Brûly-de-Pesche le bunker d’Hitler

Première partie, Brûly-de-Pesche le bunker d’Hitler. Le journaliste et écrivain, Pierre Guelff, a publié la “Belgique mystérieuse, insolite et sacrée“, Editions Jourdan, Belgique-France en 2007. Spécialisé en spiritualité, franc-maçonnerie, lieux sacrés, initiation, symboles, il a aimablement proposé à la rédaction de la Gazette de Rennes-le-Château de mettre en ligne trois parties de son livre consacrées à Bouillon, Orval et Nostradamus. Nous l’en remercions !
Ces trois articles introduisent un voyage d’études de la rédaction dans les Ardennes belges et françaises ! (La rédaction)

Pierre Guelff a publié la "Belgique mystérieuse, insolite et sacrée", Editions Jourdan

Les sacrilèges d’Adolf Hitler

Dans ce chapitre, c’est une sorte de démonstration par l’absurde que je vous présente. Celle qui veut que l’on n’ utilise pas un site sacré à des desseins malsains, voire criminels.

Imaginez-vous donc Brûly-de-Pesche, un hameau d’une vingtaine d’âmes, perdu dans la forêt couvinoise, subitement devenu le centre de la planète. Comment pareille situation a-t-elle pu se produire ?

Avant la Seconde Guerre mondiale (entre 40 et 52 millions de morts au total, dont 89.000 en Belgique !), ce très joli coin reculé de Wallonie situé à la frontière française était visité une fois par an à l’occasion du pèlerinage organisé en l’honneur de saint Méen.

Site sacré

Saint Méen est né en 520 au Pays de Galles. Disciple de saint Samson (l’un des sept fondateurs de la Bretagne), il accompagna ce dernier dans sa mission évangélique. Son tombeau à Saint-Méen-le-Grand (Bretagne), là où il planta un bâton et y fit jaillir de l’eau, fait l’objet d’un pèlerinage important. On y vient faire soigner la gale, d’ailleurs autrement appelée “mal de saint Méen”.
Mais, saint Méen fait l’objet de dévotion dans d’autres contrées : Périgord, Aveyron, Jura, Namurois…

Ici, dans la forêt couvinoise, coule une petite source que l’on dit miraculeuse : “En buvant chaque jour un peu de cette eau lustrale, vous serez guéri des maladies de la peau ou vous les éviterez.”

Aujourd’hui, encore, les gens font la file pour remplir de ce breuvage miraculeux des gourdes et des jerricanes, des bouteilles et des bidons en plastique.
Cette source coule parmi des chênes séculaires, ces arbres adorés des Celtes qui y voyaient l’emblème de l’hospitalité et l’équivalent d’un temple.
De plus, comme dans les environs on trouve l’imposant (4,60 m à la base et 2,30 m de hauteur) menhir « La Pierre qui tourne », celui qui marque les limites entre les provinces de Namur et du Hainaut, et celles entre les villages de Presgaux, Baileux et Gonrieux, on peut aisément dire que cet ensemble (eau lustrale, arbres sacrés et pierre du Savoir) forme un site sacré.

Brûly-de-Pesche le bunker d’Hitler

Le 22 mai 1940, les premiers soldats allemands firent leur entrée (peu joyeuse pour les populations « visitées » !) dans la région. Aussitôt, le ministre-architecte Todt et 1.500 personnes de son organisation envahirent Brûly-de-Pesche. En un temps record, ils transformèrent le calme petit village en une bruyante place forte. Le silence grandiose et captivant de la forêt était ainsi rompu !

Mais, pourquoi ce remue-ménage iconoclaste ? Parce qu’ils créèrent une zone interdite, les rares villageois étant déportés, de même que tous les habitants des vingt-huit localités environnantes. Toute cette population avait eu deux heures pour quitter ses meubles !

Heureusement, les habitants de Brûly-de-Pesche ne virent pas les transformations opérées au sein de leur village : quel choc auraient-ils ressenti !

Ainsi, une piste d’atterrissage pour des avions fut aménagée dans une prairie au cour du site, le clocher de la petite église dévolue à saint Méen fut décapité et remplacé par un énorme réservoir pour alimenter les anciens et les nouveaux bâtiments en eau potable. Ces nouveaux bâtiments ? Un chalet bavarois, un énorme bunker, alors que l’intérieur de l’église était transformé en une salle de projections pour les actualités.
D’autres aménagements furent effectués : construction d’une piscine, d’une terrasse, création d’un parc…
Tout était donc prêt pour recevoir… Adolf Hitler en personne !

