Le secret de Rennes-le-Château révélé

Interview de Sandra Gobert sur le secret de RLC

Bonjour Sandra Gobert, nous vous remercions d’avoir accepté de répondre aux questions de la Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude et de nous divulguer les secret de Rennes-le-Château !

L’écrivaine

Sandra Gobert, vous êtes une nouvelle chercheuse, une nouvelle auteure dans les énigmes du triangle audois (Rennes-le-Château – Rennes-les-Bains – Bugarach), du moins pour le grand public ! Pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?

C’est vrai que je suis une nouvelle chercheuse/auteure dans le sens où je suis restée dans l’ombre depuis la publication de mes livres, il y a environ 5 ans. Un paradoxe pour une journaliste, me direz-vous. J’exerce ce métier depuis une vingtaine d’années auprès de différentes collectivités territoriales de la Région parisienne, et maintenant en Bretagne,
ma terre d’adoption.

Côté cursus universitaire, j’ai suivi une formation en Histoire et me suis spécialisée en Maîtrise dans les grandes utopies du XIXe siècle, en particulier le saint-simonisme. Rien à voir avec le Rennes-le-Château… Quoique… Les saintsimoniens aspiraient à fonder un nouveau christianisme ; on n’est donc pas tant éloigné que cela des espoirs de certains cercles catholiques de l’époque de l’abbé Saunière.

Les clefs de l'énigme de Rennes-le-Château mènent au secret.
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Le secret et la quête initiatique

Dès le prologue, vous placez votre cheminement au niveau d’une quête initiatique. Morceaux choisis : « Et si tout était relié… ? », « quête d’une vérité », « Se perdre pour trouver un chemin intérieur », « voyage initiatique », « secret initiatique, bien gardé », « rose ligne », « l’épreuve du méridien, « cabale phonétique » ! Quand avez-vous contracté cette passion et dans quel contexte ?

C’est d’abord une passion en général depuis l’adolescence pour tout ce qui relève du mystère, de l’énigme, qu’elle soit historique ou ésotérique. Mais je ne suis pas tout de suite tombée dans le chaudron de RLC. J’avais lu des articles mais, à l’époque, je me passionnais davantage pour le mystère qui entourait les cathares. Et Montségur avait pour moi plus d’attrait que le village de ce curé aux milliards. Ce n’est que, bien des années plus tard, au début des années 2000, par le hasard d’une cassette vidéo (c’est dire si ça remonte 😉) qui appartenait à un ami que j’ai contracté cette addiction/passion comme vous dîtes, pour l’énigme de RLC. Il s’agissait en fait de deux VHS des éditions Atlas, intitulées « Le secret des templiers », du journaliste, auteur et chercheur, Henry Lincoln. J’ai été fascinée par sa théorie et la mise en évidence de cette géographie sacrée dans le Razès à l’aide du pentagramme.

Et puis est arrivé quelques années plus tard, le fameux Da Vinci Code, dont on connaît le retentissement médiatique. J’étais à l’époque, journaliste pour le magazine d’une ville des Yvelines, et par le plus pur hasard (encore lui), j’ai fait la rencontre d’un chercheur bien connu du milieu castelrennais qui habite cette ville, Jean-Patrick Pourtal. Il venait de collaborer à la sortie d’un DVD sur les liens entre l’affaire de RLC et le Da Vinci Code (Le Code Da Vinci – Enquête sur les énigmes du Best-Seller). De cette rencontre est née une belle interview de deux pages dans le magazine municipal qui, pour l’anecdote, avait fait grincer des dents le curé de la commune. Même si nous nous sommes un peu perdus de vue, Jean-Patrick a été une rencontre importante qui m’a ouvert le milieu des chercheurs lors de mes séjours dans l’Aude, même si je préférais rester en retrait.Vu le microcosme castelrennais, nous vous comprenons… Votre production littéraire date des années 2016 et 2018 avec quatre livres édités ! Dans ce premier entretien, nous évoquerons deux livres complémentaires de 2018, à savoir « Du fil d’Ariane au fil d’Orion – Les clés de l’énigme de Rennes-le-Château » et le « Petit guide illustré – Voyage initiatique le long du méridien d’Amiens à Rennes-le-Château ». Comment votre perception des énigmes s’est-elle construite au fil de vos investigations basées avant tout sur les symboles ?

