L’église de Rennes-le-Château : conférence par des spécialistes

Le 29 juillet 2022 était organisée une conférence sur l’église paroissiale Saint Marie-Madeleine de Rennes-le-Château. Enfin, pourrions-nous écrire, des professionnels devaient nous dévoiler l’histoire de cette église, mieux encore, vu leurs titres et qualités, ils allaient décrire l’architecture de l’église de Rennes-le-Château, les problèmes détectés, les moyens d’y remédier et les délais pour commencer les travaux urgents et indispensables ! (Note de la rédaction)

Nous remercions notre envoyée spéciale à la conférence, Caroline MACHUT, pour son compte rendu clair et circonstancié à lire ci-dessous !

Les intervenants

Dans le cadre de futures réfections de l’église Saint Marie-Madeleine de Rennes-le-Château, l’atelier Caroline SERRA, a été sollicité pour établir un diagnostic du bâtiment.

Les études ont été menées par :

  • Élisabetheth MARTIN, historienne
  • Michel VERROT, Architecte des Bâtiments de France 1980
  • Christian FALIPOU, ingénieur structure,

sous l’égide de Hugues VAN AERDE, architecte du patrimoine.

L’église Saint Marie-Madeleine est protégée par la DRAC depuis le 26 juillet 1994, classée aux Monuments historiques.

Conférence sur l'église de Rennes-le-Château dédiée à sainte Marie Madeleine du 29 juillet 2022 !
Caroline Machut ©

Constat historique d’Élizabeth MARTIN sur l’église de Rennes-le-Château

Faits et incertitudes

Il existe très peu d’archives avant l’affectation de l’Abbé Bérenger Saunière en 1885 dans la paroisse de Rennes-le-Château. Certains documents ont été vendus aux enchères depuis le succès de l’histoire de Béranger Saunière.

Une occupation protohistorique est avérée. Un document daté de 788 rend compte d’un important site médiéval, Rhedae, chef-lieu du comté.

Il semble que la cité ait été fondée par les Wisigoths, tout comme Carcassonne et Toulouse, au Ve siècle. Les Wisigoths, chassés par les Francs, se réfugient à Tolède. De religion arienne à l’origine, ils se convertiront au christianisme. Ainsi, ils souhaiteront être enterrés en terre chrétienne, sans doute à Rhedae. Ils ont pu ramener leur trésor à Rhedae ou à Toulouse.

Du VIIIe et XIe siècle, Rhedae est une localité importante. En 798, deux prélats de Charlemagne citent une cité du nom de Rhedae, de même importance que Carcassonne et Narbonne. Au XIIe siècle, la cité perd de son importance.

L’église serait la chapelle d’un château probablement de l’époque carolingienne. Des vestiges de l’église remontent au XIe siècle. Un document de l’année 1859, consigné aux archives départementales de l’Aude, fait état d’une demande d’agrandissement de l’église. Sans doute, la population du village avait-elle augmenté.

Rapport structurel par Christian FALIPOU, ingénieur structure

Le site est composé d’argile rouge et de marnes qui bougent selon les saisons mais ne posent probablement pas de problèmes pour le corps de l’église. La carte topographique fait apparaître plus ou moins cinq ruisseaux. Y a-t-il des puits à Rennes-le-Château ?

Beaucoup d’humidité a été constaté dans l’église. Un problème de circulation d’eau dans le sol serait lié à une chape de ciment coulée lors des travaux engagés par Bérenger Saunière. C’est ce ciment qui empêche l’évacuation de l’eau.

Lors de reconstructions successives, des modifications et des ajouts au cours du XIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ont provoqué des déformations de cette nef.

Au XIXe siècle, la voûte porteuse est déformée sous le poids de la couverture par l’Abbé Saunière.

Des broches en fibre de verre sont envisagées pour réparer les fissures dans toutes les voûtes. La voûte médiévale ne posera pas de problème.

Les dernières réparations datent de 1990 et 2005.

Étude architecturale par Michel VERROT

Un relevé pathologique montre que la pente du bâti n’est pas conforme. Les tuiles du porche sont abîmées. Des parasites multiples infestent les fonds baptismaux. Il n’a pas été trouvé de termites. Une contamination par la fiente de pigeons est notable. Michel Verrot confirme que les carreaux en ciment couvrant le sol, empêchent l’eau de s’évaporer. Cette eau s’infiltre donc dans les murs. La date de ces infiltrations n’a pas été déterminée. Les boiseries seront replacées en décaler pour créer une ventilation basse.

Il est observé une colonisation végétale importante sur la façade nord.

La partie du XVIIIe siècle fait apparaître des voûtes minces, déformées. C’est à ce jour une énigme. La structure devrait comporter un assemblage de briques et de charpente. Or dans ce cas, pas de charpente. L’aspect serait plutôt lié à des déformations futures, plutôt qu’à une méconnaissance de construction. Il faudra comprendre cette anomalie avant d’entamer une action.

Une main courant et un éclairage vont être aménagés dans l’escalier du clocher pour faciliter son étude, dont un vitrail aveugle dans son axe.

Des éléments de décorations, antérieurs au XIXe siècle, ont été découverts.

Les vitraux ne sont plus étanches et nécessitent d’être restaurés. Les châssis extérieurs permettent d’éviter des problèmes de fluage.

Tous les éléments de décoration sont remplis de plomb. Les artistes restaurateurs devront œuvrer équipés de protections spéciales pour se prémunir de toute intoxication.

Ce diagnostic est mené pour obtenir des fonds en vue des rénovations évaluées. Les organismes sollicités sont entre autres : la DRAC, la Fondation de l’art français, Le fond du Patrimoine, le crédit agricole.

Conférence 2022 sur l'architecture de l'église de Rennes-le-Château
Yannick Thomassine ©

Questions – Réponses sur l’église de Rennes-le-Château

Alexandre PAINCO, maire de Rennes-le-Château, répond que les travaux ne démarreront pas avant 5 ans, le temps nécessaire pour effectuer des sondages, monter et déposer les dossiers de demandes de subventions, obtenir les fonds de financements. La durée des travaux est estimée à 2 ans.

Réponse à Christian DOUMERGUE : Les éléments de décorations antérieurs au XIXe siècle ne seront pas mis en valeur. Le choix a été fait de les préserver de l’exposition au public…

Jean-Michel POUS s’interroge sur le devenir de la crypte sous l’église et de nouvelles découvertes qui pourraient rester non révélées et classées sans suite. Réponse lui est faite qu’en cas de découverte importante, la DRAC est informée. Le service archéologique impose un protocole strict. Un organisme officiel est nommé pour encadrer d’éventuelles révélations.

Jean-Patrick POURTAL rejoint Jean-Michel POUS pour déplorer un manque de démarche scientifique pour certains projets de recherches archéologiques, et argumente : « Le fait de poser une hypothèse n’est-il pas une démarche scientifique ? »

A noter : Madame Claire CORBU et monsieur Antoine CAPTIER ont assisté à la conférence.

6 aout 2022, Caroline Machut ©

Réflexions de la rédaction suite à la conférence sur l’église paroissiale Saint Marie-Madeleine de Rennes-le-Château 

A venir !!!


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