Croux sa seigneurie son histoire ses légendes

Mur de la chapelle de Croux
Mur de la chapelle de Croux – Johan Netchacovitch ©

Les origines du hameau de Croux

Peu de sources historiques apportent des précisions sur les origines du hameau de Croux, dépendant aujourd’hui de la commune d’Antugnac, dans l’Aude.

L’historien Fonds-Lamothe attribue, sans citer ses sources, la propriété du territoire de Croux et de son Eglise Sainte Croix à l’abbaye de Saint Polycarpe (1), dès le IXe siècle. Cette affirmation semble reposer sur l’existence d’anciennes chartes que nous indiquons en raison de leur importance, tout en émettant une réserve sur le risque de confusion avec d’autres lieux, également baptisés Sainte Croix, dans le Razès et dans l’ancien diocèse d’Alet.

Tout d’abord, la charte du roi Carloman (2) qui, le 23 mai 881, fait une donation de Sancta Cruce dans le pays de Razès (in pago Redensi) à l’abbaye de Saint Polycarpe. De même, une autre charte du roi Eudes (3) qui en l’an 889 accorde en faveur de cette abbaye des droits et des et terres dont Sanctam Crucem. Un diplôme du roi Radulphe (4) attribue en 931, en faveur de l’abbaye de Montolieu le village de Sainte Croix (in comitatu redense villa Garmacia cum ecclesia ; alia villa sancti Johannis et Sancte Crucis ;…).

Les sources évoquent également une charte de 1082 (5) que Bernard-Aton, vicomte de Carcassonne et de Béziers, fait des donations à l’abbaye de Saint Polycarpe avec notamment la villam de Sancta Cruce. Croux semble cité, de façon certaine par rapport aux chartes référencées ci-dessus, dans un document de l’an 10046, au sujet de la cession d’un alleu, au territoire d’Antugnac, au prieuré de saint Pierre de Niort, par Oton de Niort et son épouse Ermetrude, avec leur fils Bernat. Cet alleu est décrit comme ayant pour confront la tenure de Montazels, d’Espéraza et le fief de Croux ou de Pradelles.

En raison de l’incertitude de ces sources anciennes, c’est tout naturellement vers l’archéologie et l’étude « architecturale » du site de Croux que nous nous sommes tournés pour établir cet exposé. Etant précisé, d’ors et déjà, que l’histoire de Croux remonte antérieurement à l’édification de son « église Sainte Croix » et de son « fort ». De simples travaux sur le site ont mis à jour de nombreux fragments de tegulae (tuiles romaines) ainsi que de dolium (jarres antiques) qui attestent par leur présence un habitat gallo-romain. Les environs de Croux révèlent également des vestiges de cette période en grand nombre ; c’est le cas sur les lieux dits de la Borde, de Pradelles et de la Bordette où furent découvertes des poteries et des pièces de monnaies. Les éléments découverts n’ont pas, à notre connaissance, été répertoriés et n’ont pas fait l’objet d’une étude ou d’une publication.

Sondages archéologiques à Croux

Les sondages archéologiques et les études de terrain menés à Croux, au cours de l’été 2013 (7), nous permettent d’attester de l’existence de plusieurs types de vestiges remarquables. Il existe, tout d’abord les traces d’une fortification, au lieu dit le fort (ou castrum) consistant à une double, voire triple enceinte autour de l’ancien village. On peut ensuite admirer les murailles imposantes d’une église romane remaniée à plusieurs reprises, entre le Xe et le XIIIe et brulée pendant les guerres de religion. Cette église de Sainte Croix fut édifiée sur les fondations d’une chapelle préromane de tradition wisigothique, laquelle se caractérise notamment, à Croux, par la présence d’un choeur fermé par un arc outrepassé (8). A ce jour, il n’est pas exclu de penser que l’église romane tout comme la chapelle préromane aient été construites à l’emplacement d’un temple « antique ». En effet, les travaux dans l’église ont mis à jour les bases d’un pilier qui serait sans lien avec les fondations de l’église et de la chapelle, et pourrait donc appartenir à une troisième structure architecturale (type fanum).

