La carte de Boudet dans la Vraie Langue Celtique

“Etude et analyse de la carte Boudet” par Jacques Mazières

Jacques Mazières localise un point à partir de l’analyse de deux documents conjoints : la carte du livre “La vraie langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains” de l’abbé Henri Boudet, et la stèle de la marquise de Blanchefort.


Nous accueillons un nouveau chercheur, Lucain, qui consacre une analyse d’une dizaine de pages à la carte d’Henri Boudet présente dans “La vraie Langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains”.

RENNES CELTIQUE de Boudet – Des Bases Elucidées ?

“Qui ne s’est penché sur la carte jointe à « La Vraie Langue Celtique… » ? Comme tout chercheur, je fus amené souvent à décortiquer cette mystérieuse « carte au trésor » que laissa au monde un petit curé de campagne audois du XIXème siècle. Assez vite il m’apparut que ce document extraordinaire présentait d’étranges propriétés, pour le moins inhabituelles. Mais il fallait évidemment commencer par le début : sur quel canevas devait-on travailler, par exemple pour y tracer des droites, des angles et de belles formes parlantes ? Car une carte, même si celle qui nous occupe en dépasse largement le concept, ça se travaille d’abordà la règle et au compas !

En étudiant le document de près, comme de très près, en mesurant ici et là, je finis par me persuader que la carte proposée était parfaitement calibrée. Ce qui correspondait fort bien à la volonté de quelqu’un souhaitant indiquer l’un ou l’autre point sans avoir à le montrer du doigt… Cette perfection comportait ses aléas : elle ne permettait plus la superposition pure et simple avec les cartes topographiques contemporaines, ni forcément ultérieures. En effet, le concepteur avait contraint son oeuvre en vertu de ses objectifs particuliers. Cela posait corollairement un problème d’échelle, à moins bien sûr de comprendre d’où tirer et comment utiliser les paramètres choisis à cet effet par le ou les concepteurs.” (Lucain)


-I-

Qui ne s’est penché sur la carte jointe à « La Vraie Langue Celtique… » ? Comme tout chercheur, je fus amené souvent à décortiquer cette mystérieuse «carte au trésor» que laissa au monde un petit curé de campagne audois du XIXème siècle. Assez vite il m’apparut que ce document extraordinaire présentait d’étranges propriétés, pour le moins inhabituelles. Mais il fallait évidemment commencer par le début: sur quel canevas devait-on travailler, par exemple pour y tracer des droites, des angles et de belles formes parlantes ? Car une carte, même si celle qui nous occupe en dépasse largement le concept, ça se travaille d’abord à la règle et au compas !

En étudiant le document de près, comme de très près, en mesurant ici et là, je finis par me persuader que la carte proposée était parfaitement calibrée. Ce qui correspondait fort bien à la volonté de quelqu’un souhaitant indiquer l’un ou l’autre point sans avoir à le montrer du doigt… Cette perfection comportait ses aléas : elle ne permettait plus la superposition pure et simple avec les cartes topographiques contemporaines, ni forcément ultérieures. En effet, le concepteur avait contraint son œuvre en vertu de ses objectifs particuliers. Cela posait corollairement un problème d’échelle, à moins bien sûr de comprendre d’où tirer et comment utiliser les paramètres choisis à cet effet par le ou les concepteurs.

Un autre constat important fut celui qui m’amena à une certitude, mainte fois éprouvée: tout était indiqué, repéré, prévu et la carte se suffisait manifestement à elle-même, jusqu’à un certain point… Toutefois cela ne veut nullement dire qu’une bonne connaissance des autres éléments de l’affaire est superflue, tant il est vrai qu’une idée d’action naîtra forcément toujours des connaissances acquises et, pour employer un anglicisme, du back ground du chercheur. De plus, je n’aurais évidemment pu songer à utiliser telle « clé », si on ne m’avait pas d’abord dit ou fait comprendre qu’il s’agissait d’une clé !

