Le secret de Mayerling et le Trésor du Razès d’Emmanuel de Careil

Emmanuel de Careil, chercheur – auteur

Entrée en matière

Bonjour Emmanuel de Careil, nous vous remercions d’avoir accepté de répondre aux questions de la GRLC et de l’Aude sur le Trésor du Razès !

Bonjour et ravi de pouvoir contribuer au contenu toujours très instructif de votre magazine que je consulte régulièrement.

Le savoyard curieux et érudit

Pouvez-vous vous présenter à nos internautes.

C’est au fin fond du Royans, magnifique vallée verdoyante au pied du Vercors, que j’ai vu le jour en 1950, mais c’est dans un sympathique village savoyard niché au pied du Mont Blanc, que j’ai grandi dans ce secteur rural privilégié.

Après un parcours scolaire classique, ma vie privée et mon passé professionnel m’ont permis de compléter mes connaissances dans des domaines qui m’intéressaient particulièrement comme l’histoire en général, les sciences au sens large du terme ou encore la psychologie et tout ce qui en découle.

En 1999, une mise en disponibilité fut pour moi l’occasion de mettre par écrit ce que j’avais appris au fil du temps et surtout, de prendre le temps d’effectuer des recherches sur des sujets qui m’ont toujours passionné. Par la suite, l’idée m’est venue de partager mes découvertes avec mon entourage, puis de les faire éditer en les romançant pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient les connaître.

Le virus du Razès

Quand et comment avez-vous découvert le mystère du Razès ?

En 1999, je résidais à cette époque dans les Pyrénées-Orientales, j’avais eu l’occasion de lire plusieurs articles et quelques ouvrages sur Rennes-le-Château et cette région du Razès. Comme l’une de mes relations connaissait très bien le sujet, elle m’avait proposé de me faire visiter cette bourgade et ses alentours. Puis par la suite, j’ai cherché à approfondir le sujet et je suis retourné sur les lieux à plusieurs reprises pour vérifier quelques hypothèses.

Par ailleurs, en 2005 ou 2006, j’ai eu la chance de faire la connaissance Marie-Laure Busquet qui était la responsable de l’office du tourisme de Rennes-le-Château à cette époque. Celle-ci a eu la gentillesse de répondre à mes nombreuses questions et m’a bien aidé pour la rédaction de mon premier ouvrage, afin que les chapitres concernant l’énigme de son village ne soient que la stricte vérité de ce que l’on sait aujourd’hui sur ce sujet.

Quant au Razès et ses mystères, là encore, j’ai pu avoir l’avis de Madame Busquet qui m’avait conforté dans mes suppositions et communiqué aussi les coordonnées de certaines personnes à contacter, dont un dénommé Jean Pellet qui se trouvait en tête de liste.

Visiblement, le résultat de cette sympathique collaboration a bien dû lui convenir, puisqu’elle a accepté de rédiger la préface de « Le Secret de Mayerling et le Trésor du Razès », et je l’en remercie chaleureusement.

Avant le Trésor du Razès, celui des Cathares !

Le Trésor des Cathares - Rennes-le-Château ou Montségur ? d'Emmanuel de Careil
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Vous avez déjà écrit précédemment un autre roman « Le Trésor des Cathares : Rennes-le-Château ou Montségur ?, Éditions Libre2lire. Vu que celui-ci est cité de nombreuses fois dans votre dernier roman, pouvez-vous le présenter succinctement ?

Depuis mes premières visites à Rennes-le-Château, je me suis intéressé au fameux trésor de l’Abbé Saunière, ce qui a donné très vite lieu à quelques articles sur mon site web, certains étant en rapport direct avec cette affaire et d’autres concernant mes recherches plus générales menées dans cette région de France.

Or, en consultant mon site, l’une de mes relations belges a trouvé beaucoup de points communs entre mes articles et une histoire arrivée à son grand-père durant la deuxième guerre mondiale. Il s’agissait d’un fait incroyable, entièrement passé sous silence, mais pourtant bien réel, puisque j’ai pu obtenir les preuves nécessaires par la suite. Cet homme avait découvert en 1939 un trésor ayant appartenu aux Cathares de Montségur !…

Comme à cette époque je voulais rédiger un compte-rendu de mes enquêtes dans le Razès et sur le prétendu trésor de l’Abbé Saunière, voilà que mon ouvrage a pris une tout autre tournure pour devenir ce roman, « Le Trésor des Cathares : Rennes-le-Château ou Montségur ? ».