L’existence d’un ancien cimetière dit wisigoth, en contrebas de la localité, où furent trouvés des croix et des sarcophages pourraient dater de la même période (antérieure au IXe siècle). Cet exposé a pour objet de parcourir l’histoire de Croux sur une période de l’an mil à la révolution française. Nous ferons état, dans un premier temps, de l’aspect architectural du site, puis, grâce à de lapidaires informations écrites qui nous sont parvenues, nous tenterons de reconstituer l’histoire seigneuriale du village.

Mur en arêtes de poisson
Mur en arêtes de poisson – Johan Netchacovitch ©

Les origines du fort de Croux : l’espace sacré d’un enclos ecclésial (du Xe au XIIIe siècle)

D’après Dominique Baudreu (9), historien et archéologue, les abbayes bénédictines de la région, Saint Polycarpe, Notre Dame d’Alet, tout comme l’abbaye de La Grasse ont joué un rôle indéniable dans l’apparition des villages du Razès et notamment dans la naissance, aux alentours de l’an Mil, des villages dits ecclésiaux, par opposition, de façon générale, aux villages dits castraux apparaissant plus tardivement, vers le XIIe siècle.

Les villages d’Eglise se caractérisent naturellement, à l’origine, par l’absence de château qui semble avoir été toujours implantés dans un second temps. Les études sur le sujet (10) nous éclairent sur leurs caractéristiques et sur la compréhension du site de Croux qui apparaît comme un village ecclésial enclos. En effet, l’église de Croux, d’architecture romane (11), a une position centrale et culminante, au coeur de la partie fortifiée constituée de maisons d’habitation et de granges. Le tracé de sa fortification prend la forme d’un quadrilatère irrégulier, constitué de deux enceintes et même d’une troisième sur la partie construite sur le versant nord.

Le fort a une surface d’environ 2 300 m2 et ses murailles sont édifiées dans un rayon théorique de trente pas autour de l’église Sainte Croix. Dans cet espace sacré, ainsi créé, pouvait s’appliquer le droit d’asile qui fut, comme le souligne Dominique Baudreu, particulièrement remis à l’honneur dans le contexte de « la Paix et de la trêve de Dieu » vers l’an Mil.

Cette aire de protection est délimitée à Croux par des murailles, dont les fondations sont encore visibles aujourd’hui, et probablement par des fossés qui pouvaient exister à l’emplacement même de l’actuelle rue. L’enclos ecclésial de Croux renfermait un habitat groupé, constitué de maisons encore existantes pour certaines (face sud) et probablement d’un cimetière qui, de façon générale, à cette période-là, jouxte l’église. De simples travaux ont mis à jour des ossements épars sur la partie sud de l’église.

Croux, village fortifié, perdurera, avec certains aménagements, jusqu’au XVIIIe siècle, période à compter de laquelle les murailles non entretenues et très endommagées lors des guerres de religion, seront démolies.

Choeur de la chapelle de Croux
Choeur de la chapelle de Croux – Johan Netchacovitch ©

Le fort de Croux : village fortifié ou château (du XIIIe au XVIIIe siècle)

A compter de la croisade contre « les albigeois », un nouveau découpage territorial (12) est intervenu et a permis d’attribuer les villages et seigneuries du Razès aux seigneurs vainqueurs, au détriment des seigneurs locaux dits « faydits », quelquefois au détriment des possessions ecclésiastiques, comme le mentionne Louis Fédié dans son livre « Le Comté de Razès et le diocèse d’Alet ». D’après cet auteur, le territoire de l’abbaye d’Alet aurait été considérablement amoindri à cette époque-là.

La période seigneuriale qui suivra la domination temporelle des abbayes maintiendra, non seulement l’aspect fortifié de ces villages, mais poursuivra l’édification des systèmes défensifs et la construction de châteaux. Les fortifications étaient nécessaires en raison des troubles et des guerres qui sévissaient dans le pays sur toute la fin du Moyen-âge. Le village de Croux restera fortifié comme il est mentionné dans les documents d’archives cités ci-dessous. Il semble toutefois que ces fortifications ne furent pas suffisantes pour la défense du site, notamment lors de l’attaque huguenote au cours de laquelle l’église Sainte Croix et le village furent incendiés, et les habitants massacrés (13).