Or donc, puisqu’il ne sera question ici que des bases élémentaires, voyons ce que nous montre Boudet comme premiers repères simples : deux croix à doubles traverses en haut et en bas de sa carte. Je passe ici sur l’intérêt de ces repères pour un imprimeur, puisqu’il semble admis que leur présence pour ce seul usage serait incongrue sur le produit fini. Ce sont deux croix dites « patriarcales ». Ce choix fut-il anodin ? Certes non, comme je devais le découvrir parallèlement. Nous nous limiterons cependant ici à leur utilité pratique. Comme beaucoup l’ont compris, ces repères en croix peuvent se lire aussi de manière horizontale. Ils suggèrent alors la forme de « H », la 8ème lettre de notre alphabet et de l’alphabet latin. Or, on sait grâce à Boudet qu’il faut au moins voir en l’« H » un repère d’« AXE ». Il est ainsi agréable de constater que cet axe suggéré est pratiquement offert par l’auteur – ce qui souligne manifestement son importance. En dessinant le trait attendu entre les croix doubles, on ne manque pas d’observer quelques points d’accroche, confortant la démarche, le plus beau d’entre eux étant bien sûr l’unique « dolmen » figuré sur la carte de façon explicite. Nous voici donc avec un tracé présentant deux « têtes » en forme de croix doubles (tout va décidément par deux dans cette affaire), tracé que l’on pourrait qualifier d’« épine dorsale » de la carte. Quelques chercheurs, dont je suis, le dénomment par facilité « axe médian ». Mais est-il vraiment médian ? Il est bien difficile de l’affirmer à ce stade. Les circonvolutions du dessin, de part et d’autre, ne permettent à première vue aucune mesure simple comme celle que l’on prendrait entre deux lignes droites. Seul le titre nous donne une forme mesurable latéralement et, si le trait médian passe bien entre ses deux seuls mots, RENNES et CELTIQUE, ceux-ci n’ont ni le même nombre de lettres, ni la même longueur.

Le second tracé titillant le chercheur, au point de lui faire généralement omettre le premier, est certainement celui du célébrissime (en cette affaire) Méridien 600. Pour le positionnement de celui-là, chacun a plus ou moins son idée. Mais peu se demandent comment, avec une carte très « adaptée » et dont les variantes sont nombreuses d’avec la topographie en usage, Boudet allait pouvoir prévoir l’emplacement d’un tracé géographiquement correct. C’était impossible. Il se contenta donc de le suggérer. Echaudé en effet par la modification du symbole « origine » en « Méridien 600 » (c’était en décembre 1884; je ne peux que conseiller à chacun la relecture de l’habile métaphore incluse dans LVLC à ce sujet, en laquelle on sent parfaitement pointer l’agacement de notre bon curé, qui était en plein travail), il opta définitivement pour un « 600 » qui s’adapterait bon gré mal gré à son plan. Cette méridienne solaire, si importante pour sa démonstration, il la déterminerait à partir de son axe médian (le pseudo méridien lui serait en effet exactement parallèle) et il en soulignerait le tracé par une légende adéquate. On notera que le « MMDC » constituant les initiales de cette légende ne peut avoir été conçu qu’après 1884, puisque ce groupe de lettres contient une référence manifeste au nouveau nom du Méridien concerné. Un dernier indice, fort discret, ainsi qu’un point d’accroche simple, devaient convaincre le chercheur de l’emplacement adéquat. Evidemment, sans l’indice évoqué, la question de la distance exacte d’avec l’axe médian reste délicate à démontrer. Il y a heureusement un autre moyen de s’en convaincre.

En étudiant comme expliqué plus haut les composantes du titre afin de contrôler l’éventuel rôle central de l’épine dorsale de la carte, il m’apparut que si la première lettre était choisie pour établir un espace mesuré de part et d’autre, l’équilibre ne serait forcément obtenu qu’en reportant la même distance à l’opposé. Après tout, n’était-ce pas le « R » qui semblait mis à l’honneur sur un certain tableau de Poussin? Et la forme de cette lettre, dans le titre « RENNES CELTIQUE », ne pointait-elle pas finement vers le bas, incitant à la descente…? Le même raisonnement avait d’ailleurs été tenu pour le «V» de «CELTIQVE»…

La vérification fut aisée et amplement confirmée. La distance entre le début du titre et l’axe médian, reportée à droite de celui-ci, produisait deux nouveaux axes, dont la gémellité paraissait évidente : ils étaient tous deux merveilleusement guidés par les deux groupes de 4 « ménirs debout » des Cugulhou! On constatera dans l’image ci-dessous que le calibrage du titre de la carte, parfaitement étudié, conduit à cette logique des deux « méridiens » autour de l’axe médian. Il suffit de le superposer à lui-même en l’inversant et en joignant soigneusement les croix doubles qui les dominent.

A l’Ouest se présente l’axe du «R», que par jeu j’ai nommé « Méridien de Boudet » pour faire pendant à l’autre et puisqu’il est le produit de son imagination en l’occurrence. Au vrai, on peut constater qu’en l’occurrence cet « H » (axe) est bien dans l’« R » ! Comment ne pas songer ici, pour ceux qui connaissent les aventures d’Arsène Lupin, à l’étonnant Maurice Leblanc qui imagina, en 1905-06 (Herlock Sholmès arrive trop tard) la résolution de l’énigme de Thibermesnil comme suit : «La hache tournoie dans l’air qui frémit, mais l’aile s’ouvre et l’on va jusqu’à Dieu» !

