Château de Rennes-le-Château visites nocturnes : reportage

Visites nocturnes du château de Rennes-le-Château

Présentation de la visite du château de Rennes-le-Château

“La visite guidée du château, jusqu’à présent fermé au public, vous est proposée en exclusivité par votre guide, Stéphanie. Ce château de style renaissance datant du 13e siècle fut remanié au 16e siècle. Toutefois certaines parties de l’édifice sont bien plus anciennes.

Ange de la chapelle du château de Rennes le Chateau
Inédit : Ange de la chapelle du château de Rennes-le-Château – Johan Netchacovitch ©

Intimement lié au secret de la crypte de l’église, ce château abrite de nombreuses merveilles et curiosités. Des mystères de sa tour ronde, en passant par la salle wisigothique où se déroulaient les banquets, la pièce Charlemagne, les appartements de François d’Hautpoul et de Marie de Nègre d’Ables, un musée des curiosités abritant une véritable relique, ou la chapelle, vous découvrirez l’histoire de ses souterrains et tenterez de percer le secret de la seigneuresse Marie de Nègre d’Ables, dont la tombe codée dans le cimetière a fait couler beaucoup d’encre…”

Reportage sur les animations du 7 aout

Apéritif celtique

Dès 19h30, les châtelains, Marie et Gérald, accueillaient leurs hôtes avec un apéritif celtique concocté par la maitresse des lieux : l’hypocras à base de vin, sucré et aromatisé aux épices ! A découvrir ! L’ambiance conviviale était propice à des échanges anticipant déjà les futures animations.

Apéritif au château de Rennes-le-Château

Concert de handpan par Thierry Bleton

Ensuite, le musicien Thierry Bleton a entrainé le nombreux public dans des voyages sonores dans un lieu prestigieux du château, la salle wisigothique !

Concert de handpan dans la salle wisigothique du château de Rennes-le-Château

Musicien dès l’enfance et joueur de handpan depuis plusieurs années, il a conquis le public par ses voyages qui sont une parenthèse dans un quotidien parfois obscurci par les contraintes. Un moment de pause du mental porteur de calme et sérénité. Le son, mais également les vibrations des handpans offrent une entrée en douceur dans la détente. Nul besoin de connaissances particulières, il suffit juste de se laisser bercer par les ondes sonores !

Le public entra aisément en harmonie avec ces sonorités métalliques très douces aux résonances envoutantes, d’autant mieux que l’artiste évoquait son processus créatif et l’histoire de ses différentes compositions.

Pour découvrir plus en détail Thierry Bleton, écouter ses enregistrements, les commander, et connaitre ses formations et actualité, son site est accessible via ce lien !

Visite guidée nocturne du château

Marie, Gérald et Stéphanie Buttegeg ont guidé ensuite les visiteurs à travers les différentes pièces du château (lire la description ci-dessus). Stéphanie, guide professionnelle, assure les visites guidées du château, de l’église du village et propose de nombreuses autres animations à découvrir ici !

Cour d'honneur du château de Rennes-le-Château
Cour d’honneur du château – Johan Netchacovitch ©

Puits du château – Johan Netchacovitch ©

Un exemple du musée des curiosités des précédents propriétaires, les Fatin – Johan Netchacovitch ©

Nous vous laissons le plaisir de découvrir lors de votre visite, notamment celle de la nocturne du 15 aout 2022, la pièce Charlemagne, les appartements de François d’Hautpoul et de Marie de Nègre d’Ables, le musée des curiosités en totalité, le lit de Marie de Nègre d’Ables aux blasons insolites et… la chapelle !!!

11 aout 2022, Johan Netchacovitch ©

Dimanches 7 & 15 aout EXCEPTIONNEL !

Rennes-le-Château de 19h30 à 22h30 : visite guidée du château de Rennes-le-Château EN NOCTURNE cet été : les 7 et 15 août à 21h30 et, avant la visite, à 20h30, Thierry Bleton fera un concert de handpan au château aussi, “Voyage intérieur au-delà du son”. Tarif 20 € sur réservation au 06 72 73 81 20.
A 19h30, apéritif médiéval en option à 3 €. Organisation de Légendes d’Oc !
Vu l’heure des animations, le parking est gratuit 🙂 !