A l’inverse de certains sites, il ne semble pas que Croux ait donc eu un rôle défensif quelconque en raison de son isolement et du faible intérêt tant sur le plan économique ou militaire. Il est question du « castrum de cruse » en 1319 (14) mais également du « château de Croux » (15). En effet, divers actes de dénombrements de terres et de serments de fidélités prêtés au roi de France, sont collationnés dans un manuscrit conservé aux archives départementales de Carcassonne. L’un de ces actes nous donne l’information suivante : Noble Raymond Arquier d’Alet déclare tenir du roi en 1351, selon la coutume de France, la moitié d’un château à la ville de Croux. En 1389, ce personnage fera le dénombrement de la moitié du « château sine ville de Croux » (16). La mention de « château » semble ici être un synonyme des termes de « castrum » et de « fort ». La mention de « fort » sera utilisée à Croux jusqu’au XVIIIe dans les compoix (17), lesquels donnent la description des « jardins du fort » et des « maisons et cazals du fort ».

Les recherches effectuées n’ont pu déterminer si un château flanqué de tours ou un donjon avait été construit en ce lieu, même si les ruines de bâtisses sont nombreuses sur le site. Il est possible qu’une habitation du fort ait été réservée aux baillis ou bayle des seigneurs de Croux (18), ces derniers ne vivant pas à Croux.

La présence de l’enceinte, abritant conjointement l’église et les habitations, est encore visible sur le secteur nord et ouest de l’église. La configuration des lieux laisse supposer qu’il existait deux portes, à chaque extrémité (Ouest et Est) du village, pour fermer « la ville ». Celle située à l’Ouest prendrait appui sur le mur actuel de la maison jouxtant l’église.

A l’instar des sites haut perchés, le terrain fit l’objet de plusieurs aménagements en raison de contraintes topographique structurant l’espace bâti et cultivable. Aucun espace bâti, hormis l’enceinte et l’église, ne nous est parvenu, ce qui constitue une lacune majeure dans le cadre interprétatif de l’évolution de l’occupation du sol durant le Moyen-âge.

Les compoix de Croux précités (19), du XVIIe et XVIIIe siècle, livrent des informations relatives au village qui se serait développé hors des murs, sous le nom de « barry d’availh » ou « barry d’amount ». Cette subdivision permet de distinguer la partie habitable intra muros formée du fort et de l’église, de la partie « extra muros », le quartier du bas (les jardins avec les Cazals) et le quartier du haut vers la chapelle. Cette chapelle, également consacrée à la Sainte Croix, deuxième édifice religieux de la localité, édifiée à l’extrémité Est du hameau, est mentionnée pour la première fois dans le compoix de Croux de 1656. Elle fera longtemps l’objet d’une procession qui avait lieu chaque année le 3 mai, jour de l’invention de la Sainte Croix (20).

Le cimetière situé extra muros, est éloigné d’une centaine de mètres en contrebas des murailles. De cette nécropole, subsistent aujourd’hui deux croix et deux sarcophages donnant l’éponyme, Crux, Cruce, Crotz, Croux. Comme il est fréquent de le constater de nombreuses légendes subsistent sur le « village des croix » qui est devenu le « village des croisés », des templiers ou moines soldats. Les archives consultées n’ont pas révélé la présence de ses derniers.

Sous-sol du choeur de la chapelle de Croux
Différents niveaux du choeur – Johan Netchacovitch ©

Croux, fiefs et seigneurie

Il semble que les premiers occupants aient choisi l’emplacement actuel de Croux en raison de sa position dominante, facilitant la défense et la surveillance d’Est en Ouest de la vallée du Croux (nom du petit cours d’eau en contrebas qui se jette dans l’Aude). Croux s’élève sur cet axe, reliant Bugarach, Rennes-le-Château (Rhedae), Antugnac, La Serpent, Bouriège.

D’après l’historien local Louis Fédié (21), les villages de Festes, La Serpent, Antugnac, Croux, Rouvenac, Campagne, Nébias, Coudons et Ginoles, sur la rive gauche de l’Aude, composaient, avant l’an mil le fief ecclésiastique de l’archevêché de Narbonne. De manière générale le Razès (22) proprement dit constitua, dès le début du VIIe siècle, l’un des quatre archidiaconés du diocèse de Narbonne (23) qui fut divisé plus tard en Haut et Bas Razès, « Reddesiums uperius, Reddesium inferius ».