Adolf Hitler à Brûly-de-Pesche - © Pierre Guelff
Adolf Hitler à Brûly-de-Pesche – Pierre Guelff ©

A peine fut-il sur place qu’il baptisa l’endroit le « Ravin du loup ». Le ton était donné ! Le soir même, le führer se rendit à l’église saint Méen transformée en salle de cinéma. Il y visionna l’avancement de ses troupes sur différents fronts.

Le lendemain matin, il réunissait différents dignitaires du Troisième Reich pour une première séance de travail. Lors de ces travaux, les dirigeants nazis, assoiffés de pouvoir, rédigèrent les conditions d’armistice de la France et mirent au point la stratégie pour lancer la deuxième vague, la « dernière », espéraient-ils, contre les troupes de l’Hexagone.

Hitler aimait beaucoup se promener dans cet endroit paradisiaque de la forêt couvinoise. Il discutait avec Himmler dans la petite clairière où coulait l’eau miraculeuse à la fontaine. Il lui arrivait de se rendre régulièrement à la piscine de 9 m² construite en retrait de son chalet bavarois et du bunker.
La forme de cette piscine avait été choisie et elle faisait indéniablement penser à la Vierge, dont la tête penchait légèrement. Cette piscine, également appelée le “Bain ou la Baignoire d’Hitler”, a survécu à la destruction du site.

Avec Goering et Hess, le führer se reposait dans un cabanon ou sur une terrasse construite en forme de fer à cheval. C’est vrai qu’Adolf Hitler était très superstitieux, a-t-on dit.

Parfois, ce dernier entrait vérifier les installations du bunker construit à quelques mètres de son chalet personnel. Ce bunker de 5 mètres de haut avait nécessité 600 tonnes de béton pour son érection. Les murs avaient 2 mètres d’épaisseur et étaient fabriqués avec de la fibre de bois mélangée au ciment. Des filets de camouflage le rendaient totalement invisible. De plus, ses énormes portes métalliques ne se commandaient que de l’intérieur. Le tout était totalement étanche.

Aujourd’hui encore, on peut apercevoir à l’intérieur de cette construction deux bouches d’aération : une pour recevoir l’air frais et l’autre pour rejeter l’air vicié. On y distingue, aussi, l’emplacement des canalisations d’eau et de fils téléphoniques. Le numéro d’appel était le 4053. L’abri était directement relié à Berlin et aux différents fronts, m’a-t-on encore précisé sur place.

C’est le 28 juin 1940, soit après un séjour de vingt-deux jours, qu’Hitler quitta Brûly-de-Pesche pour effectuer son unique voyage à Paris. Le séjour du führer près de Couvin était définitivement terminé.

Une autre dimension

Bunker, piscine, terrasse, église (qui a retrouvé son clocher), fontaine miraculeuse, chênes…, tout cela fait partie du site, de cette Histoire qui, dans le cas d’espèce, a été écrite en lettres de feu et de sang.

Fontaine de Brûly-de-Pesche - © Pierre Guelff
Fontaine de Brûly-de-Pesche – Pierre Guelff ©

Néanmoins, cette visite peut prendre une autre analyse, une autre dimension.

Effectivement, entre 1539 et 1544, un certain Nostradamus, astrologue, médecin, célèbre pour ses prédictions et prophéties, était venu visiter la merveilleuse et riche bibliothèque de l’abbaye cistercienne d’Orval. Il passa cinq années à lire et relire certains ouvrages d’un haut intérêt initiatique, assure-t-on. Ainsi, il s’attarda sur les « Mystères égyptiens » rédigés par le philosophe Jamblique.
Celui-ci avait une manière toute particulière d’entrer en étroite relation avec le « monde invisible » : il se rendait en forêt à la pleine lune, se déchaussait, prenait place sur un siège fabriqué à base de cuivre, siège qu’il avait installé au milieu d’un point d’eau (une mare, par exemple), sur un socle. Ensuite, il allumait une bougie et trempait ses pieds dans l’eau. Tout en fixant la flamme, il tenait une verge à la main et prononçait des paroles rituelles. C’était sa manière d’entrer en contact avec l’Au-delà.