Le premier sentiment qui vous envahit, à mon sens, quand vous vous plongez dans cette énigme, c’est celui d’une grande confusion. Il y a tellement d’indices qui se télescopent tout en laissant l’impression qu’ils se complètent. Au départ, je n’ai rejeté aucune piste, aucune hypothèse. Comme je l’évoque en ouverture de mon livre de recherches « Du fil d’Ariane au fil d’Orion », les théories que j’avance, se sont aussi appuyées sur le travail de recherche des autres chercheurs. J’insiste sur ce point car j’ai tellement vu, lu et entendu des passionnés se déchirer, en affirmant détenir la vérité. C’est comme le bâtisseur qui revendiquerait à lui seul la construction d’une cathédrale, alors que c’est une oeuvre commune. C’est le cas aussi de la quête de RLC : une oeuvre commune… Je n’aurais pas pu élaborer certaines hypothèses, s’il n’y avait pas eu au préalable quelques découvertes réalisées par d’autres, pour développer le fil de mes propres recherches.

Quant au moyen par lequel j’ai pu dérouler ce fil et comprendre la trame de l’énigme de RLC, cela commence souvent par un déclic à la lecture d’un mot.

N’oublions pas que les parchemins nous rappellent que ce secret est réservé aux initiés, « solis sacerdotibus ». Il fallait donc l’aborder en tant que tel : en initié. Et le langage de l’initiation repose précisément sur le symbole, soit à travers l’image, soit à travers le verbe, la fameuse cabale phonétique si chère à l’abbé Boudet.

Mais une question primordiale demeure : par quel bout prendre cette énigme ? Car vous aurez beau être aussi doué qu’un « Robert Langdon » pour décrypter les symboles, vous vous perdrez inexorablement dans ce labyrinthe d’indices, si vous ne trouvez pas ce fil d’Ariane dont parle Pierre Plantard, comme étant le plus sûr moyen de percer le secret de Rennes-le-Château. Il vous faut le suivre, sans vous en écarter d’un pas, averti aussi par « Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz » au départ du voyage initiatique, en citant nommément Le Méridien : “Je me mis donc en route en portant patiemment ma croix, et, comme le sort en était jeté, je pris la résolution de faire tout mon possible pour arriver au but avant la nuit. Maintes fausses routes se présentaient devant moi ; mais je les évitai grâce à ma boussole, en refusant de quitter d’un pas le méridien, malgré que le chemin fût fréquemment si rude et si peu praticable que je croyais m’être égaré.”

C’est donc par là qu’il fallait commencer : reprendre le chemin du méridien et suivre son initiation.

Tout commence par un livre connu dans les affaires des Rennes mais laissé souvent au deuxième, voire au troisième plan des recherches, « Le mystère des cathédrales » de l’initié Fulcanelli, ainsi qu’une ville, Amiens. Pour cheminer vers le Razès, il vous fallait donc partir du nord ?

La cathédrale d'Amiens initie le secret de Rennes-le-Château.
La cathédrale d’Amiens initie le secret de Rennes-le-Château – Sandra Gobert ©

Oui, le livre de Fulcanelli par le truchement de sa construction autour des trois villes Amiens, Paris et Bourges, induit le tracé du méridien. Et le chapitre consacré à la ville d’Amiens (la ville de Jules Verne, soit dit en passant, un auteur versé dans le secret de Rennes-le-Château) évoque clairement qu’elle est l’entrée du labyrinthe, lui-même matérialisé au sol de la cathédrale.