Selon l’historien Bonnery, il semblerait qu’a la fin du Xe siècle, le Haut Razès, Fenouillèdes, Capcir, Sault et Donazan, passent sous domination des comtes de Cerdagne et de Besalu à la suite de l’affrontement armé provoqué par Le comte Oliba de Cerdagne contre le comte Roger de Carcassonne, en 981, près de l’abbaye de Saint-Hilaire, en Carcasses. Cet évènement eut pour conséquence la partition du Razès, ou, du moins, la reconnaissance officielle d’un état de fait (24). A partir de cette date, les territoires du sud du comté (Fenouillèdes, le Peyrepertusès, Le Capcir, le Donazan et Sault) relèvent des comtes de Cerdagne-Besalu qui y interviennent comme souverains légitimes. Plus tard enfin, le comté de Razès devint l’apanage de la branche cadette des vicomtes de Trencavel de Carcassonne non sans susciter des querelles entre le comte de Barcelone et le comte de Foix.

Vers 1211, à la suite de la bataille de Couiza (25) et de la victoire des Croisés de Simon de Montfort sur les chevaliers méridionaux, tous les châteaux et villages du Rhedesium furent confisqués pour crime d’hérésie. Cette confiscation visait en premier lieu les biens de la célèbre famille d’Aniort et leur parenté, les seigneurs « faydits » du Pays de Sault et du comté de Razès.

Un fait important relate que les armées du roi de France intervinrent en Peyrepertusès et Fenouillèdes, alors qu’elles ne pénétrèrent pas sur les autres terres de la couronne d’Aragon, héritière des comtes catalans. En effet, ces deux régions étaient considérées comme relevant, en droit, d’un seigneur languedocien, et surtout, qu’elles étaient sous la juridiction ecclésiastique de l’archevêque de Narbonne. Ainsi les événements consécutifs aux deux Croisades menées contre les Albigeois du Languedoc, amenèrent une nouvelle partition du Razès, lieu de rencontre et de conflits (26).

Le roi louis VIII, maître du Rhedesium, attribua alors, par une charte de 1231 (27), à Pierre de Voisins, principal lieutenant de Simon de Montfort, les châteaux et villages qui composaient ce fief. Cette charte de grande importance cite ainsi les châteaux et villages dévolus au nouveau seigneur, dont Croux. « Villam de Cruce pro tallia VIII hominum pour LX sols » (Village de Croix ou Croux pour le taillable de 8 hommes).

A la suite de l’attribution de la terre de Croux à Pierre de Voisins en 1231 (28), nous apprenons à la lecture de certains documents et notamment des actes de dénombrements et de serments précités, que la seigneurie de Croux est morcelée, en plusieurs fiefs.

Noble Ramond Arquier dénombre la moitié du château de Croux (29) à la fin du XIVe siècle. A la même période, Noble Guillaume Martin (30) déclare tenir du roi en 1372, un fief à Croux d’une censive annuelle de 12 L. Ces reconnaissances de fiefs au Roi de France supposent que ce dernier a la propriété imminente des lieux et est donc le seigneur direct de Croux. Un dénombrement est fait en 1393 (31) par Jean Gasset, donataire de Barthélémy Martin, pour le quart de la seigneurie de Rouvenac et pour le fief « par le dit Martin possédés au dit Rouvenac, Fa et Sainte Croix (Croux), viguerie de Limoux ».

En 1503 (32), François, Pierre et Antoine D’Ax seigneurs de La Serpent dénombrent un fief à Croux. Un acte remarquable du 16 juin 1570 (33) mentionne une transaction sur les limites des seigneuries d’Antugnac et de Croux qui réunit les seigneurs concernés : noble Jean De Couderc seigneur d’Antugnac, noble Pierre D’Ax seigneur de La Serpent et messire Guillaume Vicomte de Joyeuse, chevalier de l’ordre du Roy, seigneur moyen et bas de la terre et juridiction de Crotz.

Croux est, comme nous l’avons vu, depuis 1231 (34), un des villages de la seigneurie de Couiza et d’Arques dont les Voisins sont les puissants seigneurs. Guillaume de Joyeuse (1520-1592) a hérité de cette seigneurie de sa mère Françoise De Voisins. Sa petite-fille Catherine-Henriette, Duchesse de Joyeuse et épouse de Charles De Lorraine 4e Duc de Guise cèdera la baronnie de Couiza au marquis Claude de Rébé en 1648 (35). Il ne semble pas que la seigneurie de Croux qui en dépendait, ait été vendue au sieur de Rébé, celle-ci avait, en effet, échu à l’évêché d’Alet à une date qui nous est inconnue.