Il retrace le périple de ce mystérieux coffre et de son précieux contenu, depuis son départ de France en 1943, puis son séjour en Allemagne durant la guerre et enfin, son transfert en Autriche où il aurait disparu fin 1945.

Une autre intrigue qui est plus du domaine de l’enquête policière, vient s’immiscer dans mon histoire, puisque mon beau-frère, agent de la DGSE, est chargé de retrouver des « mercenaires » qui éliminent des hackers professionnels à la demande de grosses multinationales.

Certes, ceci ne devait être que de la fiction, car cette idée avait germé suite à la lecture de différents médias français et étrangers qui traitaient de ce problème, lequel commençait à devenir une véritable plaie pour les entreprises. Or, durant l’année 2020, j’ai pu découvrir un article très sérieux qui faisait mention, aux Etats-Unis, de l’existence d’une armée secrète à la solde de trusts internationaux, payée pour résoudre « certains problèmes » ingérables par les gouvernements.

Alors finalement, mon idée de départ est-elle toujours de la fiction ?… Pas si sûr !…

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Le Secret de Mayerling et le trésor du Razès

Réalité avant tout

Venons-en à votre actualité : la sortie de « Le Secret de Mayerling et le trésor du Razès », Éditions Libre2lire ! Le genre littéraire choisi pose question à la lecture… A plusieurs moments du roman, le lecteur s’interroge sur la part de fiction et la part de réalité. Ce roman à clefs interpelle ! Comment avez-vous procédé ?

Comme pour mon roman précédent, j’ai voulu rédiger un ouvrage historique qui retrace mes enquêtes, mais en évitant l’aspect trop souvent magistral qui rend parfois les récits assez rébarbatifs pour les néophytes.

J’ai toujours voulu mener des recherches sur des sujets passionnants, mais en les retranscrivant sous la forme d’une histoire captivante qui collerait le plus possible à la réalité et pour ce faire, j’ai été servi… Le hasard a bien fait les choses !…

Effectivement, dans mes romans il y a une petite part de fiction qui vient se mélanger subtilement à la réalité pour rendre le récit plus prenant et plus agréable à lire, tout en impliquant le lecteur que j’entraîne avec moi dans mes pérégrinations.

En réalité, il n’est pas important de connaître cette part d’imaginaire qui compose mes écrits car celle-ci n’intervient pas dans les faits que je cite, les descriptifs des lieux ou les autres explications importantes pour l’histoire. Seuls les personnages sont parfois inventés pour les besoins de la narration car pour rendre mes ouvrages plus vivants, j’ai préféré utiliser des dialogues, plutôt que de me contenter d’expliquer ce que je sais, ce que j’ai appris ou ce que j’ai découvert.

Mais là encore, il est souvent arrivé que ces dialogues aient vraiment eu lieu, mais ce n’était pas forcément dans le contexte du livre, ni avec les personnes décrites.

En résumé, je dirais que la part de fiction de ce roman ne sert qu’à faire le lien entre les différents éléments qui composent cette enquête, un peu comme le rôle du ciment dans l’édification d’une construction. Il est bien là, il a son utilité, mais il se noie dans la masse au point qu’on ne le voit plus une fois l’édifice terminé.

Le Secret de Mayerling et le trésor du Razès d'Emmanuel de Careil
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Le Secret de Mayerling dévoilé

Le lecteur s’interrogera tôt ou tard sur les pistes partiellement neuves que vous proposez. Concernant le prétendu suicide de l’archiduc Rodolphe de Habsbourg et de sa maîtresse, Marie Vetsera, comment avez-vous découvert cette affaire ?

Pour répondre le mieux possible à cette question, je dois vous expliquer comment j’ai pris connaissance de cette intrigue, ce qui vous montrera par la même occasion comment a été construit mon roman.