Le chemin commence ainsi au nord. Et les clefs livrées par Fulcanelli pour cette première étape entrent déjà en résonance avec le terme du voyage à Rennes-le-Château où se trouve cette fameuse araignée mystique dont parle Fulcanelli « échappée d’Amiens qui a seulement laissé sur le pavé du choeur la trace de sa toile ». Nous invitant par là à pister cette araignée mystique en notant la concomitance entre Ariane et Arachné, et d’insister aussi sur l’argot des initiés pour cheminer en initié…

L’Argot qui est tout autant le navire initiatique Argo de Jason, Orphée, Castor et Pollux,… D’Argo aux médaillons Arago, il n’y a qu’un A que la ligne du méridien retranche précisément en passant en son centre, comme pour mieux dévoiler son rôle. Soit une voie pour les initiés à aborder en Argonaute, à l’aide de la cabale phonétique et des symboles pour appréhender son secret.

ARAGO – ARGO le fil d’Ariane

Un fil d’Ariane balise votre chemin, ARAGO – ARGO, la toison d’or des « argonautes » liée à la cabale, langue des initiés ! Vous passez par plusieurs lieux, notamment Bourges et Alet. Votre « Petit guide illustré » complète fort opportunément la liste des lieux et les illustre. Sur quels critères avez-vous choisi ces lieux ?

Il est vrai que le méridien de Paris, autrement appelé méridien zéro, passe par de nombreuses autres villes. La méridienne verte en reprend aujourd’hui d’ailleurs le tracé exact.

Au-delà de l’intuition du chercheur qui joue souvent un rôle essentiel, le choix des lieux, en regard de l’énigme, était prédéterminé par plusieurs choses.

Il y avait d’abord ce triptyque incontournable suggéré par Fulcanelli : Amiens, Paris et Bourges. Ces trois villes devaient obligatoirement intégrer le cheminement et allaient effectivement apporter des clefs essentiels.

La ville de Saint-Denis semblait évidente de par son lien avec le saint céphalophore, la symbolique de son martyr. Et bien entendu, Saint Denis c’est aussi et surtout sa basilique, soit la nécropole des rois de France qui nous relie au secret dynastique corrélé à l’énigme de Rennes-le-Château.

Les autres villes, Sully-sur-Loire et Ussel, qui jalonnent le méridien, ont été choisies pour leur portée symbolique et/ou historique et les indices qu’elles recélaient, et qui semblaient les unes en regard des autres éclairer un peu plus ma lanterne de chercheuse pour comprendre le secret de Rennes-le-Château. Comme les pièces d’un puzzle qui se complètent petit à petit.

Il y a 7 étapes avant d’entrer en terre sacrée et consacrée, dans le Razès. 6 sont sur le méridien. Mais une étape demeure à l’écart pour faire ce nécessaire pas de côté pour l’initié : Milly-la-Forêt. Ce n’est évidemment pas une ville choisie non plus au hasard. C’est le cadre choisi par Jean Cocteau, nautonier… C’est aussi là où fut sacré le roi Dagobert, de la race dynastique des Mérovingiens.

L’entrée dans le Razès ne se fait pas non plus en profane, mais à Alet (dont l’origine étymologique renvoie au lieu élu) qui est à rapprocher également de la lettre hébraïque Dalet signifiant « La Grande Porte »…

Le roman initiatique « Rennes-le-Château, son secret enfin révélé » reprend ces différents lieux pour jalonner le méridien et accompagner les héros du livre vers la compréhension du secret. Le roman permet de clarifier et expliciter, ce que le livre d’études très dense vient aborder. Il est à mes yeux tout aussi important pour décrypter et assimiler

Les médaillons Arago balisent la voie Argo !
Les médaillons Arago balisent la voie Argo – Sandra Gobert ©

l’ensemble.

Les pièces à conviction mènent au secret

Arrivé à ce moment de l’interview, certains lecteurs pourraient se demander si ce livre est construit uniquement sur la cabale, les initiés et un langage codé par essence complexe à décoder et sujet à diverses interprétations… Nous les rassurons d’ores et déjà car, rarement, nous avons rencontré un tel livre construit sur diverses recherches de chercheurs auxquels vous rendez hommage dans des paragraphes assez poétiques ! Vous citez donc vos sources mais, plus que cela, nous avons été étonné par la qualité de la construction de l’étude où tout s’enchaîne quasi naturellement, de façon fluide et évidente. Sandra Gobert, quelles sont ces « pièces à conviction » qui étayent votre étude ?

