Dédicace
Tony Bontempi communique : « Mercredi 23 avril de 10 h à 12 h, séance de dédicaces sur le stand de La Rose Rouge au marché de Quillan, avec Jean-Michel Jauly, auteur de l’ouvrage « Le mystère de Rennes-le-Château, une autre histoire ». En bonus, l’auteur offrira au lecteur une feuille avec « quelques infos supplémentaires et une trame pour prolonger la quête du Graal ».
Pour les absents, commandez votre exemplaire sur le site, vous recevrez rapidement votre exemplaire dédicacé. Les commandes peuvent se faire jusqu’au 23 avril à midi. »
Interview de Jean-Michel Jauly
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Jean-Michel Jauly a publié « Le Mystère de Rennes-le-Château – Une Autre Histoire », 2022, 197 pages. Vous pouvez vous procurer son livre !

Jean-Michel Jauly, pourriez-vous vous présenter aux internautes et lecteurs de la Gazette de Rennes-le-Château ?
Jean-Michel Jauly : Par nature curieux, je me passionne pour l’insolite et éprouve le besoin d’évoluer hors des sentiers battus. Petite anecdote, j’ai failli exercer le métier d’enquêteur de police (j’ai échoué à l’épreuve physique de course à pieds), mais je suis quand même rentrer dans la fonction publique. Je me suis passionné pour la BD, la science-fiction et l’ésotérisme. Ce dernier lobby, je l’ai partagé avec des membres de la famille possédant tous les exemplaires de la revue « Planète ». Dans les années 80, j’ai lu beaucoup d’ouvrages de la collection dirigé par Francis Mazière chez Laffont « Les énigmes de l’univers » dont « Rennes-le-Château le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses » où Gérard de Sède avoue qu’il a été manipulé par Pierre Plantard…
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Quand et comment avez-vous découvert les affaires liées au mystère de Rennes-le-Château ?
Jean-Michel Jauly : J’ai donc été amené au mystère de Rennes-le-Château en découvrant la revue « Le Charivari les Archives du Prieuré de Sion » et le livre de Jean-luc Chaumeil « Le trésor du triangle d’or ». J’ai alors visité l’église Marie-Madeleine dans les années 80 avec l’espoir de percer le mystère Saunière, mais à l’époque, je ne savais pas qu’il fallait laisser le temps au temps et qu’un codage si subtil exige d’avoir les bonnes cartes en mains.

Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : La table des matières de votre livre (p. 13-14) donne une idée précise de votre cheminement. Premiers protagonistes, les créateurs du mythe moderne, Gérard de Sède et Pierre Plantard. Faut-il rappeler la répartition des droits d’auteurs de « L’or de Rennes » aux Éditions Julliard avec 35 % pour de Sède et 65 % pour… Pierre Plantard ? Vous reconnaissez aussi que vous êtes redevable à certains auteurs et principalement, ici, à Christian Doumergue que vous citez de nombreuses fois pour étayer votre raisonnement, ou Pierre Silvain.
En quoi « Le secret dévoilé » de Christian Doumergue vous a-t-il permis de baliser cette partie relative au duo de Sède – Plantard ?
Jean-Michel Jauly : Le mystère de Rennes-le-Château couvre une histoire sur deux millénaires, donc beaucoup de faits peuvent s’y rattacher plus ou moins. Pour une raison encore un peu mystérieuse Pierre Plantard a ou a été chargé de créer une histoire mythique autour d’une réalité occultée. De ce fait, le mystère de Rennes-le-Château est devenu une nébuleuse où seule l’ouvrage de Christian Doumergue, explique bien comment Pierre Plantard a trouvé son inspiration. Christian Doumergue démontre qu’il faut prendre beaucoup de recul avec lui, mais aussi ne pas le renier complètement. Après avoir retrouvé « l’autre histoire », j’ai donc pu reprendre les infos du duo qui s’intègrent bien à celle-ci.
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Boudet vaut essentiellement par son livre « La vraie langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains ». Qu’y cache-t-il selon vous ?
Jean-Michel Jauly : Voilà la question embarrassante car, avec Boudet adieu les certitudes, même si Pierre Silvain démontre qu’en fonction d’une certaine lecture des degrés des eaux de sources et autres, on découvre une grotte abritant le secret. Depuis une longue discussion avec Jean-Pierre Garcia, j’ai compris que l’ouvrage de Boudet avait certainement plusieurs niveaux de lecture.