Comme je l’explique au début du livre, je cherchais à l’époque à vérifier certaines hypothèses concernant l’emplacement éventuel du trésor des Wisigoths ainsi que sa composition. Peu de temps après, Maylis Blanchefort, la journaliste avec qui j’ai enquêté tout au long de mon roman, est entrée en contact avec moi et m’a raconté l’histoire qui est arrivée à son grand-père durant la dernière guerre mondiale, tout comme je l’explique dès le second chapitre, page 41. Ainsi naissait le deuxième sujet de mon roman qui n’était pas prévu et deviendra, par la suite, le fil conducteur de mon enquête qui allait bientôt se compliquer !

En effet, Maylis et moi avions bien avancé dans nos recherches qui avaient duré, en réalité, trois bonnes années et non pas deux mois comme dans le récit. Nous étions en train de reprendre mes notes pour mettre en forme le brouillon de cette histoire, lorsque qu’une dame m’a adressé un courriel pour m’exposer sa biographie ainsi que toute la surprenante histoire de sa famille. Suite à la lecture de mon précédent roman qui lui avait beaucoup plu, elle me demandait donc mon avis sur la possibilité de retranscrire éventuellement son histoire dans un prochain roman, si toutefois je trouvais le sujet intéressant. C’est ainsi que j’ai inclus immédiatement cette nouvelle intrigue dans mon récit, alors que j’étais en train de griffonner la page 190 de mon livre, ce qui l’a rallongé d’une bonne centaine de pages par rapport à ce que j’avais prévu au départ.

C’est de cette façon qu’est apparu « Le secret de Mayerling » dans cet ouvrage !

Le pavillon de chasse de Mayerling, lieu du suicide ?, de l'assassinat ?, de la disparition ? du couple : l’archiduc Rodolphe de Habsbourg et sa maîtresse, Marie Vetsera autre trésor de l'Histoire
Le pavillon de chasse de Mayerling, lieu du suicide ?, de l’assassinat ?, de la disparition ? du couple : l’archiduc Rodolphe de Habsbourg et sa maîtresse, Marie Vetsera

Le Trésor du Razès, la piste ariégeoise

Revue « Historia » de mars 1962

Vous avez exhumé un article bien réel sur Mayerling, lequel présente de façon étayée une tout autre version que celle du suicide. Comment avez-vous trouvé cet article et quel serait son indice de certitude ?

Cet article est l’une des nombreuses preuves de Madame Upsilon, mon interlocutrice de dernière minute qui est étroitement impliquée dans cette affaire de Mayerling. Pour des raisons évidentes de sécurité, je ne nomme pas son véritable nom, mais utilise un pseudonyme qui n’est pas vraiment innocent. Mes lecteurs comprendront !

L’article auquel vous faites allusion est le numéro 184 de la revue Historia de mars 1962 qui m’a été communiqué par Madame Upsilon et je pense qu’il est tout à fait digne de foi étant donné le nom du magazine, « Historia », celui de la journaliste, Marie Surcouf et celui de son interlocuteur, le Baron von Linden de Kenenburg, un proche de la famille impériale d’Autriche-Hongrie. Lire l’article du magazine Historia : AFFAIRE MAYERLING, auteure Marie Surcouf !

Mais pour être tout à fait complet dans mes propos, il existe aussi bien d’autres documents qui sont actuellement sauvegardés en lieux sûrs (études notariales, cabinets d’avocats, etc.), là encore, par mesure de sécurité.
Il faut savoir aussi que chaque passage de ce roman, retraçant très exactement l’histoire de cette famille, a été supervisé et relu par Madame Upsilon avec qui je suis toujours en relation, bien sûr.

Là aussi, la toute petite part de fiction relative à cette affaire ne se situe que dans ma façon de présenter les faits dans mon récit, car tout ce qui est dit sur le sujet, par la suite, est rigoureusement exact.

Le magazine Historia de mars 1962 avec le dossier de la disparition de Mayerling
Magazine « Historia », n° 184, mars 1962

Concernant « le trésor du Razès », la piste ariégeoise est consolidée ! Quels sont les documents qui l’étayent ?

Ce ne sont pas des documents précis qui m’ont permis de déterminer l’emplacement probable du trésor des Wisigoths, mais plutôt un ensemble d’écrits les plus divers que j’ai eu l’occasion de lire. Que ce soit des ouvrages historiques, différents articles et autres récits en rapport avec cette énigme, c’est en recoupant toutes ces informations que je me suis fait ma propre idée, ce qui ne veut pas dire qu’elle est forcément juste.