Un acte notarié du 25/06/1672 (36) nous apprend que la seigneurie était détenue par le diocèse d’Alet qui avait subrogé dans ses droits le Chapitre d’Alet lequel avait racheté le fief et la seigneurie du dit lieu pour 2000 livres. En raison du coût exorbitant des dépenses d’entretien du bâti et de mise en culture, le Chapitre cédera les terres de la seigneurie de Croux à Jean Fabié (37), économe et collecteur de l’Evêque Nicolas Pavillon. Les chanoines du chapitre d’Alet, seigneurs directs de Croux, ne conserveront que les droits seigneuriaux, jusqu’à la révolution (38).

Le fort de Croux et les guerres de religion

Le 27 février 1573 (39), après la prise du village de Rouvenac et une attaque d’Alet, les huguenots se rabattront sur Antugnac (40), puis sur Croux et les fermes environnantes de Caïrac et de Mournac. Mal défendus, l’Eglise et le fort de Croux, seront pillés et incendiés. Des habitants seront massacrés, d’autres fuiront vers les localités voisines (41). L’état de désolation et de ruine de la localité est rapporté dans les recherches sur l’ancien diocèse d’Alet de 1594 (42). La seigneurie est totalement ruinée, voire abandonnée (43).

Un boulet de canon (malheureusement dérobé aujourd’hui) découvert dans l’ancien fort témoignait de cette violence. Les vestiges de l’église conserveront à tout jamais les stigmates du feu ; la pierre éclatée a pris les couleurs vives de la brique. Les sondages archéologiques réalisés dans l’église Sainte Croix, au cours de l’été 2013, ont permis, entre autres découvertes, d’atteindre cette couche d’incendie, au niveau de l’ancien dallage, qui se caractérisait par la présence des poutres du toit calcinées, de mobiliers divers, de tuiles et des ferrures de la porte de l’église, laquelle avait dû être jetée dans les flammes pour alimenter le feu.

Un blason ou méreau de bronze de 10 centimètres de diamètre a été retiré de la couche charbonneuse ; les motifs représentés au sein d’un trilobe, dont une lettre qui pourrait être hébraïque, n’ont à ce jour permis d’identifier son propriétaire originel.

Après la révolution française

La révolution mit un terme à la seigneurie de Croux qui, dès 1791 (44) deviendra un hameau dépendant de la commune d’Antugnac comme l’indique un acte de délibération de la mairie d’Antugnac qui mentionne qu’après enquête les habitants de Croux, en raison « d’une intimité et communauté d’intérêt » préfèrent être rattachés à la commune d’Antugnac, plutôt qu’à celle de La Serpent.

Jamais plus de 8 à 10 familles ne vécurent en ces lieux difficiles et arides ; l’eau utilisée pour la consommation des hommes et des bêtes ne provenait que des puits (une dizaine au total).

L’Abbé Bérenger Saunière, curé de Rennes-le-Château, desservant la paroisse d’Antugnac en 1891, rapporte dans son livre « Mon enseignement à Antugnac », le succès que pouvait avoir la procession qui était effectuée entre le village et la Chapelle de Croux. Cette procession démarrait de l’Eglise Saint André d’Antugnac avec une halte devant le Christ au Sacré Coeur. Tout au long de cette marche, sur un sentier abrupt, étaient invoqués les saints protecteurs contre les ravages de la grêle.

Mises à jour 20 novembre 2021 et 5 juillet 2016, 18 aout 2015, R. Durand-Burgat ©

PS : Le site se trouve sur une propriété privée (NDLR) !