Visite guidées du château de Rennes-le-Château en nocturne par Légendes d'Oc !

Découvrir les autres visites guidées et jeux de Légendes d’Oc !


Contribution pour servir à la mémoire historique du Château de Rennes-le-Château nommé (fort justement) château d’Hautpoul

D’anciens châteaux de Rennes-le-Château

La construction de l’actuel château ne peut être discutée hors d’un contexte plus général concernant l’ensemble du village actuel de Rennes-le-Château.
En effet, pour la majorité des historiens, professionnels ou amateurs qui se sont penchés sur l’Histoire du village, il y a des probabilités fortes (donc proches de certitudes) pour qu’aient existé jadis, et antérieurement à l’actuel château, deux autres hypothèses comprenant deux bâtiments de cette nature.

Château de Rennes-le-Château
Château de Rennes-le-Château – Johan Netchacovitch ©

Première hypothèse

L’un d’eux à l’Est de RLC est nommé « Castel valent » dans plusieurs textes. Il avait pour fonction de protéger l’est de l’agglomération. L’autre aurait été situé à l’emplacement le plus logique pour ce type de relief, soit exactement où se trouve le domaine construit par l’Abbé Saunière. Rappelons que lorsque ce dernier envisagea ses constructions, il acheta une immense friche que constituait le haut du village. Dans cette configuration, l’actuelle église paroissiale aurait été la chapelle castrale du château de l’Ouest (ancienne église des comtes carolingiens). Son ancienneté ne contredit pas cette idée. De même, les découvertes effectuées dans le domaine de l’abbé, notamment en 1996, d’anciennes céramiques et autres artéfacts, notamment pour les premières couches datant des IIe et Ier siècles av. J-C.

Deuxième hypothèse

Il aurait existé deux « cités » différentes, l’une située sur l’emplacement du village actuel, une autre s’étendant plus bas jusqu’au plateau du Lauzet. Chacune avec son château (Histoire Générale du Languedoc TIII livre XIV).

Des doutes sur la présence des Wisigoths

Il existe des doutes très sérieux sur la présence même des wisigoths à Rennes-le-Château.
Ces doutes concernent d’ailleurs bien d’autres lieux que Rennes, non pas sur la présence des goths qui ont bien régné sur le royaume de Toulouse (dont une bonne partie de l’Aude actuelle) avec l’accord et l’appui des Romains du dernier empire, mais sur les traces architecturales et constructions quasi inexistantes qu’ils ont laissées. A part quelques pans de murs de deux églises de Toulouse et quelques récentes découvertes de remparts pouvant leur être attribués, seuls quelques rares sarcophages demeurent de leur rapide présence en Occitanie (un peu plus d’un siècle seulement à l’inverse de l’Espagne où ils tiennent un rôle considérable dans le roman national). Leur talent en joaillerie et en matière d’art est en revanche connu et admiré.
Quelques historiens locaux tels que les abbés de Monts et, surtout, l’abbé Mazières ne peuvent être suivis en tout, en raison de leurs affirmations toujours fournies sans aucune preuve à l’appui.
Il en est de même pour Louis Fédié dont on ne peut nier ni « l’amour sincère qu’il portait à son terroir natal ni ses compétences de latiniste » (cf. Jean Fourié in Rennes-le-Château, histoire antérieure à 1789) qui ne donne jamais aucune source. Mieux vaut suivre René Descadeillas, L.H. Fonds-Lamothe (Notice historique sur la ville de Limoux 1838), le chanoine Elie Griffe (Histoire religieuse des anciens pays de l’Aude, 1933), Christian Raynaud et Brigitte Gibrac-Lescure (Recherches archéologiques à Renne-le-Château du VIIIème au XVIème siècles- Mémoire de maitrise d’histoire de l’art, Toulouse le Mirail, 1978) dans leurs propositions concernant l’occupation wisigothe de l’antique Rhedae… dont ne sait pratiquement rien.
Cela même alors que l’ancienneté du site est attestée depuis le néolithique (tombes de La Capello -3000 av JC) et que le site lui-même s’étendait bien au-delà de son aire actuelle lors des âges du bronze et du Fer (C. Raynaud). Par ailleurs le romain et gallo-romain sont attestés partout.