Pour la rédaction de mon roman, « Le trésor des Cathares : Rennes-le-Château ou Montségur ? », j’avais déjà obtenu beaucoup de renseignements qui ne m’avaient pas forcément servi à l’époque, puisque mon enquête traitait d’un trésor ayant appartenu aux Cathares.

Par contre, tout ce que j’étais arrivé à glaner, m’avait donné envie de poursuivre mes investigations sur le trésor des Wisigoths, ce que j’ai commencé à faire tout de suite après avoir terminé mon roman précédent, comme je l’explique d’ailleurs dans le premier chapitre de ce livre.

Il y avait bien au départ de mes recherches une piste ariègeoise, mais le lecteur pourra découvrir dans mon roman, pourquoi il existe aussi deux autres pistes, audoises cette fois !

Otto Rahn

Quelle fut l’importance d’Otto Rahn dans la recherche du trésor du Razès ?

Otto Rahn, écrivain, historien et archéologue allemand
Otto Rahn, écrivain, historien et archéologue allemand qui joua un rôle important dans les recherches du IIIe. Reich dans le Sud-Ouest de la France. Ces deux principaux ouvrages : « Croisade contre le Graal » (1933) et « La cour de Lucifer » (1937).

Otto Rahn avait amassé de multiples informations en recherchant le Graal de Montségur pour pouvoir rédiger son livre sur cet objet mythique, mais tout comme moi, je pense que beaucoup d’entre elles ne lui ont pas servi pour son roman.

Dès qu’il est entré dans la SS au service des œuvres d’art du IIIe Reich, il a dû communiquer ses découvertes afin de pouvoir vérifier ses hypothèses sur place, principalement dans le Razès. C’est pour cette raison que l’on retrouve trace, dans différents ouvrages, de la venue d’escadrons spécialisés durant l’occupation de cette région de France. Mais visiblement, les Allemands n’ont rien trouvé, si ce n’est le fameux trésor des Cathares dont je retrace toute l’histoire dans mon précédent roman.

Pour ma part, tout ce que j’ai eu l’occasion de lire sur les recherches d’Otto Rahn et de ses compatriotes n’a fait que conforter mes impressions, mais rien de plus. D’ailleurs, durant mon enquête, je l’explique à Maylis de façon détaillée tout en lui faisant visiter la région, ce qui permettra aux lecteurs d’en savoir autant que nous.

Otto Rahn est-il venu à Rennes-le-Château et a-t-il rencontré Marie Dénarnaud ?

Il n’y a aucune preuve de cela, mais j’en suis persuadé !…
Avant la 2e guerre mondiale, Otto Rahn était venu s’installer à Ussat-les-Bains, en Ariège, où il avait vécu deux ans, il me semble, pour continuer ses recherches sur le Graal de Montségur.

Otto Rahn et sa compagne durant l'été 1938
Otto Rahn et sa compagne durant l’été 1938. Dès 1935, il est incorporé à l’état-major de Himmler, devient un proche de Karl Wolff (bras droit d’Hitler) et entretient des relations mystérieuses avec Karl Maria Wiligut, alias Weisthor. On le retrouve à plusieurs reprises dans mon roman, et cela dès la page 110.

C’est là qu’il se liera d’amitié avec Antonin Gadal, un historien spécialiste des Cathares, et la Comtesse de Pujol-Murat, qui lui feront rencontrer d’autres personnes influentes de la région.

Il est évident qu’avec l’aide de ses deux amis il a sûrement rencontré Marie Dénarnaud, d’autant que celle-ci était, semble-t-il, détentrice de quelques précieux documents rédigés dans un vieil allemand, mais bon,… je ne vais pas en dire plus ici, ce ne sont que des suppositions !

Une autre coïncidence, peut-être, le chauffeur de la Comtesse de Pujol-Murat était allemand ; c’est ce que j’ai eu l’occasion de découvrir aussi. Certes, ça ne veut rien dire, mais ça peut aider !…

Le Trésor du Razès, les pistes

Services secrets

Le personnage fictif du lieutenant SS Sigmund Schreiner permet à l’intrigue de progresser jusqu’à son terme ! Divers services secrets dont le Mossad s’y intéressent après guerre ? Il représente peut-être plusieurs entités… Quelles seraient-elles ?

