Tony Baillargeat Les aventures d’Arthur Brenac

“Le secret de Diana Dănești”

Nous avons peu l’habitude de présenter des romans dans la Gazette de Rennes-le-Château vu le nombre d’études publiées sur le mystère du village éponyme et de sa région ! Cependant, dans ce cas-ci, la richesse des strates de lecture, le suspense, le style, les idées véhiculées, les références au mystère castelrennais, le message eschatologique rendaient incontournable la critique ci-dessous de “Le secret de Diana Dănești” de Tony Baillargeat.

Un livre passionnant !

D’abord, dès les premiers pages, du roman « Le Secret de Diana Dănești » de Tony Baillargeat, Editions « La Pierre Philosophale », le suspense emporte le lecteur lancé sur la piste d’une société secrète dirigée par l’envoutante et la gémellaire Diana Danesti ! Un duo improvisé et improbable, Pierre Laroche, 56 ans, brocanteur-amateur, et Arthur Brenac, 25 ans, dandy du XXIe siècle, se rencontre fortuitement au cimetière du Père-Lachaise à Paris en secourant une jeune fille menacée par des cerbères patibulaires… Dès lors, l’enchainement des actions emporte les protagonistes à Artannes-sur-Indre, Loches et Corancy avec des retours dans la maison d’Arthur à Paris, « Le Gd hôtel du Lion d’or », tout un programme en soi, véritable cabinet de curiosités, admirablement dépeint.

Tony Baillargeat en conférence à Rennes-le-Château
Tony Baillargeat (Christian Doumergue ©)

Ensuite l’auteur, passé maitre dans l’art de créer une ambiance, décrit lieux et sentiments à la manière des classiques du XIXe siècle. Cette charmante désuétude est contrebalancée par des dialogues rythmés au langage contemporain. Leur alternance rend le récit haletant.

L’auteur parsème aussi son récit de références à la région et au mystère de Rennes-le-Château à la manière du Petit Poucet, à charge pour le lecteur de reconstituer le puzzle… Pierre Laroche est d’origine cauchoise, pays d’Arsène Lupin. Arthur Brenac, l’église du village audois mérite le détour ne fut-ce que par ses médaillons alchimiques, possède un autographe de Jules Verne, dédicace à « Clovis Dardentor », lettre perdue…

Il détient un tableau, fil conducteur du récit, … à la manière de « Les Bergers d’Arcadie » auquel une main inspirée a ajouté une chèvre, un acacia, un dragon et d’autres symboles. Une formule latine l’accompagne ! Deux clés, à l’effigie de l’ours et du sanglier, ouvrent sur de profondes ténèbres. Les noms d’Henri Sinroc et de Germaine Cousin de Picou-Sinbrac rappellent deux statues de l’église de la colline envoutée… Sont évoqués également en filigrane le 17 janvier, le code de Vigenère, les Mérovingiens, l’orme de Gisors, Marie-Madeleine, Cocteau, Barrès…

Un autre niveau de lecture, plus ténu certes, traduit l’engagement de l’auteur qui stigmatise le changement des mentalités en France, la perte de valeurs ancestrales, la pensée unique internationaliste à la solde de l’élite financière mondiale.

Enfin l’ésotérisme est un autre jalon important de ce récit, dans l’air du temps et en lien avec certaines recherches castelrennaises. Si les vampires sont plus un prétexte pour évoquer une civilisation vivant dans une dimension parallèle, ancestrale et souterraine, Elohim et Néphilim balisant cette métahistoire, le but est de nous parler de « celui qui doit venir », ou pour être plus en adéquation avec notre époque, de la venue du Grand Monarque, sorte de Roi caché.

L’épilogue est plus explicite encore : le livre « est un secret d’ordre eschatologique, c’est-à-dire relié à l’Apocalypse et à la Fin des Temps, il serait regrettable de ne pas le prendre au sérieux et de n’y voir qu’un roman d’aventures puisant ses racines dans ceux de la Chevalerie Occidentale… ».

Et la suite ? Elle semble prévue dès la quatrième de couverture puisqu’on y parle du premier tome de ce cycle « Arthurien ». Souvenons-nous qu’Arthur Brenac possède douze tableaux reliés entre eux dont le décryptage permettrait de trouver…

A lire et à suivre assurément !!!