Les mêmes que celles utilisées par les chercheurs depuis que l’énigme de Rennes-le-Château a été révélée au grand public. Une solide lecture des symboles m’a permis également d’assembler les pièces pour en faire en effet des convictions. Comme vous le précisez dans votre question, tout s’assemblait naturellement. Et cette fluidité dans les corrélations entre tel et tel élément ou indice suffisait à me convaincre que j’étais sur le bon chemin.

Parmi toutes ces « pièces à conviction », une est souvent utilisée un peu à toutes les sauces souvent indigestes ; ou il s’agit de la seule référence, ou l’auteur y picore sans aucune logique ; en tout cas, il est incapable de l’expliquer, espérant que le lecteur sera plus intelligent que lui… Rien de cela dans votre livre ! Si vous appuyez vos réflexions sur « La vraie langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains » d’Henri Boudet, c’est pour baliser une étape importante de votre quête ! En quoi consiste cette utilisation de la VLC ?

Ce livre est essentiel à la compréhension de l’énigme. Si l’abbé Saunière a choisi de coder son église à travers l’image et le symbole, son jumeau ésotérique, l’abbé Boudet, opte pour le verbe. Et son ouvrage « La Vraie Langue Celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains » est une clef qui répond par le biais de la cabale phonétique aux indices laissés par son coreligionnaire dans l’église de Rennes-le-Château.

L’omission du menhir de Peyrolles dans son livre alors qu’il développe moult démonstrations pour affirmer la profusion de mégalithes dans le Razès, est en soi un aveu de son extrême importance, une mise en lumière par omission en quelque sorte. C’est la borne Alcor (Ad lapidem currebat Olim Regina – Vers la pierre courait autrefois la Reine) si chère à Maurice Leblanc qui permet à Lupin de déterminer l’emplacement du trésor des Rois de France.

Et la théorie de l’abbé Boudet autour de la langue anglaise (celtique) comme étant la langue originelle n’a de raison et de sens que pour désigner ce menhir-là. Et son génie comme la preuve de son érudition, est de concevoir un lexique de préfixes et suffixes pour retrouver l’origine des mots, et qui apparaît à sa lecture totalement déroutant et incohérent. Sauf si on entend les mots comme lui, en suivant son raisonnement linguistique. Ainsi, le mot « Cromleck » orthographié avec un k au lieu du ch, dirige notre attention sur cette faute intentionnelle qui doit être décryptée à l’aide de la cabale phonétique dans la langue originelle, soit en anglais. K se prononce [kei] et on entend dès lors le mot key en anglais, soit la clef. D’autres mots comme « Kaïrolo », « ménir », vont mettre en lumière, selon le même procédé, le menhir de Peyrolles. Mais ce serait trop long à développer ici, et je laisse vos lecteurs le découvrir dans le livre d’études « Du fil d’Ariane au fil d’Orion »

Un autre exemple est la reprise du mot « GRAAL » dans l’église de Rennes-le-Château. Là aussi, cette découverte apporte du sens à la vôtre !

Complètement. Les chercheurs ont mis en évidence cette acronyme à travers les premières lettres de chaque statue de saints dans l’église de Rennes-le-Château. Et comme je l’évoquais, il y a cette gémellité entre les deux abbés à l’image des deux Rennes. Tous deux sont versés dans le secret de Rennes-le-Château et par un jeu de miroir, livre les mêmes clefs, l’un dans le verbe, l’autre dans l’image. Ainsi l’abbé Saunière crypte son église et le mot GRAAL par le jeu symbolique des noms de saints cache aussi la présence du menhir de Peyrolles. Deux saints jouent ce rôle : Saint Roch pour le roc et Saint Antoine de Padoue qui est invoqué pour ce qui est perdu. On peut donc lire le roc perdu/oublié en écho à celui que l’abbé Boudet oublie précisément de citer dans son livre, comme perdu, le menhir de Peyrolles.

Cette acronyme et les saints qui en font la construction apportent d’autres indices, notamment dans leur étymologie. Sainte Germaine, par exemple, dont le prénom vient du germain « gari » et « mundo », ou encore du latin « germen » qui se traduit par « de même sang ». Une signification qui interroge, en regard du mot Graal et de l’hypothèse d’une lignée de sang royal issue de l’union entre Marie-Madeleine et Jésus.