Tout d’abord, je dirais que cet exemple est excellent pour expliquer aux futurs lecteurs quelle est la proportion de fiction dans mon ouvrage et où elle se situe exactement.

Lorsque Maylis Blanchefort m’a raconté l’histoire arrivée à son grand-père durant l’occupation, elle m’a expliqué la curieuse aventure de ce Lieutenant SS, tout comme je la raconte dans mon livre. Comme elle ne connaissait pas son nom, j’ai donc eu l’idée de lui en trouver un pour que mon récit soit plus facile à rédiger et surtout, pour le rendre encore plus vivant et réaliste.

Alors j’ai pensé à « Freud » qui est un personnage qui m’a toujours passionné et dont le prénom est « Sigmund ». Après quoi j’ai accolé un nom de famille très allemand, « Schreiner », le tout donnant des initiales correspondant à la fonction de cet homme. Par contre, tout le récit qui se passe à Montauban avec ce lieutenant SS est rigoureusement exact, à quelques détails près, mais sans aucun intérêt pour la véracité de cette affaire.

Toute l’enquête que Maylis et moi avons menée sur ce personnage est en partie inventée pour servir de fil conducteur à l’intrigue, comme vous l’évoquez très justement dans votre question. Cependant, il faut savoir que toutes les indications qui sont fournies au sujet de cet homme, tout au long des chapitres le concernant, ont existé vraiment, mais pour d’autres officiers SS et en d’autres lieux.

Avec cet exemple, j’ai voulu expliquer aux lecteurs comment certains criminels de guerre ont pu, en toute impunité, disparaître provisoirement de la circulation fin 1945, pour refaire surface bien tranquillement quelques années plus tard. L’histoire de ce Sigmund Schreiner aurait pu tout à fait être réelle et qui sait,… peut-être que je ne suis pas loin de la vérité à son sujet !…

Pour continuer à répondre à votre question, il y a eu effectivement de nombreux organismes qui se sont intéressés à ces hommes après-guerre, comme ce fut le cas de l’association de Simon Wiesenthal, du Mossad, divers groupes des victimes de la Shoah, etc.

Là encore, j’ai créé Samuel Levi, cet agent des services secrets israéliens, pour avoir un personnage qui apporte, lui aussi, des explications sur des sujets beaucoup moins connus du public, mais tout à fait en rapport avec mon enquête. De nombreux organismes officiels de différents pays ont effectué des recherches de leur côté, mais pour les Israéliens, dès que la traque d’un ancien officier SS était en rapport avec les affaires culturelles du IIIe Reich, ceci présentait encore un intérêt supplémentaire et pas des moindres, comme j’en explique les raisons dans mon roman.

Pour être tout à fait complet et terminer votre question avec une note amusante, lors de la remise au propre des notes que j’avais prises lors de mes recherches, Maylis a relu mes écrits pour y ajouter sa touche personnelle, surtout dans les dialogues où elle était impliquée, et c’est très exactement en relisant le troisième chapitre du livre (page 60), qu’elle m’a suggéré d’introduire ce personnage inquiétant dans mon histoire.

C’est ainsi que Samuel Levi apparaît page 65, tapi dans l’ombre de la terrasse de l’hôtel, tel qu’elle me l’avait proposé, mais sans connaître, à cet instant précis, l’importance que ce Monsieur allait avoir pour nos découvertes ultérieures !

Les Habsbourg et le trésor de Bérenger Saunière

Des écrivains comme Jean-Luc Robin ont établi des liens entre Bérenger Saunière et les Habsbourg. Y souscrivez-vous et quelles seraient les preuves ?

S’il existe un lien entre l’abbé Saunière et les Habsbourg, je pense qu’il devrait plutôt s’agir d’une personnalité, d’un noble ou d’un aristocrate de la région qui voulait rester dans l’ombre, en utilisant l’abbé Saunière comme intermédiaire.