A l’Est est tracée une droite parallèle à l’axe médian, pseudo « Méridien 600 », que nous appellerons l’axe du « E » puisqu’il part de ce fragment du titre.

Telles sont à mon sens et selon mes nombreuses observations ultérieures les bases géométriques élémentaires de la « RENNES CELTIQUE. ». Précisons que les mesures du haut sont prises dans la mi-hauteur du titre. Il est possible de noter une variation d’un demi à un millimètre selon la qualité des impressions ou des copies, souvent scannées.

Pour conclure cette première partie, songeons qu’un titre est généralement le condensé de l’œuvre qu’il présente. On peut donc s’interroger, par exemple, sur le choix de l’abbé (qui était libre de faire autrement), de placer ces lettres en exergue: « R » et « E », comme « RE » ou « RAI », deux termes à résonance solaire… Sans parler des deux lettres qui environnent notre axe à deux têtes (les croix doubles): « S » et « C» … sur lesquelles je laisse chacun méditer.


Une histoire de méridiens sur la carte de Boudet

-II-

Le positionnement de trois axes verticaux suggérés par la carte elle-même, l’axe médian et ses deux « larrons » de l’Est et de l’Ouest, produisait toutefois une asymétrie dérangeante. En effet, alors que le début du titre coïncidait avec le « Méridien de Boudet », son autre extrémité ne faisait pas partie de la structure: il y manquait le E lui-même, ainsi que le point final.
Pourquoi ? Les deux « méridiens » entourant l’axe médian sont distants entre eux de 104 millimètres en haut de la carte. Mesurant l’espace curieusement « négligé » dans la partie droite du titre, je constatai que pour inclure ce point final il eut fallu y ajouter 11 millimètres.

Fallait-il donc y déplacer l’axe de l’Est ? Un déplacement ne paraissait guère envisageable en regard du principe de symétrie observé jusqu’ici. Cette symétrie était induite, rappelons-le, par le titre superposé à son reflet, les croix doubles étant jointes.

En fait, à bien y regarder, l’image produite conduisait même à s’interroger sur l’éventualité d’un espace « négligé » devant le R… Car tout pareillement, dans ce montage, un point y apparaissait ! Et à l’évidence, une symétrie complète et harmonieuse ne pouvait s’obtenir qu’en usant deux fois du titre : d’abord dans le sens normal, ensuite dans l’autre, inversement.

Par voie de conséquence, ce double usage du titre pour « solutionner » la question du décalage observé devait trouver sa justification sur la carte, comme il l’avait trouvée déjà pour le tracé des « méridiens », à travers les 4 points rouges des deux Cugulhou (revoir la première partie)…

Y avait-il un indice quelconque, à l’Ouest, permettant de vérifier que l’espace « perdu » à l’Est était non seulement correct, mais également voulu ? Une rapide vérification devait conforter cette hypothèse.

Le tracé du « Méridien de Boudet » bénéficie, comme les deux autres axes, de divers points d’accroche calculés et sécurisants. Au Sud de son parcours, la droite en question voisine par exemple avec une zone blanche, non hachurée, sensée représenter le sommet du Pech de la Roque. Cet espace blanc, de forme allongée, mesure… 11 millimètres sur la carte de Boudet !

Ainsi donc, comme le point virtuel apparent devant le R semblait l’indiquer, il fallait manifestement prendre en compte également un espace de 11 millimètres à l’Ouest par rapport au « méridien » immédiatement voisin ! Et, ce faisant, établir la symétrie parfaite qui faisait défaut à l’ensemble.

Il parut dès lors inévitable de tracer deux nouveaux axes en dédoublant chacun de nos « méridiens ». Le double tracé obtenu à l’Ouest permit d’ailleurs d’observer une probable confirmation : deux ruisseaux dont le parcours semblait adapté pour la sécurité du chercheur, puisqu’il suggérait l’écartement utile et nécessaire…

Ainsi qu’on a pu l’observer, cette structuration verticale de la carte « Boudet », dessinée elle-même tout en hauteur, repose sur des éléments graphiques prévus et des mesures choisies. Le rôle du bloc « titre » est à cet égard indéniable. Il prend ici des allures de clé structurelle, ou mieux encore : de réglet tel qu’en utilisait le charpentier pour relever les lignes du bois, où encore le typographe pour marquer des lignes droites, images qui ne semblent pas inadéquates.