Johan Netchacovitch, 23 janvier 2015, mise à jour 15 mai 2020 ©


Le résume du tome 1 de Tony Baillargeat

Le livre : “Le Secret de Diana Dănești” – LES AVENTURES D’ARTHUR BRENAC

Le Secret de Diana Danesti de Tony Baillargeat

Âgé de vingt-cinq ans, Arthur Brenac habite seul le « Grand Hôtel du Lion d’Or », vieille demeure située dans une venelle déserte tout près du cimetière du Père-Lachaise, dont la « façade se lézarde en de multiples veines qui lui donnent un aspect vivant et organique d’une beauté antique inavouable ».

…fixés au mur, douze tableaux anciens. Chacun dissimulant douze repaires, recelant trésors et secrets, et qui rassemblés entre eux par un méridien d’un genre particulier, dessinent sur le territoire français vu du ciel, un singulier zodiaque terrestre …

« Le Secret de Diana Dănești » est le premier tome de ce cycle « Arthurien » où se mêlent action, violence, ésotérisme et romantisme noir. C’est un hommage aux grands romans populaires de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui ont fait la Gloire de personnages devenus légendaires tels qu’Arsène Lupin, Rouletabille, Sherlock Holmes ou encore le Comte de Monte-Cristo. Arthur Brenac et Pierre Laroche (son “associé”) vont y affronter une redoutable société secrète du nom de « Moștenire», dirigée par la superbe et cruelle Diana Dănești, genre de comtesse de Cagliostro slave moderne, archétype féminin du mal absolu, descendante du sanglant Vlad Tepes, le terrible Comte de Dracula…

Consulter le site de l’éditeur !


L’auteur : Tony Baillargeat

Né à Saumur (Maine-et-Loire), il passe son adolescence à Tübingen (Allemagne). À dix-neuf ans, il effectue comme son personnage “Arthur Brenac” un long passage chez les fusiliers-marins de Lorient.

Tony Baillargeat, auteur des aventures d'Arthur Brenac

Il arrive à Paris en 1993 et réalise son premier long métrage intitulé “Les Déclassés” en 1997 qui ne sortira finalement qu’en 2001 en Allemagne. Ce film, malgré son manque de moyens (Osiris gmbh production) fait le tour du monde des festivals étrangers et connaît un succès d’estime en Allemagne, où il est considéré comme un des meilleurs films français des dix dernières années par Hans Schiffer dans le “Süddeutsche Zeitung”.

Il signe également un court métrage Eternae (dédicacé à son ami écrivain Jean Parvulesco). Celui-ci est intégré à plusieurs autres qui, mis en scène par les réalisateurs des différentes capitales européennes (parmi lesquels Xawery Zulawski, Richard Stanley, Harry Kümel, Nacho Cerda…) forment un long métrage intitulé : Europe – 99 Euro Films.

Il participe, en tant que comédien, à diverses séries télévisées (Homicides, Commissaire Moulin, Duval et Moretti, etc.) et à quelques longs métrages (Sombre, Le Président, Premières Neiges).

Il coproduit en janvier 2007 l’album Seasons of souls (Fremeaux et associés) marquant ainsi le grand retour de Bob Lenox et participe à l’élaboration du premier album de Bruno Putzulu “Drôle de monde” (2010).

Son prochain long métrage s’intitulera “Phares Ouest” avec Simon Abkarian, Béatrice Dalle, Sagamore Stévenin, Kool Shen et Slimane Dazi.

N’hésitez pas à lire la suite sur son site et à picorer dans les subdivisions, un régal !


Extraits tome 1 de Tony Baillargeat :

Dans le château de Loches, près de la collégiale St-Ours :

” … Arthur traversa plusieurs salles aussi splendides les unes que les autres. Des boiseries formidables rivalisaient de beauté avec diverses tapisseries de laine et de soie. Des armures médiévales hiératiques, parcimonieusement semées ici et là, semblaient garder la mémoire de ces lieux dans lesquels s’étaient noués tant de drames historiques. Des armoiries diverses exposées sur les murs de pierre, explosaient à la face de l’hôte qui pour une seconde, voyait jaillir les images touchantes d’un temps enfoui sous les volutes d’un espace éternel enroulé sur lui-même.

Ici rien n’était mort. Tout dormait en attendant qu’un rêveur plus volontaire et plus fort que les autres, ne vienne réveiller cet univers féerique propre à cette si belle terre de France…

Interpellé, Arthur s’arrêta net devant les armoiries de Charles VI placées au dessus de la cheminée de la grande « salle Jeanne d’Arc ».

Deux cerfs ailés tenaient un blason orné de trois fleurs de lys.

Il se rappela le récit du songe de Charles VI…

Dans son rêve, ce dernier était à la chasse dans la forêt de Senlis. Ne voyant plus son faucon lancé loin de lui, il croyait l’avoir perdu quand un grand cerf ailé apparut en face de lui, un torque doré au col. Le roi le monta et put ainsi récupérer son volatile.

