La date du 6 juin dans l’affaire de Rennes-le-Château et de l’Aiguille creuse

6 juin et l'Aiguille creuse et l'affaire de Rennes-le-Château

Les mystérieux “6 juin” de l’affaire Rennes-le-Château

“Non seulement les 6 juin mais les samedi 6 juin sont récurrents dans cette emblématique affaire et ceci sur plusieurs supports : L’Aiguille Creuse de Maurice Leblanc (créateur d’Arsène Lupin), la Vraie Langue Celtique de l’abbé Boudet de Rennes-les-Bains, les calvaires commémoratifs des deux Rennes et le petit dernier de Pierre Plantard.

Cette date pourrait faire office de fil directeur par certains initiés (vidéo destinée au premier séminaire littéraire en Haute-Vallée de l’Aude prévu initialement les 5/6 juin et reporté 24/25 juillet 2020.” (Kris Darquis)


L’aiguille creuse de Maurice Leblanc et la date du 6 juin

Après avoir participé, pendant les vacances de Pâques 1908, aux premières investigations du juge d’instruction Filleul, Isidore Beautrelet promet à ce dernier de revenir et de solutionner l’énigme d’Ambrumésy à la Pentecôte, le samedi 6 juin 1908. (L’aiguille creuse)

Page 975 de l’édition Bouquin, cette date fatidique est répétée 4 fois en 20 lignes avec points d’exclamation et formules emphatiques (« le 6 juin ! cette date s’étalait dans tous les journaux. »), ce qui doit nous « titiller » l’intellect ! On va voir, avec cet exemple, ce que l’on peut appeler la méthode Leblanc, ou comment, sous forme d’écritures anodines, il est possible de faire passer certains messages.

L’Aiguille creuse et le chiffre 6

« samedi 6 juin » peut se traduire par une suite de chiffre : Samedi =
6° jour de la semaine ;
6 = 6 ;
juin = 6° mois de l’année,

et l’on obtient ainsi un beau 666 ! Affectation encore renforcée par les six journalistes qui attendent Beautrelet à la gare et le fait que c’est à six heures (du soir) que le juge Filleul découvre, ce même jour, Beautrelet à Ambrumésy !

On peut ajouter que cette méthode d’utilisation d’une date se retrouve dans le même roman (cf. page 1001) où l’on découvre que Beautrelet, dans son article où il dévoile l’essentiel de l’affaire, en fait remonter le début au « jeudi 16 avril, à 4 heures du matin » . Or cette date est « fausse » (dans le respect de la chronologie interne du roman), puisque le lecteur sait depuis le début qu’il s’agit en fait du jeudi 23 avril ! (avec quelques dérapages qui, du coup, peuvent être des erreurs – ?! – : il semble que Leblanc ait confondu l’année 1908 et 1909 et ainsi jeudi 23 avril (1908) est parfois mentionné comme vendredi 23 avril (1909) !?). Il en résulte ainsi une autre méthode pour attirer l’attention : ici, il n’y a pas répétition appuyée mais « erreur », volontaire ! ?. Et cela mérite analyse car « jeudi 16 avril, à 4 heures » cela fait : 4 – 4×4 – 4 – 4 !

A noter également à ce stade que cette date du samedi 6 juin n’a rien d’anodin dans l’histoire de L’aiguille creuse, puisque c’est ce jour que Beautrelet découvre, avec le juge Filleul, le morceau de parchemin codé contenant tous les éléments pour posséder le secret de l’Aiguille ! C’est également le jour de la « mort » de Raymonde et de la découverte du « cadavre » d’Arsène Lupin.

Le cryptogramme de L'aiguille creuse de Lupin et Leblanc
Cryptogramme de L’aiguille creuse

L’aiguille creuse à la sauce Saint Norbert

Le 6 juin, on fête Saint Norbert .

Saint Norbert de Xanten, ville allemande proche du Rhin entre Nimègues et Duisburg, est né entre 1080 et 1085, dans une famille noble apparentée aux empereurs d’Allemagne (Henry IV et V). Chapelain de l’empereur Henry V, un jour qu’il gagne Wreden en Westphalie, il est surpris par un orage et est terrassé par la foudre : c’est la conversion, type saint Paul sur le chemin de Damas.

A partir de ce jour de 1115, il abandonne toutes ses richesses et passe sa vie à parcourir l’Europe pour prêcher et convertir (sa « spécialité », semble-t-il, est la Charité et la Pénitence ). En 1120, Barthélemy de Joux, évêque de Laon, parent du pape Calixte II, le conduit dans une clairière près de Coucy-le-Château ! où, après une nuit de prière, il décide de s’installer et de fonder ce qui sera la maison mère des Prémontrés, du nom de cette clairière initiale au lieu-dit Prémontré (une légende indique une étymologie fantaisiste : c’est le pré qui a été montré, désigné, pour l’installation des religieux).

