage symbolique. Ce qu’il reste à comprendre, c’est pourquoi ? Et d’où vient ce message.
Pour cela, il faut comprendre qui était Plantard… Or, tout une part du personnage reste à ce jour méconnue. Dans cette nouvelle version du Secret dévoilé, je relate d’ailleurs d’étonnantes informations recueillies deux ans après la première publication de mon livre. Des informations qui affinent encore un peu plus cette figure largement méconnue et confirment certains aspects de son œuvre que j’avais mis en avant dans Le Secret dévoilé… Et puis, il y a une autre question : qui était derrière Plantard ? Car si Plantard a manipulé différents auteurs (à commencer par Gérard de Sède), derrière lesquels il s’est longtemps caché, il a lui-même été la partie apparente d’autre chose qui reste à ce jour invisible… Aujourd’hui, en 2023, l’enjeu est donc là : comprendre qui était derrière Plantard et quel a été le but de tout cela. Révéler, à qui saurait comprendre, l’existence d’un lieu très particulier à proximité de Rennes-le-Château ? Ou autre chose ?
Un autre enjeu est de déterminer comment s’articulent la période Saunière et la période Plantard… c’est déterminant pour bien saisir la nature du message de Plantard. Il y a eu quelques avancées depuis 2013 sur ce sujet, qui permettent de formuler des hypothèses, mais tout reste à faire !
Yannick THOMASSINE : On comprend à travers la « mystification » de Pierre Plantard qu’il aurait pu avoir accès à quelque chose dans la région de Rennes-les-Bains. A-t-on avancé depuis sur le sujet ?
Christian DOUMERGUE : …Non ! (sourire) Du moins sur le terrain. Mais des ouvrages comme celui de François Lange, « Rennes-les-Bains : le sanctuaire oublié », ont apporté des indices supplémentaires à ce sujet ! Des indices qui convergent tous dans la même direction… et semblent révéler l’existence d’un sanctuaire très ancien… qui reste à découvrir.
Yannick THOMASSINE : Pierre Plantard a été inspiré par Paul Le Cour et différents courants de pensée (Alpha-Galates ou Atlantis pour ne citer qu’eux). Y a-t-il aujourd’hui des descendants ou héritiers de cette pensée ?
Christian DOUMERGUE : Il y a aujourd’hui des personnes qui perpétuent d’une façon ou d’une autre la pensée et l’esprit d’Atlantis… Mais la question qui se pose concernant la compréhension du mystère Plantard c’est qui était derrière Atlantis et derrière Plantard ? C’est une même « officine » qui oriente l’un et l’autre… Je le démontre dans Le Secret dévoilé en mettant en lumière le fait qu’il se produit simultanément du côté d’Atlantis et du côté de Plantard des « événements » similaires. Par exemple, l’apparition exactement au même moment de sujets similaires chez Plantard et dans les colonnes de la revue Atlantis. Ce qui implique qu’il y a un « pilotage » identique. La question est donc de savoir qui est le pilote… derrière lequel s’en cache peut-être un autre. Tout ceci est un jeu de « poupées russes » extrêmement complexe, qui, à nouveau, pose la même question : pourquoi ? Une réponse à laquelle nous n’aurons peut-être jamais de réponse. Paul Le Cour n’a jamais su qui était derrière le Hiéron du Val d’Or. Il était persuadé qu’il s’agissait d’une structure templière… Nous sommes face à un mystère similaire.
Yannick THOMASSINE : Vous rappelez souvent et à juste titre que Bérenger Saunière se définissait lui-même comme « un prêtre à l’âme artiste ». Faut-il donc voir selon vous l’œuvre de sa vie, (entre ses constructions et la décoration de l’église, notamment le bs du bénitier et le confessionnal) comme une seule et même pièce du puzzle ?
Christian DOUMERGUE : Saunière c’est un « prêtre à l’âme artiste » oui ! Et c’est ce qui explique beaucoup de choses : certaines ornementations de son église (lire à ce propos l’étude sur le bénitier avec Asmodée diable de Rennes-le-Château ainsi que l’analyse maçonnique et l’interrogation sur Bérenger Saunière franc-maçon), et puis surtout cet extraordinaire domaine qu’il érige à Rennes-le-Château et qui semble sortir d’un rêve ! Imaginez le décalage entre ce domaine qui sera plus tard sous la gérance de Jean Luc Robin, et les maisons paysannes du village ! Il s’agit vraiment de deux réalités juxtaposées ! Saunière rêve ! Et son rêve se tisse de quoi ? D’architecture gothique, de papiers peints et de panneaux peints Art Nouveau, d’ornementations japonisantes… sans parler de sa riche bibliothèque ! Ça, c’est l’œuvre de sa vie : un rêve éclot au milieu de ces terres arides où la vie est alors souvent difficile !
Mais cette œuvre est-elle une ? Ne forme-t-elle qu’un bloc ? C’est plus compliqué à dire… Si l’on prend l’exemple de l’église, on y retrouve la foi du prêtre, le sens de l’esthétique du prêtre à l’âme artiste (avec dans les fresques de nombreux motifs floraux et végétaux empruntés à l’Art Nouveau) mais aussi d’autres choses : le fameux prêtre au parapluie de la grande fresque par exemple, le chapiteau antique dissimulé dans la végétation constituant le décor de cette scène, les ruines peintes sur le maître autel… Et là, on bascule dans autre chose. Pour beaucoup, c’est une piste trésoraire, comme le « trésor rennes-le-château trouvé » (Note de la rédaction) ! Je fais partie de ceux qui souscrivent à cette idée : Saunière a incontestablement cherché, et trouvé, « quelque chose »… À côté du prêtre dont on connaît à peu près bien la vie, il y a donc le Saunière que l’on ne fait que deviner. On sait qu’il a fait des fouilles… Mais que cherchait-il et pourquoi ? Nous n’avons à ce sujet que des hypothèses ! Donc, la vie de Saunière, c’est comme une pierre ayant de multiples facettes. Et il en est de même pour ses constructions ! Le Domaine, à première vue, n’est que l’œuvre des penchants artistiques de l’abbé. Mais si on le scrute dans ses détails, on remarque des éléments qui semblent symboliques…, on en découvre une autre facette.