Notons également que fait ici une apparition presque attendue le nombre 11.

On sait bien sûr que ce nombre est généralement introduit dans le cours de la recherche en deux occasions particulières. D’abord lors de l’examen de la tombe de l’abbé Boudet à Axat, où d’aucuns ont pu lire « 310 11 » en faisant réfléchir comme dans un miroir le bien connu « IXOIΣ » ; ensuite, fort logiquement vu ce qui précède, au rang de la page 11 dans LVLC, alors même que l’auteur nous y explique comment trouver la clé de la langue celtique, page qui comprend par exemple onze mots dans la fin de citation qui la débute et page qui se termine par le mot « aune » (dont la version anglaise, « ell », renvoie aux mesures).

Cette valeur numérique 11 a une autre particularité au moins dans cette affaire : elle est la moitié de 22, nombre obervé comme répétitif (le mot « aune », associé à la page onze, apparaît d’ailleurs 2 fois à la page 220 !). C’est une lapalissade que d’ajouter : elle est aussi le tiers de 33… Or, si cette dernière valeur est moins visible dans le dossier, c’est pourtant elle qui définit l’ossature de la carte « Boudet » !

Effectivement, en mesurant les limites du dessin dans le sens de la hauteur, j’avais relevé 33 centimètres entre les traverses extrêmes de nos deux croix patriarcales, c’est-à-dire entre les deux points les plus éloignés mesurables avec précision (les extrémités de l’axe médian pouvant avoir pâti d’une impression imparfaite, ou même avoir subi un léger effacement dû à l’usage).

Ainsi, les valeur latérales de 11 millimètres, relevées aux côtés des « méridiens », entrèrent facilement en relation dans mon esprit avec celle de la hauteur : 33 centimètres. Il était clair que la carte était conçue sur un mode ternaire, pour ne pas dire trinitaire. Que penser en effet du nombre 33 dans pareil contexte religieux ? L’auteur principal de ce document étant un prêtre du XIXème siècle, on pouvait être assuré que le choix d’une telle mesure ne répondait pas qu’à des impératifs arithmétiques ou géométriques. L’usage d’une symbolique christique était confirmé (car il y avait d’abord les croix) et, mieux, les trois tiers de ce 33 pouvaient pareillement figurer la Trinité dans l’Unité…

Il restait à contrôler que les trois zones ainsi délimitées en hauteur bénéficiaient de certaines confirmations graphiques, comme toujours. La vérification fut une fois encore positive, puisqu’en partant du Sud le trait horizontal situé 11 centimètres plus haut que la croix double traversait exactement deux points précis : d’abord la petite croix rouge tracée au Serbairou, pas très loin du fameux « dolmen », ensuite le croisement entre un chemin et un ruisseau, sous l’inscription « Mon Gauloise ».

Deux choses étaient à remarquer encore. Il n’était pas anodin sans doute que la hauteur moyenne des lettres du titre fut également de 11 millimètres, cette partie supérieure clôturant une sorte d’encadrement partiel. D’autre part enfin, du haut vers le bas, une différence de 3 millimètres avait été relevée dans l’écart entre l’axe médian et le « Méridien de Boudet », contraint dans son parcours par la position de ses points d’accroche. Cette différence s’était naturellement communiquée à son jumeau parallèle. Sans préjuger de la signification à y donner, on se devait peut-être d’observer qu’un millimètre d’écart s’ajoutait ainsi à peu près tous les 11 centimètres.

Au fil des observations se reconstruisait ainsi peu à peu la structure non apparente de cette carte surprenante. Les bases discrètes et utiles, le cadre sûr, qu’il convenait d’utiliser ensuite en d’autres recherches et, peut-être, propres à conduire vers de nouvelles découvertes…


Le “R” de Rennes sur la carte de Boudet

Le moment était venu de poursuivre l’examen de la carte pour tenter d’apercevoir ce qu’elle pouvait nous suggérer comme autres tracés. Par souci de finition, je marquai tout d’abord les droites horizontales prolongeant les traverses de nos deux croix doubles et j’observai à cette occasion une différence d’un millimètre entre les traverses de la croix double supérieure et celles de la croix double inférieure. Deux croix, deux mesures… sur la carte de Boudet !

Tout ayant commencé par le « R » du titre (relire la première partie), première lettre du mot« RENNES », je décidai de m’intéresser à cet endroit. La lettre « R », outre le fait qu’elle avait été désignée par Poussin dans ses « Pasteurs d’Arcadie », semblait un des pivots du système. Ainsi était-elle en TETE du titre et de la carte, constituait-elle la TETE du Méridien de Boudet et, chose moins apparente, induisait-elle l’idée de « TETE » par l’hébreu !