1 AD Aude Fonds Lamothe
2 Histoire Générale du Languedoc – Dom Vic et Vaissette tome V p.67
3 Histoire Générale du Languedoc – Dom Vic et Vaissette tome V p.79
4 Recueil des historiens des Gaules et de la France – la Congrégation de St Maur p.576
5 Histoire Générale du Languedoc – Dom Vic et Vaissette tome V p.675
6 Médiathèque municipale de Narbonne, Ms 314, vol. III, fol. 366
7 Bulletin de la Société Scientifique de l’Aude – Tome CXIII – 2013 Guillaume Roquefort, archéologue
8 Bulletin de la Société Scientifique de l’Aude – Tome CXIII – 2013 Guillaume Roquefort, archéologue
9 L’habitat médiéval en Bas Razès (Aude),IXè-Xè siècle D Baudreu
10 Morphogèse du village médiéval (IX-XIIè siècles) actes de la table ronde de Montpellier, février 1993
11 Recherches archéologiques à Croux, Guillaume Roquefort 2013
12 Histoire Générale du Languedoc – Dom Vic et Vaissette
13 Docteur Jean Prouzet, Les guerres de religion dans les pays d’Aude (Toulouse, chez l’auteur, 1975)
14 Archives Aude, E, non inventorié
15 AD de l’Aude manuscrits MS 87, f.56
16 AD de l’Aude manuscrits MS 87, f.56
17 Compoix de Croux 1656 AD de l’Aude 73C8, et compoix de 1734 conservé à la mairie d’Antugnac
18 AD Aude, cote 66j85, actes divers sur la seigneurie d’Antugnac
19 Compoix de Croux de 1656 AD de l’Aude 73C8, et compoix de 1734 conservé à la mairie d’Antugnac
20 « Mon enseignement à Antugnac » de l’abbé Béranger Saunière – procession à Croux de 1891
21 Membre de l’Académie des arts et sciences de Carcassonne. Conseiller général de l’Aude (1848-1852). Licencié en droit. Il a consacré une partie de ses travaux au Razès.
22 Bonnery livre un certain nombre d’indices sur les paroisses constituant le Haut-Razès grâce à un acte (bibliothèque de Carpentras), sans doute postérieur à l’érection du diocèse d’Alet (1318). Il mentionne les paroisses qui relèvent de
l’archidiacre de Razès, qu’elles soient, indifféremment, du diocèse de Narbonne ou de celui d’Alet. Nous ne citerons pas celles du pays de Sault, Donazan et Capcir : Alet, Antugnac, Arques, Le Bhu, Bourigeole Brenac, Bugarach, Campaglie, Conilhac, Couiza, Coumanael, Coustossa, Espéraza, Fa, Ginoles, Laval, Luc, Montazels, Nébias, Quillan, Rennes-le-Chateau (Redda), Rennes-les-Bains (Les Bains de Montferran) Roquetaillade, Rouvenac, Saint-Ferréol, Saint-Julia, Saint-Just, Saint-Louis, La Serpent, Serres, Terroles, Vendemies, Véraza. Bonnery, 2000, p. 91
23 Griffe, E. Études d’histoire audoise, p 89.
24 « On apprend qu’Oliba envahit les territoires dépendant de Roger et parvint presque sous les murs de Carcassonne. Au terme d’un combat dont l’heureuse issue est attribuée, par Roger, à l’intervention du bienheureux Hilaire, Oliba se retira ». Bonnery, ibidem
25 Louis Fédié, Le comté de Razès et le diocèse d’Alet, 1880
26 Bonnery, id
27 Histoire Générale du Languedoc, Dom Vic et Vaissette
28 Histoire Générale du Languedoc, Dom Vic et Vaissette, id
29 AD de l’Aude manuscrits MS 87
30 AD de l’Aude manuscrits MS 87
31 AD de l’Aude manuscrits MS 87
32 AD de l’Aude manuscrits MS 87
33 AD de l’Aude cote 66J 33 parchemin de 1570
34 Histoire Générale du Languedoc, Dom Vic et Vaissette, id
35 André MARCEL : « Une ville… un canton », éditeur Fondation ville de Couiza,1989
36 AD de l’Aude cote 3E2047, notaire Lanabière d’Alet
37 Id.
38 AD de l’Aude, acte notarié du 24/06/1710, cote 3E2067, notaire Fromilhague d’Alet
39 La date du 27 février est donnée dans Ad. Hérault, B.6, n°22363, dommages dans le diocèse d’Alet
40 Une inscription sur les livres paroissiaux d’Antugnac du XVIIe siècle conservés à la mairie d’Antugnac mentionne la date du 19 février 1580.
41 Docteur Jean Prouzet, Les guerres de religion dans les pays d’Aude (Toulouse, chez l’auteur, 1975)
42 AD de l’Aude, Recherches sur l’ancien diocèse
43 AD Hérault, B6, n°22363, ADA, XXIII, C.4
44 Actes de délibérations de la mairie d’Antugnac de 1791 et 1792 conservés à la mairie


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