Salle dite wisigothe dans le château de Rennes-le-Château - Johan Netchacovitch ©
Salle dite wisigothe dans le château de Rennes-le-Château – Johan Netchacovitch ©


Pour être très clair, quand de multiples preuves d’habitats sont présentes de toutes les époques (de la Téne III aux temps romains les plus récents), quand la toponymie locale indique à 65% une étymologie celte ou gallo-romaine (excluant donc toute implantation barbare) (cf. C Raynaud in : Rennes-le-Château de Jean Fourié, 1984, p. 31), aucune trace physique de la moindre occupation wisigothe n’est à ce jour relevée. Mentionnons que certaines petites découvertes locales, discrètes et privées peuvent semer un certain doute sur ce point mais en aucun cas au sujet d’un « château wisigoth ».
L’absence de telles traces signifie-t-elle que les wisigoths n’ont jamais été sur l’oppidum de Rhedae ?
Bien sûr que non, mais on n’en sait rien. Cela indique juste qu’on n’a aucune trace ni aucune preuve et que toute affirmation contraire relève de l’hypothèse, du on-dit ou de la croyance pure et simple, répétée et non vérifiée.
Sur la réalité historique incontestable, il y a en revanche des points sur lesquels tout débat est inutile.
Les wisigoths à partir de la bataille de Vouillé en 507 perdent Toulouse et se replient à Tolède qui devient leur capitale. Ils demeurent seulement en Septimanie (qui va devenir la Gothie). Autrement dit, la Narbonnaise wisigothe, dont Rennes-le-Château, est sur la limite ouest de la Septimanie wisigothe et cela jusqu’en 719 où les Arabo-Berbères prennent Narbonne qui devient musulmane (Arbuna) et menacent Toulouse.
Il faut noter que commence alors le règne mérovingien.
Dès 759, Pépin le Bref démarre l’époque carolingienne et Guillaume de Gellone, cousin de Charlemagne, duc d’Aquitaine, comte de Toulouse, futur St Guilhem (abbaye de Gellone, St Guilhem le désert, 34) devient le premier comte du Razès.
Lorsqu’on évoque les « comtes wisigoths » de Rhedae (les Bera 1er, Gaucelme, Argila, Bera II, Miron, Oliba), il faut entendre les comtes « carolingiens » de Carcassonne ou Narbonne d’ascendance occasionnellement et partiellement wisigothe qui avaient prérogative sur le Razès, pas que celui-ci fut « occupé » par les wisigoths qui ne s’aventurèrent que très peu dans les Pyrénées (Mémoire de B. G-Lescure p. 19).
Dès la fin du VIIIe siècle, on ne parle plus alors des wisigoths.
Même la période carolingienne qui leur succédera reste discrète quant aux vestiges qu’on peut lui attribuer avec en tout et pour tout à Rennes (jusqu’à présent) le fameux pilier et la dalle dite des chevaliers.
Cela n’ôte rien à l’importance que joua sans aucun doute Rhedae dans les deux siècles qui suivirent le retrait des Arabes en deçà des Pyrénées. Notons cependant que la mention de Rennes pour la première fois dans le texte de Théodulfe (missi dominici de Charlemagne) n’en fait pas une capitale importante et signalerait plutôt qu’elle était déjà en baisse de notoriété. Son déclin intervenant réellement après 870.
« De 1067 à 1082, les comtés du Razès et de Carcassonne formeront un apanage direct de la maison de Barcelone qui demeurera théoriquement propriétaire jusqu’aux ultimes décades du XIIe siècle » (J. Fourié, op.cit.)

Les châteaux de Rennes

Voir des wisigoths dans l’actuel château est hors sujet et absolument indéfendable du point de vue historique. Cela pour deux raisons :

  • La première tenant à l’absence de témoignage archéologique et écrits de la présence wisigothe dans le secteur (s’il en existe qu’on veuille bien dire où),
  • La seconde tient à l’architecture qui indique clairement que le château actuel est relativement récent et au plus tardif, date du milieu du XVIe siècle. A ce moment-là (1550 ?), les Wisigoths ont disparu depuis quatre siècles !