Saint Norbert, fondateur de l'Ordre des Prémontrés, a la révélation de sa vocation
Saint Norbert, fondateur de l’Ordre des Prémontrés, a la révélation de sa vocation, gravure de Théodor Galle dans “Une vie de saint Norbert en 36 tableaux”, Anvers 1622. (DR)

L’ordre des Prémontrés (l’un des plus grands du Moyen Age avec Cîteaux et Cluny, Norbert était ami de saint Bernard et les liens entre cisterciens et prémontrés ont été étroits et nombreux) a ensuite essaimé avec quasiment le même dynamisme que Cîteaux, puisqu’un siècle après sa fondation, 600 établissements avaient été construits dans toute l’Europe ! Cet ordre original tente de concilier une vie de prêtre « normal », dans le siècle, avec une vie monastique communautaire. En 1126, Norbert est nommé évêque de Magdeburg ; c’est alors que Hugues de Fosses prend sa place à la tête de l’ordre. A la Pentecôte 1134 ! (voir le chapitre suivant), il reçoit le saint viatique et meurt dans la nuit du 5 au 6 juin 1134.

L’ordre des prémontrés était également appelé l’Ordre Blanc ! (clin d’oeil fait à Maurice !) du fait de l’habillement des membres de cet ordre. Norbert aurait dit à ce propos : « Je sais une chose, c’est que les anges, témoins de la résurrection, sont apparus vêtus de blanc ». On pourrait ainsi en déduire, malignement, que les prémontrés sont « angéliques » !

Notons que le tracé qui permet de joindre Prémontré à Sarzeau passe par le château de Coucy (cf. la « Vie extraordinaire de Balthazar » où l’un des pères de Balthazar est le seigneur de Coucy-Vendôme !) et par le lieu de croisement des alignements Etretat/Gaillon et Méridien de Crozant : ce lieu est situé sur une boucle de la Seine, sur le territoire des communes de Guernes ou Sandrancourt, près de Mantes-la-Jolie.

6 juin près de Mantes-La-Jolie
AlSufi ©

Ce même 6 juin, on fête également la Saint Gurval , deuxième évêque de l’évêché d’Aleth, près de l’actuel Saint-Malo ! Il termina sa vie à Guer , en Morbihan vers 640 (Guer, au sud-ouest de Rennes est situé sur l’alignement Sarzeau/Foucarmont ).

Le 6 juin, on fête enfin saint Claude, le grand saint du Jura, évêque de Besançon. On assure que, chaque année, le 6 juin, une délégation vient de Picardie, s’arrête à Moirans-en-Montagne pour célébrer saint Claude dans la ville aujourd’hui éponyme.

Esprit-Saint et Rennes-le-Château

Le fait que ce samedi 6 juin de l’année 1908 corresponde au samedi précédent le dimanche de Pentecôte doit également nous interpeller. Outre le fait que l’Esprit-Saint descende à cette date sur les apôtres et leur permet de parler en diverses langues (peut-on dire en divers langages !? codés ?), c’est bien lors de la fête de Pentecôte, le 6 juin 1897, que Monseigneur Billard, évêque de Carcassonne, est venu bénir l’église de Rennes-le-Château, restaurée par le curé Bérenger Saunière !

6 juin et Nicolas Poussin

C’est également un 6 juin (1926) – cf. les informations données dans le livre de Thierry Garnier, « Mémoire des deux cités, tome II » – qu’un monument commémoratif est élevé à Villers, près des Andelys, lieu de naissance du peintre Nicolas Poussin !

Monument consacré à Nicolas Poussin dans sa commune de naissance de Les Andelys proche de l'Aiguille creuse
Monument consacré à Nicolas Poussin dans sa commune de naissance de Les Andelys – Johan Netchacovitch ©

L’aiguille creuse et Dorothée

Le 5 juin, on fête Dorothée, moine de la Thébaïde au IVe siècle. On dit de lui que, le jour, il ramassait des pierres pour aider ses frères à bâtir leur cellule et que, la nuit, il tressait des cordes et des couffins ! Ses activités de jour nous rappellent ainsi furieusement les pérégrinations de Bérenger Saunière qui, allant vers le ruisseau de Couleurs, ramassait des cailloux pour construire une grotte de Lourdes à Rennes-le-Château.

Ses activités de nuit font écho, quant à elles, à la fois à “Dorothée, danseuse de cordes” ! (cf. le roman de Maurice Leblanc et les analyses de ce texte par P. Ferté et T. Garnier où l’on s’aperçoit que Dorothée fait référence au dernier prieur de la Chartreuse de Gaillon !), mais également à l’abbé Boudet qui insiste à plusieurs reprises sur les métiers du vannage (cf. là également P. Ferté et E Jauclin, dans leurs analyses du livre de l’Abbé Boudet) dont il situe la naissance à Sarzeau !

Voilà, succinctement relaté, ce que l’on peut entrevoir de la venue d’Isidore Beautrelet (I 6 d’or ?) au manoir d’Ambrumésy, un samedi 6 juin.

D’autres romans de Maurice Leblanc sont analysés :

8 janvier 2006, mises à jour 5 mars 2020 et 25 juillet 2020, Al Sufi ©

Ce sujet sera développé par Kris Darquis le 6 juin 2020 lors du Séminaire Le Cercle des auteurs initiés & le Secret du triangle audois de Rennes-les-Bains ! Découvrir le Séminaire !


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