Jean de Habsbourg-Toscane (Giovanni Nepomuceno) alias Jean Orth a apporté un trésor à Rennes-le-Château.
Jean de Habsbourg-Toscane (Giovanni Nepomuceno) alias Jean Orth. Il avait récupéré, auprès de la Comtesse Larisch, une étrange mallette qu’il apporta à Rennes-le-Château après la disparition de Rodolf de Hasbourg et de Marie Vetsera. Mais que contenait-elle de si précieux ?… Affaire à suivre !…

Par contre, je n’ai aucune preuve de cela, si ce n’est que certains membres de la famille impériale d’Autriche ont été vus, parfois, à Rennes-le-Château. Peut-être ont-ils largement contribué aux revenus inexplicables du curé du village !… Reste à savoir pourquoi ?…

Je laisse entrevoir une possibilité dans mon roman et je pense que je ne dois pas être très loin de la vérité… Mais je ne désespère pas d’en trouver la preuve formelle !…

Ceci dit, il y a peut-être aussi une autre hypothèse, laquelle n’exclut pas les éventualités des uns et des autres, bien sûr, mais j’insiste bien sur le fait que ce n’est qu’une supposition, pour l’instant, et rien d’autre.

On sait qu’en rénovant l’intérieur de son église, l’abbé Saunière a découvert une tombe wisigothique dans laquelle se trouvaient quelques biens précieux, mais en quantité très insuffisante pour justifier ses dépenses par la suite. Par contre, s’il avait trouvé des manuscrits de cette période, il a bien fallu qu’il trouve quelqu’un de confiance pour les traduire, ceux-ci étant sûrement rédigés dans une ancienne langue germanique méconnue en France. Et c’est là que, peut-être, un notable de la région serait intervenu, faisant appel par la suite à la famille des Habsbourg, si cela les concernait de près ou de loin.

Si par la suite les Habsbourg ont voulu récompenser l’abbé Saunière en l’aidant financièrement, ce ne serait pas étonnant, d’autant que pour eux, les dépenses de ce curé original ne représentaient pas grand-chose !…

Les peintres, Poussin – Lemaire

Plusieurs pistes comportent des peintres dans les énigmes du triangle audois. Vous intégrez à votre roman trois tableaux de l’artiste Jean Lemaire qui a travaillé avec Nicolas Poussin ! Quels sont-ils et comment servent-ils de « carte au trésor » ?

Là encore, il s’agit d’une petite intrigue que j’ai imaginée pour les besoins de mon histoire et qui me permet, par la même occasion, d’expliquer comment Nicolas Poussin et Jean Lemaire ont opéré, maintes fois, sur des toiles que l’on attribue généralement à l’un ou à l’autre, alors qu’ils étaient deux à les réaliser. On sait que les Allemands ont souvent spolié des tableaux de maître à des familles juives durant l’occupation, et dans mon histoire, je cite cet exemple de biens détournés par Sigmund Schreiner dans le cadre de ses recherches.

Chacune de ces toiles représente l’emplacement d’une des trois parties du trésor des Wisigoths, comme je pense que c’est le cas, la plus importante se trouvant à Rennes-les-Bains. Or, sur l’une des cartes qui se trouvait dans le « dossier AEIOU » retrouvé par l’officier SS chez le grand-père de Maylis, ces trois points étaient mentionnés avec les initiales JL, pour Jean Lemaire.

Ceci dit, je ne pense pas que de telles toiles aient réellement existé,… par contre une carte, peut-être,… qui sait !…

De mystérieuses associations…

Quid de l’A.D.E.P.T. de Toulouse (Association pour la Découverte des Énigmes du Passé Toulousain), composée d’historiens, de chercheurs, en grande majorité juifs et francs-maçons ?

Depuis tout temps, il existe de mystérieuses associations et groupuscules divers qui effectuent des recherches dans différents domaines plus ou moins occultes. L’A.D.E.P.T est un organisme dont le but principal est de retrouver le trésor des Wisigoths, pour mettre à jour son contenu afin d’obtenir les preuves historiques et religieuses qui s’y trouvent et qui pourraient changer bien des choses si on les connaissait.

Cette association toulousaine est, dans le contexte du livre, une invention de ma part, car elle est en réalité le reflet d’autres institutions qui ont bel et bien existé,… et existent sans doute encore de nos jours !… C’est d’ailleurs ce que supposait Jean Pellet lorsqu’il m’avait évoqué l’intervention de quelques congrégations juives ou de loges maçonniques auprès du gouvernement, afin de faire échouer l’extraction du trésor des Wisigoths de sa cachette.