Néanmoins reconnaissons qu’un faux certificat d’une soi-disant ligue de la librairie ancienne (origine anglaise) existe, tendant à attester la réalité d’une « salle wisigothique » dans l’actuel château d’Hautpoul. Il s’agit d’un canular de plus datant de l’époque des dossiers Lobineau (1963-67) qui ont largement pollué l’histoire locale.
En admettant que les wisigoths aient un jour occupé RLC (il n’y a strictement aucune trace, redisons-le en renvoyant notamment à la carte archéologique de l’Aude, édition 2009, ministères de la Recherche, de la culture et communication et de l’éducation nationale), ils n’auraient pu s’établir que dans l’un des autres châteaux. Soit celui du haut (domaine Saunière) dont il ne reste aucune trace à cause des travaux de l’abbé mais dont les fouilles (non wisigothes bien que très anciennes) de 1996 ont révélé l’occupation des lieux non loin de l’église en particulier, soit dans l’hypothétique château bas du plateau du Lauzet.
René Quéhen et Dominique Dieltens (Les châteaux cathares et les autres,1985) estiment qu’il y a de fortes chances pour que le château primitif ait été situé vers l’actuelle tour de verre dite orangeraie (ancien hôtel de la tour). Le Castel Valent où des restes romains furent trouvés et dont il reste un mur, semblant lui trop antérieur.

Château de Rennes-le-Château, le comtal par Marius et Henri Fatin
Château comtal de Rennes-le-Château par Marius et Henri Fatin – Johan Netchacovitch ©


Dans la chaîne encore mal connue des occupants du château actuel, on sait clairement que lorsque Pierre 1er de Voisins (le premier, car il y eut quatre seigneurs de ce nom), se voit confier le Razès par Simon de Montfort aux assises de Pamiers en 1212, c’était Guillaume d’Assalit qui était viguier de Rennes pour Raymond-Roger Trencavel (1210). Trois ossuaires assez importants en divers lieux proches du village laissent penser à une bataille sans doute sévère, face à l’armée de Pons de Bruyères en route pour prendre Puivert.
Pierre 1er de Voisins s’est trouvé obligé de remettre en état la petite cité de Rennes qui demeurait sous la menace potentielle de l’Aragon alors tout proche (Catalogne-Aragon), et le château dont il hérita ne pouvait être en aucun cas celui que nous avons sous les yeux mais bien celui évoqué par Quéhen et Dieltens.
Le village fut détruit entièrement lors des guerres de religion en 1573, et les Hautpoul qui avaient fui, réintégrèrent leur château à la fin du XVIe siècle (G-Lescure, mémoire cité) et, « aux abords de l’ancien château comtal firent bâtir une autre demeure fortifiée qui subira plusieurs transformations pour devenir le château tel que nous le connaissons actuellement » (J.Fourié, op.cit., p.86). Suivant cette piste, on notera que les archères à mousquets (ouverture carrée ou rondes, donc non à arquebuses, encore moins à flèches) de la tour ronde sur le versant exposé à d’éventuelles attaques pourraient constituer des rajouts effectués lors des attaques espagnoles survenues entre 1589 et 1596. Si l’on pouvait démontrer en revanche qu’elles sont d’origine, elles pourraient bien alors signer l’époque de construction du château actuel.
De même (simple hypothèse), la toiture génoise à quatre rangs – d’introduction très tardive – pourrait signer à la fois l’aisance retrouvée d’une famille d’ancienne noblesse (ce qui était de cas des Hautpoul) et la paix (très) intermittente revenue un temps dans la région.


01 septembre 2021, J-P Monteils ©

Intéressant : le Royaume wisigoth d’Occitanie de Joël Schmidt, éditions Perrin, 2008.


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1 Commentaire

  1. N’oublions pas que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs; par conséquent, l’absence de preuves “wisigothiques” ne signifie pas “la preuve de l’absence”. Les soi-disant “barbares” l’étaient moins que ceux qui ont écrit l’histoire, mais l’inversion accusatoire était déjà de mise à l’époque, sans oublier l’époque des nombreux “réécriveurs” successifs qui ont chaque fois modifié l’histoire, jusqu’à nos jours où wikipédia la modifie encore.

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