Marie-Madeleine montre la voie vers le secret de Rennes-le-Château !
Marie-Madeleine montre la voie vers le secret de Rennes-le-Château ! – Sandra Gobert ©

Vous dissociez l’époque de l’histoire, celle de Bérenger Saunière prolongée jusqu’à la mort de sa servante, Marie Dénarnaud, du mythe moderne et de sa médiatisation. Quelle trame avez-vous utilisée ? Pourquoi avez-vous dissocié les deux ?

J’ai utilisé l’ensemble des documents et indices à la disposition des chercheurs, quelle que soit l’époque dont ils étaient issus. Bien sûr, on peut contester l’authenticité et la fiabilité de ceux du mythe moderne, de l’époque du duo Plantard/Cherisey. Mais ce qui m’intéresse dans ces documents-là, les Grand et le Petit parchemins par exemple, ou encore le Manuscrit du Serpent Rouge, ce n’est pas tant le désir de savoir s’ils sont vrais. Ce qui importe, c’est de comprendre ce que leurs auteurs, faussaires géniaux et néanmoins détenteurs d’un secret, ont voulu délivrer comme indices, par le biais de cryptage en regard des véritables sources qui, elles, ne peuvent être contestées : soit l’église de Rennes-le-Château, et le livre de l’abbé Boudet. Les documents modernes ne semblent être là que pour éclairer davantage la lecture des indices laissés par les 2 abbés. Le fameux « Redis blé » du petit parchemin, par exemple, qu’on peut traduire par « revenir au blé » ne nous invite-t-il pas à revenir à ce blé que l’abbé Boudet aurait désigné sous la forme d’un menhir ? Rappelons également que Pierre Plantard avait donné la voie, en insistant sur le fil d’Ariane…

Les Joyeuse de Couiza

Sans dévoiler tout le contenu de votre découverte, vous mettez en évidence le rôle joué par les Joyeuse de Couiza dans cette énigme et un lien particulier avec le… masque de fer ! Que pouvez-vous nous en dire ?

Que c’est toute la magie d’une énigme comme celle de Rennes-le-Château. Elle va bien au-delà du Razès. Et le fait même que le méridien à l’échelle de la France soit intrinsèquement lié à elle, montre à quel point sa teneur et sa portée peuvent être inimaginables. Et l’inimaginable, en l’occurrence, c’était de découvrir qu’elle était aussi reliée à un autre mystère qui avait fait couler beaucoup d’encre : celui de l’homme au masque de fer.

Tout est parti d’une intuition comme cela peut être le cas dans des recherches. Je suis tombée sur le livre de Camille Bartoli qui donne une identité encore jusque-là inconnue du masque de fer. En repartant de ce nom, j’ai exploré la piste généalogique et très vite sont apparus les Joyeuse de Couiza, avec notamment la duchesse Henriette-Catherine de Joyeuse. La possibilité d’un lien entre le masque de fer et cette grande famille nobiliaire offre une autre lecture de l’Histoire, une lutte occulte pour écarter du pouvoir une lignée qui, par sa filiation, pouvait prétendre avec autant, sinon plus de légitimité, au trône de France.

C’est le secret que Louis XIV découvrit, à travers les recherches de son généalogiste en titre, Adrien de Valois, qui exhuma ainsi de l’oubli le roi mérovingien, Dagobert II. Tout le mystère du masque de fer prend sens, si on l’aborde du point de vue généalogique, et donc d’une lignée que l’on veut réduire au néant et voir s’éteindre. Alors qu’il est favori du Roi, l’emprisonnement soudain du Comte de Lauzun, amant de la Grande Mademoiselle, en est une autre preuve saisissante. Car la Grande Mademoiselle, alias Anne Marie Louise d’Orléans, n’était autre que la petite-fille de Henriette-Catherine de Joyeuse. Toute descendance lui est dès lors interdite.