Ici se pose une question, cruciale : est-ce Saunière qui est à l’origine de cette dimension symbolique du Domaine ? je ne le crois pas. Pour moi, il faut plutôt chercher du côté de son entourage… La « manipulation » n’a sans doute pas commencé à l’époque de Pierre Plantard… Ce qui se cache derrière Plantard était probablement déjà là à l’époque de l’abbé Saunière. Des pistes existent à ce sujet (j’évoque l’une d’elles dans cette nouvelle version du Secret dévoilé)… Tout cela pour dire qu’on ne peut pas aborder l’affaire de Rennes sous un seul angle. Pour la comprendre, il faut l’approcher à travers ses différentes facettes qui ont des origines diverses. Sinon on ne voit qu’une partie de la vérité…
Yannick THOMASSINE : Vous avez préfacé en début d’année l’excellent livre de Paul Saussez « La Crypte oubliée », qui confirme qu’une partie de la clé de l’énigme se trouverait bien dans la crypte de Rennes-le-Château. Pensez-vous sincèrement qu’on puisse y avoir accès un jour ?
Christian DOUMERGUE : Tout d’abord, permettez-moi de profiter de cette question pour saluer une nouvelle fois l’excellent travail de Paul Saussez, “Rennes-le-Château – La crypte oubliée – Un prodigieux trésor enfoui sous mille ans d’histoire” (Lire la présentation NDLR). Son ouvrage apporte une pierre majeure à l’étude de l’affaire de Rennes. C’est un livre essentiel que toute personne étudiant sérieusement cette histoire doit avoir dans sa bibliothèque. Pour ce qui est d’accéder à la crypte en revanche, j’ai de sérieux doutes… La DRAC freine des quatre fers depuis des années à ce sujet et n’a aucune volonté de faire avancer les choses. Bien au contraire ! À l’heure actuelle, l’idée d’ouvrir la crypte est donc au point mort. La seule piste envisagée actuellement est celle des travaux de rénovation de l’église à venir… Travaux indispensables au vu de l’état de délabrement de l’édifice. Il n’est pas impossible, qu’en fonction des diagnostics, ces travaux, si du moins ils voient le jour (leur financement est encore incertain), conduisent indirectement à s’intéresser à la crypte. Mais nous n’y sommes pas encore ! Et il est vraiment regrettable que les autorités culturelles habilitées n’accordent pas l’intérêt qu’elle mérite à la recherche de cette crypte. Il y a quelque chose qui me désole dans cette posture.
26 juin 2023, Yannick Thomassine © – Les caractères en gras sont de la Rédaction
Acheter Le Secret Dévoilé, Opportun poche, 2023 !Jean-Michel Jauly synthétise l’avis de Christian Doumergue sur Pierre Plantard dans livre de 2022 “Le Mystère de Rennes-le-Château – Une Autre Histoire”. (NDLR)
En mars 2024, Christian Doumergue a passé les rennes de l’association de Rennes-le-Château, Terre de Rhedae, a un jeune président de 20 ans, Merlin Delrieu, originaire de Montolieu.
Conférence de Christian Doumergue sur Le Secret Dévoilé

Le 16 aout 2013, Christian Doumergue présentait son livre à « La Reine du Château » de Rennes-le-Château. Devant une quarantaine de personnes, l’écrivain commença par le rappel de la vie de l’abbé Saunière. Mais, plat de résistance, il disséqua l’oeuvre de Pierre Plantard avant son arrivée sur la colline inspirée. Les premiers écrits de Pierre Plantard datent de 1942 : « Vaincre », « Circuit« , etc. Les figures remarquables comme Geneviève Zaëpffel (dont vous pouvez lire la biographie que lui consacre Kris Darquis), Gabriel Trarieux d’Egmont ou Paul Lecour l’ont inspiré. Le Hiéron du Val d’Or l’a aiguillé également avec une spiritualité qui existait avant Jésus ! Extraits et iconographie ont été analysés, par exemple les apocryphes comme le « Serpent Rouge ».

L’étau se resserrant, l’auteur en vient à un sanctuaire dans la région de l’Aude avec l’origine de toutes nos traditions spirituelles comme dans la « Fama Fraternitatis, Trarieux d’Egmont, etc. Pierre Plantard aurait découvert un temple atlante dans la région de Rennes-les-Bains… Reste à le situer…
Questions-réponses sur les mérovingiens et les wisigoths : les Mérovingiens lui permettaient d’arriver à une origine extraordinaire à l’inverse des Wisigoths, à travers la ligne rouge de Marie, Joseph, etc. Plantard ne cherche pas un trésor de nature matériel mais un trésor spirituel.
Ce fut une conférence instructive et suivie attentivement par l’assistance !
16 aout 2013 et 12 septembre 2013, Johan Netchacovitch ©
Acheter Le Secret Dévoilé, Opportun poche, 2016 !Parrainez la Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude
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