C’est après cette vision que le monarque prit le majestueux animal comme emblème…

Arthur eut soudainement la même et singulière sensation que lorsqu’il s’était retrouvé pour la première fois, face à la représentation du dieu le plus important du panthéon gaulois. Connaissant son intérêt pour l’histoire, un ami commando-marine originaire de Reims l’avait emmené un week-end au musée Saint Rémi. Là, il s’était planté devant une stèle votive récupérée sur le terrain d’une des anciennes prisons de la ville et sur laquelle figurait un homme barbu assis les jambes croisées, sur un trône, vêtu du pantalon et de la tunique gauloise, un torque au cou. Son nom : Cernunnos.

Cette représentation d’un être mi-homme, mi-animal l’avait bousculé, « travaillé » en profondeur. Il avait su viscéralement qu’elle était sous une forme primitive, l’une des réponses aux multiples questions qu’il se posait sur sa propre existence.

Dans la salle Jeanne d’Arc, face aux armoiries ailées du bon Charles VI, Arthur comprit que le cerf vu en songe par le monarque était une émanation de l’esprit de Cernunnos. Le torque posé autour du cou de l’animal et de celui de la divinité, témoignait du lien qui unissait de manière métahistorique la Gaule Antique à la France Médiévale … “

Une “singulière” discussion entre Arthur Brenac et Germaine de Picou-Sinbrac :

” … Arthur remarqua que ses mains, surtout la valide, étaient prises de légers tremblements.

—Nous avons tous reçu dans cette vie-ci, une identité sociale mais que savons-nous de celle qui nous a été donnée, dans ce qui constitue notre être dans sa profondeur ?

Encore une fois, elle posa sur Arthur ses yeux gris, dans lesquels poignait maintenant une brillance émotionnelle à peine dissimulable. Quelque chose dans la présence du jeune homme la troublait profondément.

—Vous allez bien ?

—Oui…

Elle porta la tasse à ses lèvres comme pour s’empêcher de prononcer les mots qui pouvaient constituer une phrase prohibée puis s’essuya ensuite la bouche avec une serviette en damassé de lin qui trainait sur la table.

—Vous vouliez des informations sur la région ?

Par cette question, il comprit qu’elle voulait ramener la discussion à des niveaux beaucoup plus profanes et moins sensibles. S’en suivit alors pendant quarante-cinq minutes, un bavardage plus ou moins intéressant sur l’histoire de la contrée jusqu’à ce qu’au détour d’une phrase, Arthur prononce le mot « Ours ».

—Un moulin associé à un Ours, dites-vous…

—Comme sur les armes d’Artannes-sur-Indre, précisa-t-il.

—Avez-vous entendu parler de Loches ?

—C’est après sa victoire à Orléans, que Jeanne d’Arc est venue dans cette ville le 11 mai 1429 pour convaincre Charles VII de rejoindre Reims afin de se faire couronner Roi de France.

—Je vois que vous connaissez vos classiques…

—Jeanne est une incontournable.

—Savez-vous qu’une des favorites de Charles VII et non des moindres fut inhumée à Loches ?

—Vous voulez parler d’Agnès Sorel ?

—Oui… Enterrée dans un superbe tombeau érigé dans la collégiale.

—Son cœur ne se trouve-t-il pas à Jumièges ?

—Si… Et une importante mèche de ses cheveux est conservée à l’Hôtel Lallemant de Bourges…

Elle se leva pour ouvrir le réfrigérateur et sortir un superbe gâteau aux poires tapées qu’elle posa sur la table avec deux petites assiettes et deux cuillères.

—Loches, Jumièges, Bourges… Quel curieux triangle pour la plus jolie femme du royaume, n’est-ce pas ?

Etrange question… pensa-t-il. Voulait-elle lui glisser par là quelques discrètes indications sur un espace sacrée en forme de trigone?

Il planta sa cuillère dans le gâteau et en amena un morceau dans sa bouche.

Le vin sucré, un Vouvray moelleux, dans lequel les poires séchées avaient macéré, donnait à la pâtisserie, un goût sucré d’une suavité exquise.

—Curieuse dispersion en effet mais… quel rapport avec… mon moulin… et mon ours ? mâchonna-t-il entre deux bouchées… “

Découvrir le site d’Arthur Brenac !

Tony Baillargeat, 16 novembre 2014 ©


Le Songe de “Cent-Cinquante” de Tony Baillargeat

Critique

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