Le trésor des Wisigoths

A Rennes-les-Bains ?

Penchons-nous sur le trésor des Wisigoths : vous le situez dans une faille entre Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains, à proximité du village thermal ! Le ministre de la culture André Malraux aurait eu comme projet d’y faire des fouilles. Or, face à la piscine de Rennes-les-Bains, dans le tournant, une paroi rocheuse se serait effondrée entrainant la venue de véhicules militaires… Sur quels éléments vous basez-vous pour situer ce trésor ?

Tout d’abord, et comme j’en explique les raisons dans mon roman, je pense que ce trésor se trouverait en trois lieux distincts, l’un non loin de Montségur, le second sous la montagne d’Alaric et enfin, la plus grosse partie à Rennes-les-Bains, dans une cavité importante qui filerait presque en ligne droite depuis la source de la Madeleine jusqu’aux thermes romains.

Camplong d'Aude avec en fond, la montagne d'Alaric, lieu d'une partie du trésor
Camplong d’Aude avec en fond, la montagne d’Alaric. (page 114) – La montagne d’Alaric, à l’est de Carcassonne, au pied de laquelle nous sommes passés avec Maylis, pour un petit cours d’histoire à ma façon… (page 110) !

C’est en me basant sur l’Histoire de la région et en m’appuyant sur des cartes de géologie et d’hydrologie que je pense avoir compris où pourrait se trouver ce fabuleux trésor. Il est vrai que cette région est assez propice à des mouvements de terrain et il suffit d’observer la nature et les roches pour s’en rendre compte. D’ailleurs le pech de Bugarach, qui est non loin de là, est un véritable cas d’école dans les universités de géologie.

En effet, cette montagne s’est, au fil du temps, retournée sur elle-même de telle sorte que de nos jours, les roches les plus hautes sont, en réalité, les plus anciennes, puisqu’elles étaient ses racines à l’origine. Vous pouvez donc facilement imaginer l’importance des mouvements de terrain dans cette région, qui peuvent ainsi créer de longues failles souterraines dues au plissement des couches.

Après avoir supposé une telle possibilité, je m’étais rapproché de Jean Pellet qui m’avait confirmé cette théorie, mais avait complété ses explications en me racontant ses interventions avec Gérard de Sède auprès du ministre de la culture, comme je l’écris dans mon ouvrage. Et tout ce que j’explique à ce sujet est rigoureusement exact, aussi surprenant que cela puisse être !…

Donc, rien d’étonnant à ce que l’armée soit intervenue lors du glissement de terrain que vous évoquez, celui-ci s’étant produit très exactement au milieu de cette longue cavité naturelle. Etant donné la déclivité, cela se reproduira, bien sûr,… et l’armée reviendra encore, et encore, quitte à bétonner certaines fissures qui pourraient apparaître. Cela pourrait bien être la preuve de ce que Jean Pellet et moi-même avançons !…

Détail du plissement de terrain face aux Bains de la Reine à Rennes-les-Bains

La Menorah, piste d’un trésor « fictif » ?

Scoop ou fiction, vous développez la thèse que la Menorah rapportée par Titus à Rome est fausse ! Vous évoquez notamment sa forme. Comment avez-vous étayé cette possibilité ?

Quelques personnalités célèbres dans la religion hébraïque, comme c’est le cas de Moïse Maïmonide (ou Moshe Ben Maïmon), un rabbin du XIIe siècle, ont décrit la menorah d’après des textes traduits directement de la Kabbale. Ceux-ci donnent suffisamment de détails, semble-t-il,pour affirmer que les trois branches droites et gauches partent de l’axe principal à angle aigu et non en arrondi comme ce chandelier est souvent représenté.