Le roman « Rennes-le-château, son secret enfin révélé » explore plus avant cette énigme dans l’énigme, soit l’identité du masque de fer en lien avec un secret dynastique autour de la couronne de France. Ce secret d’initié que le méridien dévoile en filigrane au fil des étapes…

Tout finit à Bugarach ! ?

Vitrail de l'église de Bugarach et la nef des argonautes.
Vitrail de l’église de Bugarach et la nef des argonautes – Sandra Gobert ©

Au bout de votre quête, qu’avez-vous trouvé non loin du pech de Bugarach ?

C’est en effet là-bas, que se termine le voyage de la nef initiatique des argonautes, le long du méridien. L’araignée mystique échappée d’Amiens aurait trouvé refuge ici. Car, si on reprend le codage cabalistico-phonétique de l’abbé Boudet, ne pourrions-nous y décrypter le mot -bug qui en langue anglais/celtique signifie « insecte » et -arach, bien sûr, qui nous renvoie à la racine d’arachné, l’araignée ?

Ce que j’y ai trouvé ? La conviction qu’un tombeau est caché en ce lieu, à la croisée des chemins. J’avance dans mes livres et tout particulièrement dans mon roman, une réponse pour trouver l’emplacement de ce tombeau. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, je n’ai pas poussé mes investigations sur le terrain, sinon par plusieurs observations sur un endroit précis qui m’a interpellée. Cela peut surprendre au final, mais peut-être que le chemin pour parvenir au terme de ce voyage initiatique a suffi à me combler sur le moment. Si l’émotion que procure la recherche, et l’émerveillement de voir les pièces de ce puzzle énigmatique s’assembler naturellement comme par magie, rendent l’énigme de Rennes-le-Château, incomparable ; un sentiment profond de respect pour cette sépulture sacrée me retenait encore.

Ça n’aurait pas de sens pour moi, de vouloir mettre un point final, alors que le méridien est quelque chose d’intemporel. Qu’il est une porte qui ouvre sur d’autres recherches et d’autres révélations.

Le « Petit guide illustré – Voyage initiatique le long du méridien d’Amiens à Rennes-le-Château » balise le méridien en sept étapes. Richement illustré, il est le complément idéal de l’étude. En guise de mise en bouche, sur quelle(s) étape(s) souhaitez-vous insister ?

Le petit guide illustré mène au secret du méridien.
Cliquez sur la couverture !

Sans hésitation, l’étape qui passe par Bourges, le coeur hermétique de la France. Cette ville a quelque chose de captivant, de mystérieux. Elle se tient dans l’ombre comme pour mieux mettre en lumière une quantité de messages symboliques. L’hôtel Lallemant du XVe siècle, cette demeure alchimique que j’aborde dans les différents livres, en est la parfaite illustration. C’est là sur l’une de ses façades où s’accrochait une sculpture étrange que j’ai compris que le méridien renfermait un secret autour de la couronne de France.

Hôtel Lallemant à Bourges : la sculpture et le secret du méridien
Hôtel Lallemant à Bourges : la sculpture et le secret du méridien – Sandra Gobert ©

Depuis 2018 avez-vous continué à cheminer ? Et sur quelle(s) voie(s) ?

On chemine toujours, mais pas là où l’on souhaiterait forcément. Ce qui est certain, c’est que ces voies m’ont tenue, pour l’instant, un peu éloignée de Rennes-le-Château, mais pas complètement. Il y a un temps pour tout, peut-être que celui de revenir sur la voie du méridien s’ouvre de nouveau…

Per aspera ad astra, dirait le cheminant pour rappeler combien le chemin des étoiles est long et difficile, mais c’est aussi là toute sa beauté.

Sandra Gobert, nous vous remercions d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Comme nous l’avons écrit plus haut, nous sommes persuadés que nos lecteurs ont déjà constaté la cohérence de vos recherches ! La lecture de vos livres le leur confirmera !

Découvrir le site de l’auteure pour y glaner de nouvelles informations : voir le site !

A suivre…

Acheter et découvrir le secret !

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2 décembre 2021, Sandra Gobert et Johan Netchacovitch, rédacteur en chef de la GRLCA ©


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