C’est également la raison pour laquelle la piscine d’Adolf Hitler creusée à Brûly-de-Pesche contenait un petit socle pour recevoir les fesses du dictateur nazi. En effet, Hitler était féru d’ésotérisme et connaissait parfaitement les prédictions de Nostradamus et sa manière d’aborder le sujet. Que disaient donc ces prophéties qui intéressaient tant le führer ?

Nostradamus a prétendu que la France serait un jour mise sur les genoux et devrait se soumettre à une secte germanique en un lieu situé aux environs du 50e Parallèle. Après de nombreux calculs et recoupements, analyses et décryptements, Karl-Ernest, astrologue suisse qui conseillait Hitler, pointa un doigt sur la carte de la Belgique et visa la forêt couvinoise, là où poussent des chênes et où coule une fontaine miraculeuse… Hitler n’hésita pas une seconde et installa son quartier général à Brûly-de-Pesche, persuadé qu’il s’agissait bien de l’endroit indiqué par Nostradamus.

D’étranges phénomènes et rituels

Revenons quelque peu au séjour du tyran nazi. Ainsi, entre le 6 et le 28 juin 1940, d’étranges phénomènes et rituels eurent lieu sur le site sacré de Brûly-de-Pesche. Un jour, toutes les statues de l’église Saint-Méen furent amenées dans le petit cimetière jouxtant l’édifice. Elles furent alignées dans un ordre bien précis : les Vierges, à gauche, les saints, à droite. Ensuite, selon un certain rituel, un officier allemand brisa la main droite de chaque statue. A l’occasion d’un reportage télévisé que j’ai entrepris pour l’émission « Télétourisme » (RTBF et TV5 Monde) en ce début 2008, cette histoire fut (re)mise en question par un historien et je ne l’ai donc pas abordée dans mon sujet pour le petit écran.

Eglise de Brûly-de-Pesche - © Pierre Guelff
Eglise de Brûly-de-Pesche – Pierre Guelff ©

Il y a également la fameuse « terrasse » qui avait été érigée dans le bois. Il est dit que c’est de cet endroit qu’Hitler haranguait officiers et soldats qui étaient casernés en nombre sur le site. A dire vrai, cette esplanade était une sorte de temple tracé en forme d’oméga où se trouvait un podium et du haut duquel le führer dirigeait le cérémonial. Le tout surplombe la piscine à la tête penchée de Marie ou baignoire dite d’Hitler. Symboliquement, l’oméga représente le but final de l’évolution humaine. Jésus a dit : « Je suis l’Alpha et l’Oméga », le commencement et la fin. Hitler se prenait-il pour Dieu ?

Enfin, le dictateur avait aussi fait creuser un puits artésien qui captait l’eau lustrale de la fontaine Saint-Méen. Il y faisait des exercices de voyance, selon divers ésotéristes.

Ainsi, dans ce coin reculé d’une superbe et accueillante forêt wallonne, la version officielle de la présence d’Hitler et la version ésotérique se retrouvent parfois côte à côte. Parfois, elles s’entrechoquent, aussi… Néanmoins, on ne peut pas toujours nier que des légendes et des faits historiques ont des racines communes.

Le balancier de l’Histoire

Revivre ou vivre le sacré ne s’accommode d’aucune contrainte et, en principe, vu l’évolution de la société, il n’y a plus place pour l’aliénation religieuse, philosophique ou autre en ce XXIe siècle. D’ailleurs, le sacré n’a certainement jamais permis ce type d’écart et ce sont bien les hommes, et eux seuls, qui ont détourné la nature même de son dessein. Le cas de Brûly-de-Pesche est exemplaire à ce sujet. Ainsi, Hitler a littéralement détourné le dessein de ce site sacré dans des buts nuisibles, carrément meurtriers à l’encontre de la nation française et de ses alliés. Certes, l’Histoire a mis de trop nombreuses années à rétablir l’équilibre des forces en présence, mais le fameux « balancier de l’Histoire » est quand même venu frapper de plein fouet le dictateur allemand. Qui sème le vent, récolte la tempête… Son suicide le 30 avril 1945 à Berlin en a été le logique aboutissement.

1ère partie : Bouillon – 3ème partie Orval (Nostradamus)

9 mars 2008, mise à jour 7 novembre 2019, Pierre Guelff et Gazette de Rennes-le-Château ©

Vous avez apprécié cet article. Abonnez-vous à la liste de diffusion pour être tenu au courant des prochains articles en cliquant ICI !

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


14 − six =