Ménorah d’après des textes traduits directement de la Kabbale
La ménorah d’après des textes traduits directement de la Kabbale

Or Titus qui avait pillé Jérusalem et son temple en l’an +70, avait fait graver cet objet sacré sur son arc de Triomphe pour prouver qu’il l’avait bien rapporté à Rome. Mais celui-ci étant reproduit avec des branches arrondies, il y a de fortes chances pour que ce soit un faux !…

Menorah sur l'arc de triomphe de Titus à Rome
Menorah sur l’arc de triomphe de Titus à Rome

Alors, depuis quand cette fausse Menorah était-elle exposée à Jérusalem ? Et pourquoi ?… Et si Titus n’a pas ramené aussi l’Arche d’Alliance, c’est qu’elle ne s’y trouvait pas non plus. Depuis combien de temps ne s’y trouve-t-elle plus ?… S’y est-elle seulement trouvée un jour ?…

Pour ce que j’en sais, Jésus-Christ n’a jamais évoqué la présence de l’Arche d’Alliance dans le temple de Jérusalem, ni même du candélabre, alors qu’il était araméen de religion juive et venait prêcher la bonne parole devant cet édifice célèbre.

Bref, voilà autant de questions qui sont traitées aussi dans mon roman… Tout ceci n’est pas de la fiction, bien sûr, mais fait partie des multiples recherches que je mène encore maintenant et pour lesquelles je cherche encore des réponses.

Jean Pellet, le chercheur de trésor(s)

Vous avez rencontré Jean Pellet, chercheur atypique parfois discrédité par quelques-uns pour des raisons autres que la recherche… Quel portrait brossez-vous de lui et quel crédit lui accordez-vous ? (cf. p. 142)

Jean Pellet est un personnage dont j’ai souvent entendu parlé mais je n’en sais pas beaucoup plus à son sujet. J’avais eu ses coordonnées afin de pouvoir le joindre pour lui exposer quelques théories suite aux différentes recherches que je faisais à cette époque.

Jean Pellet, le chercheur de trésor
Jean Pellet

L’une concernait le fameux trésor de Rennes-le-Château et j’avais assez vite conclu qu’il n’y avait pas grand-chose à trouver dans le village, ni même dans son sous-sol, tout comme je l’explique rapidement, lors de ma dernière enquête avec Maylis Blanchefort ou mieux encore, dans mon ouvrage sur « Le Trésor des Cathares… » où un chapitre entier est consacré à cette énigme. Sur ce sujet, Jean Pellet était assez d’accord avec moi !

Par contre, concernant le trésor des Wisigoths, nous avions trouvé déjà beaucoup plus de choses à dire, quant à son emplacement, sa composition et sa valeur matérielle et spirituelle. Il pensait que tout avait été caché au même endroit, alors que je lui avais expliqué pourquoi je supposais trois lieux distincts, mais pour lui, ce n’était pas vraiment important.

C’est sa composition qui lui posait question, puisqu’après avoir informé le gouvernement de la position géographique de ce fabuleux magot, il semblerait que le ministère de la culture ait reçu des pressions ou des menaces visiblement importantes, comme je l’explique dans mon livre et l’évoque aussi dans l’une de vos questions précédentes.

Bref, tout ceci pour dire que, pour moi, Jean Pellet est un passionné qui a consacré une bonne partie de sa vie à ce joyau historique caché quelque part dans le Razès. Il a étudié en détail toutes les possibilités qui peuvent exister, mais d’une manière différente des autres chercheurs de la région et, vraisemblablement, avec des éléments que d’autres n’ont jamais eu entre leurs mains.

Il est dommage qu’après son décès, sa fille ait détruit beaucoup de preuves, manuscrits et cartes anciennes qui auraient pu servir à d’autres et permis de comprendre aussi d’où il détenait ses informations. Mais le trésor du Razès l’ayant privé de son père de nombreuses années, la réaction de sa fille peut aussi se comprendre !

Alors, oui, peut-être était-il un peu original dans ses comportements ou ses attitudes, mais pour les quelques échanges que nous avons eus ensemble, je peux dire que c’était un sacré personnage, tout à fait digne de foi dans son expertise sur le Razès et ses mystères.

Remerciements

Emmanuel de Careil, nous vous remercions d’avoir pris le temps d’éclairer nos lecteurs !

Ce fut pour moi un plaisir de pouvoir parler de ce roman dans la Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude, et j’espère que mes réponses ont répondu à vos attentes.


Pour vous procurer les livres d’Emmanuel de Careil

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Lien Otto Rahn, la piste ariégeoise

Otto Rahn, Rudolf Rahn, Bérenger Saunière et quelques autres : conférence de Paul Rouelle !


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