-III-

Il me semblait avoir ainsi posé les bases structurelles imaginées par l’auteur, sensées permettre une évolution sécurisée, ébauche d’un canevas demeurant encore imperceptible. Un palier était nécessaire, pour résumer et réfléchir.

Il y avait eu l’axe médian, dont la longueur de 33 centimètres dénonçait, avec les croix, l’usage d’une symbolique christique, mais conduisait aussi sûrement à l’Homme puisque cette « colonne vertébral e» de la carte comptait, comme chez l’être humain, 33 vertèbres ! Après tout, entre le Christ et l’Homme, par le « Filius Hominis » que l’abbé mentionnait une seule fois dans LVLC (p.234), il n’y avait qu’un pas et semblable analogie numérique n’avait pas dû échapper au jeune Henri Boudet, initialement attiré dit-on par les sciences médicales.

Etaient apparus ensuite deux « méridiens », se répondant de part et d’autre de l’axe médian crucifère, tels des larrons équilibrant l’espace depuis un pseudo « M.600 » jusqu’à son alter ego, le « Méridien de Boudet ».

S’était imposé bientôt le dédoublement de ces derniers en usant du réglet que constituait le titre et selon une mesure-clé livrée par l’abbé : le nombre 11. De cet inattendu cadre discret, il fallait encore découvrir le rôle exact.

Etait intervenue enfin la délimitation en trois zones horizontales, suivant la même clé, dessinant une carte ternaire, voire trinitaire.

Curieuse redondance que ces croix doubles, ces doubles méridiens, ce nombre 33 (dédoublement de 3), rappelant l’âge du Crucifié avec, pour finir, cette implicite Trinité divine. Pas si implicite que cela en fait puisque la notion de Trinité était évoquée sans ambages dans LVLC, précisément en page 33 !

« (p.33) exprimait la trinité des personnes dans l’unité divine. »

Le chercheur Thierry Espalion avait estimé un jour que le contenu d’une page pouvait être lié à son numéro. J’en étais moi-même convaincu car, dans le cas présent, n’était-ce pas assez nous suggérer que la grandeur « 33 » exprimait bien cette trinité et que le nombre 11 en constituait dès lors la composante essentielle ? Il était peut-être utile de remarquer d’ailleurs que « 11 » était lui-même le fruit d’un dédoublement puisque composé de deux unités ou deux fois le chiffre 1… A vrai dire, l’abbé semblait conforter cette observation en terminant comme suit cette même feuille, usant d’une habile mise en page : « les quatre lettres formant le nom divin, c’est-à-dire deux ». Autrement dit, les quatre lettres du mot « d-e-u-x » formaient le nom de Dieu, c’est-à-dire qu’elles devaient s’entendre comme le latin « d-e-u-s »! Or si Dieu était égal à deus et que deus fût l’équivalent de « deux », alors « deux » représentait bien Dieu. Par voie de conséquence le nombre 11, tout autant composé de deux unités que nanti indifféremment de quatre lettres, qu’il fût « onze », « deux » ou « deus », symbolisait ni plus ni moins une entité divine… En outre, sa qualité de « double unité » et sa fonction de composante de la trinité exprimée par « 33 » en faisait derechef le symbole du Fils, doté comme l’on sait d’une double nature, humaine et divine !!! Extraordinaires échos en vérité et tourbillonnant usage des nombres…

Bien entendu ce passage de LVLC se poursuivait en page 34 et certainement d’autres choses seraient à examiner. Je notai toutefois que notre abbé incluait bien, dans son « épellation celtique » du Jehova hébreu deux « I », correspondant selon lui aux « Je » et» Vous » anglo-saxons… Et je songeai pareillement au fait qu’il n’avait pu échapper non plus à Boudet que les graphies du onze (11) et du deux romain (II) pouvaient aisément se confondre…

Le moment était venu de poursuivre l’examen de la carte pour tenter d’apercevoir ce qu’elle pouvait nous suggérer comme autres tracés. Par souci de finition, je marquai tout d’abord les droites horizontales prolongeant les traverses de nos deux croix doubles et j’observai à cette occasion une différence d’un millimètre entre les traverses de la croix double supérieure et celles de la croix double inférieure. Deux croix, deux mesures… sur la carte de Boudet.

Mise à jour 30 aout 2019, Lucain ©

Lire une autre étude de Lucain et de François Pous : Saunière-Giscard : construction d’un mythe !

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