J’ai aussi saisi que la mise en lumière du déroulement de « l’autre histoire » qui hante le territoire du Razès, ne représente qu’un premier niveau dont l’abbé Boudet dit qu’il est lié à la « résurrection ». Son livre cache au moins un second niveau qui m’échappe, celui d’une histoire locale antérieure à la naissance de Jésus. Cependant Boudet est le personnage que j’apprécie le plus dans cette affaire, du fait qu’il a pris le risque du ridicule, et que mon livre partage un peu le même système de diffusion ; le sien a été édité à compte d’auteur, le mien en autoédition. Quand je vois des commentaires disant que les chercheurs font des livres pour l’argent, je souris ; le mien est fait pour mes petits-enfants.
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Bérenger Saunière est présenté via les décorations de son église sainte Marie-Madeleine et du jardin du calvaire. Quel exemple de la décoration pourrait emporter l’adhésion du lecteur de la Gazette de Rennes-le-Château quant à son rôle ?
Jean-Michel Jauly : Donner des indices sur Saunière est délicat car presque tout a été dit et souvent cela part dans tous les sens. Depuis la parution du livre, je me suis demandé pourquoi beaucoup d’ouvrages avaient la tour Magdala en couverture. La réponse est qu’on pressent l’essentiel mais, comme dans le principe de la lettre volée, on ne voit pas ce qui crève les yeux. Je retiendrai pour cette question trois éléments qui, pour moi, résument bien l’affaire et doivent donc emporter l’adhésion du lecteur de la Gazette de Rennes-le-Château. En premier, comme une évidence, la tour Magdala, en second, l’inscription « Ce lieu est terrible » sur le fronton de l’église et, en troisième, la fresque du Jésus « Venez à moi… ». Je cite ces deux derniers points car ils font ressortir l’humour de leur auteur (Saunière ou autre).

Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Vous vous appuyez sur Pierre Silvain pour analyser le contenu de la même église et, surtout, son Jésus Bar-Aba. En quoi la station V du chemin de croix est-elle primordiale dans votre démonstration ?
Jean-Michel Jauly : La station V (Jésus est aidé par Simon) nous invite à nous intéresser au gnosticisme. Ceci au travers de Simon de Cyrène, dont il est de notoriété que, pour certains courants gnostiques (Basilide, gnostiques séthiens), Simon de Cyrène a été crucifié à la place de Jésus.
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Nous laissons à nos lecteurs le plaisir de découvrir l’implication des R+C dans votre théorie et la façon dont vous intégrez Jésus et la translation de son corps dans la région de Rennes-le-Château en vous basant sur les écrits de Robert Ambelain et de Pierre Silvain. Et nous en venons aux prophéties de Nostradamus auxquelles vous semblez tenir particulièrement puisque vous axez la présentation de votre livre sur celles-ci sur le site de La Rose Rouge au lieu de reprendre la 4e de couverture comme d’habitude ! Quel lourd secret détenu par la communauté juive contiennent-elles ?
Jean-Michel Jauly : Au départ, la communauté juive du Razès n’avait pas l’impression de détenir de lourds secrets puisqu’elle est à l’origine de ceux-ci. Ils sont apparus suite au sens pris par l’histoire au fil du temps. Depuis l’écriture de mon livre, j’ai découvert de nombreux indices permettant de confirmer cette vision de l’apparition du secret en terre audoise. Pour ceux qui douteraient encore qu’il y a bien eu quelque chose de particulier dans le Razès, il suffit de creuser un peu les données fournies par Kris Darquis dans le livre « Claudia Procula – Epouse de Ponce Pilate et amie de Marie-Madeleine« . Cette femme est citée par Mathieu dans la bible.
On peut alors concevoir que Narbonne, deuxième port romain de Méditerranée après celui de Rome, est le plus légitime pour avoir vu passer une partie des acteurs liés à la crucifixion (juifs et romains) qui se sont ainsi exilés dans le Razès dans une communauté existante et bien intégré. Nous saisissons mieux alors pourquoi Saunière s’est évertué à reconstituer le secteur de Jérusalem auprès de son église, afin de nous indiquer qu’il y a eu une certaine translation de Judée vers ce territoire de la Narbonnaise. Enfin, pour Plantard, un des grands maîtres du Prieuré de Sion est Nicolas Flamel, et c’est normal qu’il ait eu accès au secret de sa communauté, comme quoi Plantard ne raconte pas que des « histoires ».

Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Sandra Gobert avec ses différents livres, « Du fil d’Ariane au fil d’Orion – Les clés de l’énigme de Rennes-le-Château » et le « Petit guide illustré – Voyage initiatique le long du méridien d’Amiens à Rennes-le-Château » notamment, analyse les méandres du « masque de fer ». En quoi l’affaire Fouquet est-elle une donnée importante dans le mystère de Rennes-le-Château ?
Jean-Michel Jauly : Une fois le mystère de Rennes-le-Château découvert par les prêtres, ceux-ci se trouvent embarrassés. Ils ne peuvent pas aller contre leurs intérêts et révéler les vérités. Malgré tout, quelques-uns ne peuvent admettre que certaines connaissances puissent disparaître. C’est là que toute cette affaire devient savoureuse car, étant presque les seules à avoir une parfaite instruction, ils ont compris que l’art pouvait être un bon vecteur. A Rome, nous avons un cardinal comme mécène de Poussin, c’est aussi l’abbé Louis Fouquet qui indique à son frère Nicolas l’existence d’une secret. Poussin, dans un simple et parfait tableau « Les Bergers d’Arcadie » (il y a quand même deux moutures) insiste sur l’inscription de la tombe, dont l’anagramme « I tego arcana Dei » parle d’elle-même.
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Derrière le premier Prieuré de Sion évoqué comme « un artifice », vous discernez « le véritable » PS ! Quelles sont les pistes qui vous y ont mené ?
Jean-Michel Jauly : Depuis Plantard, l’affaire de Rennes-le-Château part dans tous les sens mais, si on remonte à sa source juive, on constate qu’elle impacte la religion chrétienne. Depuis Vincent de Paul et son enfant trouvé, nous avons affaire presque toujours à des religieux pour nous inciter à nous interroger. Même Pierre Plantard a quelques liens avec eux, il a été enfant de cœur, s’invente un frère abbé. Notons aussi que les seuls morts se rapportant à cette histoire sont Monfaucon de Villars et Antoine Gélis. Enfin, depuis la parution de mon ouvrage, j’ai découvert un livre intitulé « Le code AA Rennes-le-Château l’Énigme » où il est démontré que des prêtres sont à la manœuvre, seule l’objectif diffère.

Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Nous laissons le plaisir à nos lecteurs de découvrir le « véritable » Prieuré de Sion… et votre résumé final ! Le mystère est donc classé, pour vous ?
Jean-Michel Jauly : En effet, mais déjà depuis la lecture des ouvrages de Pierre Silvain, le secret était bien éventé. Cependant pas mal de ses affirmations me posaient question ; en un mot, il lorgnait trop vers le merveilleux (présence de trésors multiples, dont l’arche d’alliance, etc.). Il n’expliquait pas comment Nostradamus avait découvert le secret et on ne voyait pas trop comment la continuité de la transmission était assumée car on passait des Cathares, aux Templiers, puis à Nostradamus, etc.
Pour être pleinement satisfait, il me fallait revenir à des événements plus crédibles, m’éloigner un peu des Templiers qui, je l’avoue, m’ont fait perdre un peu de temps. On ne prête qu’aux riches ! Et surtout, résoudre le mystère Nostradamus. Rien à voir avec l’abbaye d’Orval. Voilà comment, petit à petit, s’est constitué une « autre histoire », beaucoup plus banale dans son ensemble.
Ce qui est réconfortant dans cette approche, même si elle reste certainement partielle, c’est que « L’autre histoire » rejoint un peu celle évoquée par l’ouvrage de Christian Doumergue « La tombe perdue », livre découvert grâce à Tony Bontempi, où il évoque le rôle du gnosticisme chrétien et l’importance de l’apôtre des apôtres dans le mystère de Rennes-le-Château. Il existe aussi sur Youtube dans un exposé un petit passage consacré à Marie-Madeleine qui confirme mon approche sur sa migration et un ouvrage d’Annick Martin Grassi « Rennes-le-Château Ils savaient… » qui décode à sa façon le message laissé par Saunière dans son église, restituant sensiblement mon histoire.
Quand trois ouvrages vont dans le même sens, le hasard ou la nécessité semble en marche ! Malgré cela et ma réponse à la question concernant Boudet, je vous rassure tout de suite, la Gazette de Rennes-le-Château a encore de beaux jours devant elle car la révélation promise par Nostradamus avec la mise à jour d’une nécropole est peut-être devenu délicate. Par exemple, un édifice religieux a peut-être été construit dessus.
Gazette de Rennes-le-Château et de l’Aude : Jean-Michel Jauly, nous vous remercions d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !
Jean-Michel Jauly : Merci à vous et excellente lecture à vos internautes !
9 juin 2024, Johan Netchacovitch pour l’interview et les photos ©
Parmi les théories intéressantes, nous vous conseillons celle de la crypte Marie-Madeleine de l’église de Rennes-le-Château !
Les mystères de Rennes-le-Château seront au coeur du colloque de Terre de Rhedae des 28-29/06/2025 ainsi que dans l’interview de son président, Merlin Delrieu.
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